Paris-Villaroche Air Legend 2019

Après une première édition saluée comme réussie, les organisateurs étaient attendus au tournant. Le programme était alléchant, conforme aux ambitions affichées dès le lancement du projet : du Warbird, du jet, que du lourd… Effectivement, le plateau était superbe et le spectacle enthousiasmant.

Comme l’an passé, j’ai fait l’impasse sur le samedi. Le dimanche je suis arrivé par les transports en commun : Train direct depuis la gare de Lyon puis navette vers l’aérodrome. Première bonne surprise, les navettes étaient bien fléchées avec du personnel pour guider les visiteurs et les rotations plus fréquentes. Conséquence, les bus étaient pleins, ou presque (1). Et le retour fut tout aussi rapide.

Une fois sur place, perception du badge, fouille du sac et en quelques minutes j’étais sur place. Les premières infos recueillies auprès de l’équipe du Fana n’étaient pas très bonnes, le F-86 de Fred Akary était bloqué en Autriche par la météo et sera dans l’incapacité de rejoindre la France. Dommage.  Mais les deux autres grandes vedettes du show, le T-33 de Top Gun Voltige et le MiG-15 du Norwegian Air Force Historical Squadron étaient bien là.

MiG-15 et T-33, les vedettes annoncées étaient bien là. Le F-86, qui aurait bien complété le tableau, était bloqué en Autriche par la météo.

C’était le moment de prendre le temps de faire le tour de l’exposition statique. L’enclos est vaste, les avions pas trop entassés… l’occasion de tirer le portrait de près de quelques machines et de croiser quelques copains engagés comme guides pour les visiteurs les plus curieux et présents pour répondre aux questions des visiteurs.

Plusieurs avions étaient effectivement intrigants comme ce P-40F de The Fighter Company dont le pedigree semble particulièrement curieux. Il y avait aussi un P-51 Mustang basé en Allemagne et rarement vu en France et bien d’autres curiosités comme le Sea Fury aux couleurs irakienne, basé et immatriculé en Belgique et qui dispose encore de son moteur Centaurus d’origine.

De façon tout à fait bizarre, c’est l’avion d’accompagnement de la Patrouille de France qui m’a principalement attiré puisqu’il s’agissait d’un des deux nouveaux C-130J-30 de l’Armée de l’Air que je n’avais, jusque là, que vu d’un peu loin lors des derniers défilés du 14 juillet. Las, la PAF étaient attendue ailleurs et l’équipage se préparait à partir, pour visiter la bête, ça sera pour une prochaine fois.

Le C-130J-30 d’accompagnement de la PAF.

La quasi totalité des avions présents allait voler dans l’après-midi donc il était temps de trouver un emplacement près des barrières non sans avoir passé un moment dans les stands, saluer Eric qui présentait son nouveau livre sur le Mystère IVA ou Albert et sa maquette du DR400 au 1/48e. Puis je suis passé chez The Aviation Bookshop et j’ai été très très fort… en dépit de titres tentants, j’ai réussi à ne rien acheter… (2)

Après avoir savouré un excellent sandwich au foie gras poêlé (proposé à un tarif qu’on qualifiera de raisonnable à 10 €) il était temps de se mettre en position pour le show. C’est au nord de la plateforme que j’ai retrouvé mes amis et le choix de la position s’est avéré particulièrement avisé. Autant l’an passé nous avions pesté du positionnement du haut-parleur et des commentaires trop forts, autant là… rien… et pourtant nous n’avons pas perdu une miette de ce que Bernard Chabbert disait puisque nous étions à quelques pas de lui, mais dans notre recoin, au calme… c’était parfait !

Petit, assez rapide, le BD5 version jet est très difficile à photographier.

Vers 13 heures, les démonstrations en vol débutèrent et les avions défilèrent ainsi sans interruption jusqu’à environ 18h00. Les représentants officiels de l’Armée de l’Air étaient bien présents. Le Rafale Solo Display célébrait ses 10 années avec une décoration assez seyante et symbolique. Il s’agissait aussi d’une des dernières démonstrations publiques de « Babouc » qui va laisser son siège pour la prochaine saison et devenir « coach » de son successeur comme c’est devenu la tradition.

Le Rafale dédié au RSD avec sa décoration spéciale dévoilée très récemment.

L’Alpha Jet solo display était là également et il aurait été bienvenu de le faire évoluer en patrouille avec le T-33, les deux appareils portant l’insigne de l’École de Chasse (3). L’EVAA a également régalé les spectateurs mais si il ne fallait retenir qu’une démonstration, ce serait celle de l’A400 qui mérite d’être vue et revue !  Maîtrise des trajectoire et illustration parfaite de la maniabilité de la monture, quelques passages bien spectaculaires pour les spectateurs, c’était splendide. On s’approche clairement des démo du Spartan au Bourget 2009 ou du C-130J en 2011 mais évidemment sans égaler celle du LM-100J de Farnborough 2018… Ça envoie !

La démo tactique de l’A400M, à voir, vraiment !

L’aéronautique navale ne fut pas en reste grâce aux Cocardes Marine qui, fidèles à leur habitude, sont arrivées groupées, encadrés par deux Rafale de la 11F et auxquels s’est joint un Vampire/Venom, histoire de ne pas oublier que la Marine en a eu quelques uns en plus de ses Aquilon (4).

Les cocardes marine approchent… On commence à s’habituer de les voir ainsi, mais s’en lasser ? non !

On aura du mal à se lasser de voir évoluer ensemble Zéphyr et Paris et Alizé.

En 2000, lors du retrait de service de l’Alizé, on était loin d’imaginer que 20 ans plus tard le 59 pourrait retrouver le ciel !

Puisqu’on parle d’avions embarqués un tantinet musclés, le F4U-5 de la Ferté-Alais était également présent et l’ouverture du show, en patrouille serrée avec le F8F Bearcat risque de rester longtemps dans toutes les mémoires…

Le F4U Corsair de la Ferté, remis en état de vol récemment n’a pas tardé à reprendre sa place de vedette incontournable de meeting aériens !

Et qui mieux que Ramon Josa, légende vivante de l’Aéronautique Navale française pour en commenter l’histoire et les évolutions ?

Pour Ramon Josa, Corsair, Crusader, Etendard et Super-Etendard n’ont aucun secret ! L’art de l’appontage non plus !

Le Corsair laissa la place au Grumman F8F Bearcat piloté par Peter Kynsey pour une démonstration de pilotage extrême vraiment enthousiasmante.

Le plus petit fuselage possible autour du plus puissant moteur de l’époque… Le Bearcat est particulièrement véloce.

Bernard Chabbert abandonna donc son micro sans regret à Claude Liédet qui pilota ces appareils en Indochine. Ce genre de moment mérite d’être renouvelé tant que ces vétérans le peuvent !

Claude Liédet raconte le Bearcat qu’il a intimement connu. Bernard Chabbert savoure !

Et le spectacle ne s’est pas arrêté là. Deux P-40 et un Curtiss H.75, trois Spitfire dont celui de Caroline Grace, qui à l’époque était monoplace et fut piloté par le français Jean Dabos, et un Hurricane ont notamment évoqué la seconde guerre mondiale.

A noter que quatre Yak ont évolué ensemble un bon moment en se suivant de près, comme une sarabande aéronautique… c’était du plus bel effet.. à regarder comme à écouter !

Sarabande de Yak… Une belle façon d’évoquer le front Russe !

Et que dire de cette patrouille absolument mythique entre le Curtiss H.75 et le D.3801 Suisse, tout à fait représentatifs de la chasse française en 1940. On parle beaucoup de patrimoine… en voilà, du patrimoine !

Curtiss H.75 et MS.406 ont été au cœur des combats de mai 1940.

Le D-3801, version Suisse du MS.406, est splendide avec ses couleurs originales.

D’autres machines impressionnantes vinrent compléter le spectacle comme ce superbe TBM Avenger ou le très élégant Lockheed Electra.

Le Lockheed Electra au décollage.

Le TBM Avenger fut un des outils majeurs de la victoire de l’US Navy dans le Pacifique et sa carrière ne s’arrêta pas là.

Quatre T-6 évoluèrent aussi de concert ainsi qu’un T-28 et comment ne pas citer le CAC Boomerang ?

Comme l’original, ce CAC Boomerang est une extrapolation d’un T-6 !

Les guerres plus récentes furent aussi évoquées avec un Cessna 337 grimé en O-2 de l’aviation du Vietnam du sud, guidant deux Skyraider, offrant l’occasion aux organisateurs de faire un peu parler la poudre…

Skyraider en approche, tous aux abris !!

Puisque la thématique portait sur les jets des débuts de l’ère de la réaction, nous avons eu la chance de voir évoluer ce Hunter biplace Suisse.

Le Hunter Suisse biplace nous a régalé avec une démonstration élégante et très dynamique.

Mais évidemment, ce sont le MiG et le T-33 que tout le monde voulait voir ! Alors que leurs démonstrations respectives étaient largement espacées dans le programme des vols, pourquoi a-t-il donc bien fallu que les deux légères ondées de l’après-midi surviennent pile, exactement, à ces deux moments là ? Par chance, elles ne furent ni longues ni intenses, mais pour les amateurs de photos d’avions sur fond bleu, c’était raté !

Sans doute plus chromé que ne l’étaient les avions de Meknes puis de Tours, le F-AYMD est superbe.

ça faisait quelques années qu’un T-33 n’avait pas survolé la France, voici un retour qui fait vraiment plaisir !

Pour distinguer les photos prises le samedi de celles prises le dimanche, c’est simple : la couleur du ciel à l’arrière plan !

Le MiG-15 UTI norvégien a été construit par PZL-Mielec en Pologne.  Il passe devant un des rares bouts de ciel bleu de Melun qui restait au moment de sa démo.

Petit, agile, à voir évoluer le MiG-15 on comprend qu’il a été un adversaire coriace pour les F-86 en Corée.

Le meeting s’est conclu par quelques passages du DC-3 de Chalair en patrouille avec les deux P-51 Mustang et c’est à la Patrouille Tranchant, leadé par Hugues Duval qu’est revenu le privilège de fermer le rideau sur cette deuxième édition du meeting de Melun. Puisque la thématique était fortement marquée par les jets des années 50 et 60, pouvait-il en être autrement ?

Un des derniers tableau du show, le DC-3 escorté par deux Mustang.

Quelle conclusion tirer de cette deuxième édition : Qu’il est encore plus nécessaire que le show continue à s’éloigner de ce qui est proposé à la Ferté et que les organisateurs poursuivent dans cette voie avec une thématique resserrée et un plateau toujours impressionnant ! Pour les connaisseurs, l’absence du F-86 n’a pas été un drame, en tous cas moins que les deux averses du dimanche pendant les démos du MiG-15 et du T-33 ! Faut bien avouer que c’était pas de bol ! Mais pour les organisateur, le pari a été une nouvelle fois tenu, le « métal hurlant » promis ayant été massivement présent !

Rendez-vous est fixé désormais pour les 12 et 13 septembre 2020 !

Authentique, exotique et particulièrement racé, ce Sea Fury fut une des très belles surprises de cette deuxième édition du Air Legend 2019 !

 

(1) Vu l’effort fait par ces passagers pour ne pas venir encombrer les routes, il serait de bon ton de passer à des mesures encore plus incitatives comme offrir en retour l’accès à l’enclos statique par exemple !

(2) on me souffle dans l’oreillette que c’était plus en raison de l’encombrement causé par une pile de livres dans les transports en commun qu’autre chose. On se rattrapera la prochaine fois !

(3) Le T-Bird a bien fait escale à Tours le lendemain du meeting pour une belle séance photo « de famille » !

(4) Si l’Aquilon a déjà son livre de référence, les Vampire et Mistral français vont bientôt bénéficier aussi du « pavé » qu’ils méritent… encore un peu de patience, les auteurs sont en train de corriger les premières épreuves de mise en page.

Meeting aérien à Sarlat

Aller à un meeting en avion, c’est toujours un plaisir. Ça ne m’est arrivé qu’assez rarement finalement. La première fois, c’était à Lens en 2007, depuis Chavenay. Une expérience particulièrement agréable et inoubliable. Bien sûr, il y avait le meeting de Mainfonds ce weekend, raison pour laquelle la plateforme d’Angoulême était si active le samedi pour sa journée portes-ouvertes, mais c’est un peu plus au sud-est que nous avions repéré une manifestation qui avait un programme tout à fait sympathique.

Sarlat-Domme, sa tour de contrôle, son club house, ses sandwiches au canard et ses avions… jaunes !

On me parle de Sarlat depuis un moment, sans doute parce que c’est là qu’un bon copain a été formé au pilotage, lui qui passe beaucoup de son temps en place arrière d’un Mirage 2000D depuis presque deux décennies. Sarlat, ses paysages sublimes et son intérêt gastronomique, voilà une destination qui mérite qu’on s’y attarde donc. Et d’Angoulême, c’est à tout juste trois heures de route… Mais une heure en avion  !

Tous les meetings aériens ne peuvent accueillir les visiteurs en avions, certains par manque de place sur les parkings, d’autres parce que la plateforme est particulière et nécessite une solide expérience ou une qualification spécifique pour s’y poser, certains, comme la Ferté-Alais, cumulent les deux. D’autres font aussi le choix de ne pas recevoir de visiteurs en avions pour se simplifier la tâche, mais c’est un peu dommage. A Sarlat ? Rien de tout ceci même si l’aérodrome, posé sur un plateau, est une plateforme particulière. Sur les notam, un préavis d’une heure seulement était réclamé pour demander l’autorisation de se poser avant le meeting. Plus cool que ça, pas possible.

Passage à la pompe avant le décollage. 30 litres d’essence dans l’aile gauche s’il vous plaît !

La météo s’annonçait parfaite, c’est vers 10h que nous avons décollé d’Angoulême. Franck et moi avions jeté notre dévolu sur le MCR4S, un avion léger, économique sur lequel je n’avais pas encore volé. Nous étions suivis par Vincent et sa famille qui avaient réservé l’Océanair. L’AC d’Angoulême arrivait en force et avec ses avions les plus originaux ! Nous avions donc décollé en premier, pensant que le TC-160 nous rattraperait. C’est le contrôleur du SIV de Limoges qui nous a bien fait rire après notre premier contact : « Fox Victor Mike, trafic devant vous, un nautique, 300 pieds bas, un MCR et… Non, en fait il est plus rapide que vous, vous le rattraperez pas. » Grands sourires à bord du MCR Delta-Uniforme !

Nous ne faisons cependant pas la course mais mon pilote s’était mis en tête de repérer quelques pistes ULM entre Angoulême, Périgueux et Sarlat, histoire de se préparer à un prochain rallye aérien sans doute ! Nous en avions repéré 3 sur la carte, nous en avons bien photographié 3 ! Impeccable. Certaines, par leurs configurations, mériteraient d’être un jour fréquentées !

La piste ULM, elle est là ! Où ça ? Ben là ! Et effectivement, une piste figure sur cette photo, saurez-vous la retrouver ?

A l’arrivée à Sarlat, nous avons vite rejoint le parking visiteur le long du taxi-way. Nous nous sommes garés à côté d’un splendide Bonanza, un peu comme on gare sa vieille Clio à côté d’un Cayenne !

En finale à Sarlat avec à droite les fameuses antennes d’écoute de la DGSE.

Récupération des badges « zone réservée » puis nous voilà tous les cinq en train de remonter à pieds le statique lorsque j’ai eu mon premier coup de cœur du jour avec ce splendide Rallye remorqueur… à train classique ! My Godness que c’est mignon !!!

Pendant des années, les Rallye furent parmi les avions légers les plus populaires, mais ils deviennent de plus en plus rare. En trouver un à trains classiques n’en est que plus intéressant !

Le plateau n’avait rien d’extrêmement rare. MS 733, Broussard, avions de voltige et une poignée de Warbirds, mais l’orientation du site et son organisation a rendu ce moment fort agréable. A Sarlat, les hangars disposent d’un auvent sous lequel nous avons pu assister aux démonstrations en vol, assis sur un banc, à l’ombre et au frais puisque nous étions à proximité immédiate du brumisateur… On a connu des épreuves plus difficiles en bord de pistes !

Le show a démarré en début d’après-midi par un largage de parachutistes, les avions ont ensuite enchaîné leurs démonstrations en vol sans trop de temps mort. Le commentateur, membre du club, bien qu’ayant une diction pas toujours agréable et une tendance à se répéter assez distrayante a mis tout le monde dans sa poche en demandant quelques secondes de silence à la mémoire du pilote du Tracker décédé en mission l’avant-veille et en y associant ceux qui sont tombés en combattant des flammes ou d’autres ennemis tout aussi redoutables comme les deux commandos tués en Afrique il y a quelques semaines. C’était exactement ce qu’il fallait faire !

Le Jungmann est réputé voler aussi bien qu’il est beau. Celui-ci doit voler très très bien alors !

Démo combinée de deux DR400 du club, un splendide Bücker Jungmann, un T-6, un Fouga Magister et quelques avions de voltige, dont un de construction amateur, ont régalé le public. Mais c’est un duo qui a particulièrement retenu notre attention. Non, je ne parle pas des deux  Falco qui ont aussi effectué un vol splendide – en même temps, deux machines splendides volant de concert, peut-il en être autrement ?

Je parle d’un étonnant duo père-fils sympathique et talentueux. Venu de la région de Dijon avec son Cap 20, un avion qui a volé autrefois avec l’EVAA et dont il porte encore les couleurs, Christian, le père, a effectué une jolie démo de voltige classique. Il effectuait là un de ses premiers meetings en compagnie de son fils, Victor, qui, lui arrivait de Salon de Provence avec un Extra 330SC de l’EVAA puisque membre de cette prestigieuse et multi-récompensée équipe. Et c’est aussi à lui qu’est revenu le redoutable privilège de clore le meeting sous les yeux de son papa !

Christian Lalloué à l’issue de sa démo. Il vole à bord d’un Cap 20 qui a appartenu à l’EVAA, unité à laquelle appartient aujourd’hui son fils Victor… Bon sang ne saurait mentir !

L’EVAA était venu avec deux pilotes. Le Lt Oddon avait effectué une première voltige en milieu de programme et tout le monde avait salué avec l’enthousiasme de bon aloi qu’il méritait, le splendide smiley qu’il a dessiné en plein ciel au-dessus de l’aérodrome.

L’Extra 330 a permis à l’EVAA de retrouver sa place : sur la plus haute marche du podium !

Vint donc le tour du capitaine Victor Lalloué qui nous a présenté son programme libre-intégral. Après quelques minutes de manœuvres – dont certaines en inversé et je ne veux pas savoir combien de G négatif il a encaissé, j’en avais mal pour lui (je déteste les G négatifs !) – intenses, précises et bien rythmée, était-ce prémédité ou pas, un petit Gabin qui ne devait pas avoir plus de 5 ans est venu demander au speaker de pousser Victor à faire aussi un Smiley… Comme pour la PAF, les pilotes de l’EVAA interviennent au cours de leur démo sur la sono du meeting (1) pour saluer les spectateurs, c’est toujours un moment convivial d’entendre le pilote alors qu’il en bave pour tenir son avion à peu près calme le temps de parler quelques secondes.

Le speaker a donc basculé la radio sur la sono et a demandé à Victor de faire aussi un smiley ! Alors qu’on s’attendait tous à ce qu’il accepte mais coupe la communication, Victor a donc effectué le smiley mais en le commentant en direct. Afin de pouvoir continuer à parler et de bien expliquer ce qu’il faisait, il l’a fait large si bien qu’il a été un peu difficile à photographier. Le peu de vent présent l’a aussi un peu balayé en cours de finition,  peu importe. Je ne sais pas si ça fait partie du programme « officiel » de l’EVAA mais une chose est certaine… c’est absolument à refaire. Outre le fait que je ne m’étais pas éclaté autant devant une figure de voltige depuis un bon moment, la dernière chose que les spectateurs ont vu dans le ciel avant de s’en aller, c’est un bonhomme en fumigène qui souriait et un pilote en train d’expliquer en direct comment on le fait !

Un smiley en plein ciel. Un bon résumé de ce meeting ! (Photo : Franck Mée)

Qu’est-il possible d’ajouter à ça ?

Le MCR Delta-Uniforme au décollage de Sarlat. L’équipage reste concentré ! (Photo : Aurélie LH)

Il était désormais temps de reprendre le MCR et de rentrer vers Angoulême. La météo n’ayant pas bougé, le vol fut aussi superbe qu’à l’aller. Nous avons laissé l’Océanair nous rejoindre histoire de faire quelques photos air-air, à bonne distance néanmoins, avant de se poser et de ranger les avions.

Ceci n’est pas un DR400 !

Le lendemain, nous avions prévu de rejoindre Vannes-Meucon toujours avec le MCR, mais un gros front sur Nantes nous en a empêché. Dans la Clio de location, sous la pluie et les nuages bas, nous avons donc expérimenté le sentiment agréable d’être au sol sans regretter d’être en vol…

C’était un weekend qui avait débuté avec une nouvelle affreuse mais la vie continue !

 

 

(1) pour avoir assisté à la démo de la PAF à Biscarrosse en 2018 depuis le point central, à côté du reste de l’équipe de la patrouille et en écoutant les conversations radio sur leur retour audio, je peux confirmer que ça donne une dimension vivante à la démo et que ça se passe même… de commentaire !

Journée portes-ouvertes à Angoulême

Comment mieux commencer une semaine de vacances que par une journée porte-ouverte d’un bel aérodrome, deux heures de vol et un meeting aérien ? Évidemment, personne n’avait prévu qu’au moment où mon train arrivait à Angoulême, un message allait un peu gâcher la fête : « Fred, T22 s’est crashé ». Passé la stupéfaction et la tristesse, et même si Franck Chesneau est toujours un petit peu présent autour de nous pour un long moment, il n’y a avait qu’une chose à faire : continuer !

Une patrouille « Airbus Flight Academy » en Cirrus et Diamond !

Samedi,  la très belle plateforme d’Angoulême ouvrait ses portes au public, profitant d’une activité un peu plus variée qu’à l’accoutumée puisqu’une partie des avions présents au meeting aérien de Mainfonds était basée ici et que ce jour-là, ils allaient et venaient pour s’entraîner et valider leurs démonstrations.

La Patrouille Breitling perdant son sponsor à la fin de la saison, son avenir est désormais incertain. Profitons donc de ses derniers meetings pour apprécier la maîtrise de ses pilotes.

Ainsi, les Angoumoisiens, venus en nombre, purent admirer les L-39 de la Patrouille Breitling, les adorables et typiquement britanniques montures du Bulldog Team, un Broussard venu de Limoges, un Cessna 337 déguisé habilement en O-2 de l’aviation du Sud-Vietnam, un SF-260 aux couleurs africaines, le Stearman « Girlie » qui nous avait enchanté à la Ferté il y a deux ans ainsi qu’un Extra de l’EVAA, un T-6 ou un Morane-Saulnier.

Angoulême est aussi utilisé par Airbus pour une école de pilotage et la société CATS entretient dans un hangar les Grob, Cirrus et autres Mousquetaire de l’Armée de l’Air. Héli Union dispose aussi d’une importante base. Ces entités ont joué le jeu et ont ouvert en grand leurs portes, ainsi que leurs simulateurs de vol. Il était même possible de monter à la vigie de la tour de contrôle. Oui, toutes les portes étaient bien ouvertes !

Moment de calme relatif dans la vigie d’Angoulême.

L’Aéroclub d’Angoulême en a profité pour promouvoir sa flotte variée et superbement entretenue ; ses Cessna 150, 152 et 172, son PA-28, mais aussi son Océanair TC-160 et son MCR4S. L’association dispose d’une section ULM avec un Guépard et un Zenair et cohabite parfaitement avec les vélivoles du hangar d’à côté. En partenariat avec le lycée local, la section Brevet d’Initiation à l’Aéronautique (BIA) y est très active et efficace avec une trentaine de diplômés chaque année. L’organisation y est très incitative avec trois vols de 20 minutes organisés en cours de formation : « chacun avec un petit programme pour que les enfants aient quelque chose à penser (tour de piste et trois axes, pente et puissance, navigation autour de la ville). » nous explique Franck Mée, membre du club depuis un peu plus d’un an et formateur BIA.

Pendant la JPO, les vols se poursuivaient normalement. Décollage d’un Cessna 150 du club pour un vol d’instruction.

« Normalement, chaque minot arrive à l’examen en ayant fait deux vols à l’arrière et un en place droite. » Une fois le BIA obtenu, ce qui représente une très large majorité des cas même si l’examen est sélectif, un vol « récompense » en direction de la côte Atlantique est organisé : « pour ceux qui ont eu le BIA : deux heures, trois branches. Cette année, c’était Lesparre et Royan, pour qu’ils voient une piste en herbe et une autre en dur. » Très étrangement les diplômés du BIA sont très nombreux à intégrer ensuite l’Aéroclub et une carrière professionnelle dans l’aéronautique… il n’y a pas de hasard !

Le club incite largement ses membres à voyager et cette politique semble porter ses fruits. Le Président s’est félicité de voir que le nombre d’heures de vol était en hausse constante et régulière et que si la tendance se maintient, 2019 pourrait se terminer avec le record des 20 dernières années. Un équipage s’est également distingué en obtenant une très belle deuxième place à l’Air Navigation Race (une évolution du rallye aérien) de Chalais en mai dernier, une performance notable pour un équipage à moitié novice !

Le rare Oceanair du club. Une cellule de DR400 avec des ailes sans le diedre « Jodel ». De l’avis des pilotes qui connaissent les deux types, le comportement en vol est absolument le même.

Pendant toute la journée, les pilotes ont ouvert les portes de trois de leurs avions (un Cessna 150, un 152 et le MCR) pour expliquer à tous les enfants de passage ce qu’est un cockpit et plus d’un a dû rêver de pilotage cette nuit-là. C’était aussi l’occasion de vendre quelque vols d’initiations et d’inscrire de nouveaux membres.

Cette journée s’est déroulée sous une météo parfaite et même les pompiers de l’aérodrome en ont aussi profité pour montrer leurs véhicules. En fin de journée, un planeur a cependant fait une sortie de piste à l’atterrissage, ils ont donc dû décaler. Bilan, un planeur endommagé et quelques égratignures pour le pilote.

La plateforme d’Angoulême est moderne, bien équipée et active. Proche de la ville, elle est assez isolée, cependant, pour que les relations avec les riverains soient bonnes.

Toute l’après-midi, je regardais d’un œil torve les gamins qui tripatouillaient le MCR… C’est qu’on en avait besoin le lendemain…

(A suivre)

 

Le défilé aérien du 14 juillet 2019

Alors que la France est traversée par des vagues de canicules assez exceptionnelles, si on n’oublie pas les étés assez pourris qu’on a connu ces dernières années, il a donc fallu que les répétitions du Défilé aérien et le 14 juillet se déroulent sous un ciel couvert. Il faut avouer que c’est une chose contrariante quand on aime photographier les avions.

Cette fois-ci, pour les répétitions, j’ai fait le choix de me positionner en haut de la Tour Montparnasse. Bien que la terrasse est ceinte de vitres épaisses, ses concepteurs ont pensé à aménager des « meurtrières horizontales » qui permettent d’y passer un téléobjectif même parmi les plus larges.

Ne cherchez pas, il n’y a aucun avion ni aucun hélicoptère visible sur cette photo.

L’autre avantage de la Tour Montparnasse c’est qu’entre le moment où vous sortez du métro et l’instant où vous êtes prêts à prendre votre première photo, il ne s’écoule que quelques minutes, une dizaine tout au plus, loin des deux heures que peut prendre l’accès au troisième étage de la Tour Eiffel les jours d’affluence.

Le point de vue sur Paris est juste extraordinaire, permettant d’admirer la Tour Eiffel sous son plus bel angle et sous l’éclairage le plus avantageux. Le problème, c’est qu’elle se trouve un peu loin de l’axe de passage des avions et que même armé d’un 400mm, les chasseurs sont un peu petits… Néanmoins, le spectacle assuré par les équipages valait largement les 19€ nécessaires pour grimper les 56 étages… en moins d’une minute grâce à un ascenseur étonnamment rapide.

Le Boeing E-3F suivi d’un Mirage 2000 d’escorte survole la Défense et plonge vers vers Paris pendant qu’à l’arrière plan, les hélicoptères de la deuxième partie du défilé sont en attente de leur tour de passage.

A l’heure dire les premiers appareils, un Awacs et son escorte, ont donc plongé sur la Défense puis ont remonté l’axe historique. La Patrouille de France, comme cela arrive parfois, prise sur d’autres manifestation, n’a pas ouvert cette répétition. D’un autre côté, les Alpha Jet ayant effectué un passage à l’occasion de la journée olympique quelques jours plus tôt, la reconnaissance de l’axe pouvait être considérée comme déjà faite.

Une vision peu commune, un CL-415, le « Pélican » 32, survole les Champs, les sublimes verrières du Grand Palais et celles du Palais de la Découverte.

C’est donc un défilé quasi au complet qui a émerveillé les parisiens, ou les a surpris en plein après-midi, ne manquaient pratiquement que les chasseurs étrangers, mais aussi une paire de Mirage 2000D et un Rafale isolé qui sont passés un peu hors programme et avant les hélicos.

Atlas et Transall, au droit de Montmartre et du Stade de France.

C’est l’EVAA qui mis un point final à cette répétition des voilures fixes avec leurs fumigènes et une position peu usuelle pour le Capitaine Orlowski qui va remettre en jeu son titre de champion du monde de voltige dans quelques jours.

Comme une histoire de champions… du monde…

Ce fut ensuite le tour des voilures tournantes, là aussi pratiquement au complet, et en présence des deux Chinook de la RAF, vedettes annoncées de cette partie du défilé.

Vous aussi, ça vous donne envie de chantonner du Wagner ?

Évidemment, il a fallu qu’un gros nuage noir se plante sur Paris au bon moment…

Deux Chinook sur Paris ? Une vision pas si rare finalement.

Depuis, il se murmure que le Ministère des Armées serait tenté d’en acquérir quelques exemplaires car nos forces ne disposent d’aucune machine de cette catégorie. Après le Vietnam, les Malouines, la guerre du Golfe, l’Afghanistan, au Moyen-Orient et dans la BSS, autant de théâtres d’opérations ou la RAF et l’US Army ont fait la démonstration des capacités des CH-47, il est… temps…

Au matin du 14 juillet, c’est un ciel également couvert qui surplombait Paris néanmoins, il y avait assez de lumière pour sortir l’appareil photo.

La Patrouille de France au-dessus de la Défense, là aussi, c’est d’un banal !!

Comme chaque année, quelques nouveautés de bon aloi et visiteurs de marque ont laissé leurs empreintes sur le défilé aérien où les avions étrangers ont été nombreux, variés et intéressants.

Un Awacs, deux Mirage 2000-5 et deux Typhoon, l’un venant d’Espagne et l’autre du Royaume-Uni.

Parmi les chasseurs on notait la présence de F-16, d’Eurofighter Typhoon, mais c’est sans doute le Tornado de la Luftwaffe qui a le plus retenu l’attention, avion devenu rare depuis son retrait de la RAF l’an dernier et dont les années sont désormais comptées.

Rafale, F-16 néerlandais et Tornado allemand.

Parmi les avions de transport Casa portugais et C-130 espagnol ont donné un accent ibérique marqué aux formations de transport, puisque, ne l’oublions pas, les A400M sont construits à Séville.

Deux transporteurs français escortés par un Casa de l’aviation portugaise.

A400M germanique, C-130J français et C-130H espagnol.

Mais l’aviation française n’était pas en reste avec évidemment la présence de l’A330 MRTT Phénix désormais entré en service. Mais c’est sans doute le Fokker 100 banc d’essais volant de la DGA qui a été le plus surprenant.

Le Fokker 10 ABE, Avion Banc d’Essais de DGA Essais en vol, habituellement basé dans le sud-ouest, il avait participé au Salon du Bourget 2015.

Néanmoins, on ne peut pas passer sous silence la présence, deux jours après son inauguration officielle et moins d’un mois après son arrivée sur le sol français du nouveau Dash 8 de la Sécurité Civile, le Milan 75 accompagné par le premier livré en 2005 et un Canadair.

Présence en force de la Sécurité Civile française. La fin des Tracker se précise également.

Mais il faut reconnaître que la discrète présence d’un Transall Gabriel, avions spécialisé dans la guerre électronique et aux missions largement couvertes par le Secret Défense était un évènement considérable tant ces appareils sont rarement mis en avant par l’armée de l’Air. Avec le retrait progressif des Transall, la succession de ces appareils est aussi un gros dossier pour les états-majors.

Un C-160G Gabriel dont les multiples antennes ne peuvent masquer la fonction. Un avion discret, forcément.

Si les défilé apportent leur nouveauté, ils sont aussi l’occasion de dire au-revoir aux appareils qui vont quitter le service. Ainsi, alors que leurs successeurs, les très performants PC-21 procédaient à leur première démonstration de présence parisienne, trois TB-30 Epsilon ont effectué l’ultime défilé de ce type d’avion pour l’armée de l’Air puisque les derniers exemplaires vont quitter le service en septembre prochain.

Alpha Jet et PC-21, un bon résumé de la formation des pilotes de chasse français pour les années à venir.

Photographiés d’un peu loin, (ils ont intégré l’axe du défilé très tardivement), les trois TB-30, on note un bel effort pour les décorations, survolent une dernière fois Paris.

Néanmoins, ce n’est qu’un au-revoir car de nombreux appareils de ce type ont déjà rejoint le monde civil et on devrait en revoir voler pendant longtemps.

De vie civile, il n’en est guère question pour le Lynx, hélicoptère anglo-français embarqué de lutte anti-sous marine dont le retrait a été accéléré et dont la succession est assurée par les NH90 ; ces appareils, entrés en service dans les années 80 n’ont encore que quelques petits mois à voler.

Dans l’ordre de passage, un NH90 Caïman, deux Lynx et deux Dauphin. Les Lynx étaient là à deux titres, la célébration de leurs 40 ans de service et leur adieux aux armes programmé pour le printemps prochain.

Comme c’est redevenu l’habitude l’an dernier, dans l’après-midi, l’esplanade des Invalides a de nouveau accueilli des véhicules militaires, un planeur et même un Mirage 2000 pour le très grand plaisir de très nombreux visiteurs, souvent venus en famille.

Le Mirage 2000 numéro 03 est un des prototype de l’avion, reconnaissable à sa dérive étroite. Il a volé pour la première fois en 1979, il y a 40 ans et sert désormais d’attraction publique mobile.

En dépit d’un contexte sécuritaire toujours un peu tendu, c’était l’occasion d’approcher les hommes et les machines qui assurent la défense de notre pays, de plus près que lors de leur rapide passage en fin de mâtinée.

Un des planeurs de l’armée de l’Air, venu sagement à bord de sa remorque.

Un Cougar et un NH-90 de l’ALAT, un Caracal de l’armée de l’Air, un Dauphin de la Marine et un EC-145 de la Gendarmerie étaient venus se poser sur l’esplanade et pouvaient être visités à condition d’être un peu patients tant les files étaient longues.

Leur départ, en toute fin d’après-midi fut encore un grand moment.

Prendre de la vitesse, Caracal’style !

Dommage seulement que le directeur des vols a cru bon de repousser la foule très très loin, bien plus loin que les années précédentes. La sécurité, c’est important, mais là, c’est devenu juste ridicule. Les équipages ont enchaîné les décollages très rapidement. Là encore, alors que l’après-midi avait été plus dégagée, les nuages sont venus nous priver de belles images. On en a quand même pris plein les yeux.

En haut de Montparnasse, les vitres qui entourent la terrasse sont bien visibles, un bel endroit pour profiter de Paris.

Vivement l’an prochain !

 

Ferté-Alais, le temps des hélices 2019

Il fallait faire un choix en ce weekend de Pentecôte. Aller en Normandie assister à la venue d’une trentaine de DC-3  voire aux commémorations officielles du 75e anniversaire du Débarquement, mais il était difficile d’éviter de se rendre au traditionnel meeting de la Ferté-Alais ! Bien sûr, les prévisions météo n’étaient guère optimistes et on verra qu’elles ont joué un rôle important dans l’organisation du programme, mais nous pouvons lever le suspens dès maintenant, tout le monde s’accorde à dire qu’on… s’en est plutôt bien tiré !

Le Beech 18 de l’AVA symbolise bien l’esprit de la Ferté, cet avion étant beau, rutilant, héritier d’une longue histoire, il mérite bien d’être mis en valeur ici.

Comme souvent, j’ai fait le choix de venir samedi et d’utiliser les transports en commun. La surprise a été de constater qu’il n’y avait plus de trains depuis Paris et qu’un changement était désormais obligatoire à Juvisy pour rejoindre la gare de la Ferté-Alais depuis la gare de Lyon ou Châtelet. A l’heure où on fustige les carburants non renouvelables, ce n’est sans doute pas avec une réorganisation de ce type qu’on découragera les automobilistes de faire le choix des transports en commun. Ce changement ne semble pas avoir été compensé par une augmentation des fréquences de desserte. Désormais, la Ferté-Alais se trouve plus loin de Paris qu’elle n’a été depuis longtemps, et toujours desservie au rythme d’un train par heure !

Arrivé en bas de la colline, je me suis acquitté des 28 € demandés. Autant vous dire qu’on vous conseille d’acheter en avance, ce qui vous permettra d’accéder à l’enclos statique sans surcoût. Néanmoins, on peut toujours continuer de comparer ce prix à celui d’un concert ou d’une place au Parc des Prince : Qu’on se le dise, les meetings aériens demeurent des spectacles financièrement encore abordables, et ce n’est pas là le moindre des miracles !

A 13 heures, le spectacle a commencé et de quelle manière ! Arrivant de l’ouest, la Patrouille de France escortait un 777 d’Air France. Quel superbe défilé ! Quelques minutes plus tard, l’ensemble repassait dans l’autre sens mais cette fois, la PAF était en retrait et effectuait un « Apache Roll » du plus bel effet. L’ouverture du rideau ne devait pas être manquée !

Deuxième passage du Boeing 777 et de la PAF, cette fois-ci, en « Apache Roll ». C’était juste sublime !

Alors que certains politiciens en mal de polémiques ont récemment démontré qu’ils prenaient désormais le monde aéronautique en grippe, le commentaire de Bernard Chabbert prenait tout ce petit monde à contre pied, évoquant l’humanisme de la conquête de l’air et sa dimension onirique. Le conteur a montré la puissance de son évocation ! Un Grand Moment !! On peut toujours reprocher à Chabbert d’être très approximatif sur l’histoire de l’aviation, nous y reviendrons, il sait vendre du rêve au grand public !

La suite du programme fut plus classique avec de belles démonstrations de warbirds et d’avions classiques ; Outre les Yak, le P-40, le Hawk 75, le Corsair des Casques de Cuir, la présence d’un Spitfire et surtout du F8F Bearcat de la Fighter Collection ont donné un cachet deuxième guerre mondiale et grosse mécanique tout à fait remarquable à un meeting aérien qui a fait de la diversité sa règle d’or et son point fort.

Décollage du F8F Bearcat avec Nick Grey aux commandes.

Même époque, même couleur, même impression de puissance, le F4U-5NL Corsair a lui aussi tenu son rang de vedette du show !

Un très rare Nord 1101 Ramier a participé à évoquer à la fois l’aviation allemande de la 2e guerre mondiale – ses racines germaniques sont évidentes – mais aussi la renaissance de l’industrie aéronautique française d’après-guerre à laquelle il contribua.

Alors que nous en étions à l’évocation du débarquement avec deux DC-3 en vol, une première grosse averse d’une dizaine de minutes obligea le directeur des vol à une première interruption du programme.

Spitfire Mk XVIe de 1945, remis en état de vol en 2009 et désormais basé à Biggin Hill.

La livrée du F-AZTE a été récemment débarrassée de tout signe reliant cet appareil à Air France.

Le DC-3 d’Alain Battisti remonte la piste sous une pluie battante ! Ça n’empêche pas l’équipage de pavoiser aux couleurs françaises et américaines, deux jours après les cérémonies du Débarquement.

Une seconde averse eu lieu un peu plus tard, entraînant une nouvelle interruption des vols.

Décollage en pleine averse de ce Cessna O-1 Birdog à la dentition agressive.

Cette fois ci, en pleine évocation de la guerre du Vietnam, cette averse, dense mais pas si longue, nous a privé du Bronco et surtout du Moynet Jupiter récemment remis en vol à Angers et de quelques avions les plus anciens dont le Junkers F.13 mais les grandes vedettes étaient là et les tableaux mythiques, comme le Tora Tora Tora et ses T-6, purent se dérouler sans encombre.

Et parmi les nouveautés notables du show, on pouvait noter que la population de T-28 avait doublé depuis l’an dernier. On ne va certainement pas s’en plaindre !

Un premier grand moment eu lieu avec le défilé en hommage à Serge Dassault, décédé l’an passé et par extension à son père Marcel. Guidés par un Flamant, le premier avion à porter ce nom d’avionneur à la réputation flatteuse, le Rafale du RSD, un Mirage 2000-5 des Cigognes, un Falcon 10 de la Marine et le prototype du Falcon 8X, dernier né de l’écurie de Saint-Cloud, en formation survolèrent Cerny. Simple, sobre, mais terriblement efficace.

Patrouille Dassault impliquant le constructeur, la Marine, l’armée de l’Air et un avion de collection aux mains de propriétaires privés. Superbe. Et un beau moment de pilotage, pensée émue au cocher du 2000 qui a dû en baver pour tenir la formation.

L’armée de l’Air française était bien présente avec son démonstrateur officiel, le Rafale Solo Display, mais c’est le Transall qui lui a volé la vedette en effectuant un joli posé sur la piste du plateau de l’Ardenay. Le C160, en fin de carrière, demeure une machine à laquelle beaucoup sont attachés et continuer à le voir évoluer ainsi en meeting est le plus bel hommage qu’on puisse rendre à cet appareil !

Par ses capacités, le Transall reste très apprécié notamment par les équipages des Forces Spéciales françaises.

Oui, l’air était un peu humide !

Mais la Marine n’était pas en reste avec un Falcon 10 glissé dans la patrouille « Dassault », sa démonstration tactique avec deux Rafale M, un Breguet Atlantique, véritable « couteau Suisse » aérien selon Bernard Chabbert qu’on aura du mal à contredire sur le coup, et les avions anciens, MS733 et Fouga Zéphyr, histoire de bien mettre en valeur les capacités et le patrimoine aéronautique portant une cocarde dite « à l’hameçon ». Dommage, que les deux commentateurs dédiés n’ont, une fois de plus, pas été à la hauteur avec un texte mal préparé, mal prononcé parfois et finalement sans grand intérêt mais pourtant récité avec une emphase frôlant le ridicule.

Il faut aussi évoquer le cas de ce biplace allemand des années 20 Klemm 25, un appareil rarement observé à la Ferté mais qui a su faire parler de lui de façon spectaculaire.

Le Klemm 25 avant que le pilote ne déclenche l’affichage de son sponsor.

Il dispose en effet d’un système de LED sur son hélice lui permettant d’afficher le logo de son sponsor, un constructeur automobile qui a, autrefois, motorisé bien des avions et dont le lien avec l’aéronautique est bien connu. C’est assez spectaculaire quand on le découvre en plein vol et difficile à immortaliser puisqu’il faut adopter des vitesses d’obturation basses. Les réactions à cette démonstration ont été pour le moins contrastés entre les anti-pubs et les pragmatiques…

En jouant avec la rotation de l’hélice, les LED affichent le logo du sponsor, un dispositif amusant mais dont on espère qu’il ne se développera pas trop sur d’autres aéronefs historiques.

Mais l’avion que tout le monde attendait est arrivé après une longue finale, le nouveau F-86 Sabre de Frédéric Akary et de Mistral Warbirds était enfin là, devant nous. Cette nouvelle addition au milieu des avions de collection français est une superbe nouveauté et on a très hâte de le revoir voler !

L’avion de Fred Akary est théoriquement un Canadair CL-13 Mk.6. Il est enregistré à la FAA comme F-86E Sabre MK.6… pas simple !

Outre sa dénomination, l’autre sujet à interrogation est la décoration portée par l’avion, loin de l’alu nu de la guerre de Corée. Il s’agit d’une livrée authentique portée par les avions du 461st FDS, à titre expérimental, en 1965.

La démonstration fut courte mais constituée de jolis passages mettant en valeur la silhouette particulière de ce petit chasseur si important dans l’histoire de l’aviation militaire de l’après-guerre. Dommage que le commentateur s’est fourvoyé à conter en détail une anecdote douteuse et contestée ; il y avait tant d’autres choses à raconter autour de cet avion.

Autre sensation de la Ferté 2019, la démonstration de l’homme volant Francky Zapata. Bruyant, mais spectaculaire, son Flyingboard a donné envie à beaucoup de l’imiter !! Là encore, petite nouveauté pour les meetings français, mais une attraction qui a marqué le foule des curieux !

En fin de programme, et qui ne fut pas sans provoquer un peu de nostalgie à ceux qui ont connu la Patrouille de France sur cette monture, autour d’Hugues Duval et de l’inénarrable Jack Krine, la patrouille Tranchant évoluant désormais à 5 avions fut une belle façon de clore le meeting avec une démonstration tout en élégance !

Les Tranchant à 5 avions, un spectacle d’une finesse incroyable !

Comme toujours à la Ferté, les tableaux et avions habituels se mélangent aux nouveautés plus ou moins évidentes. C’est ce qui fait que le meeting est toujours différent, toujours renouvelé mais toujours familier.

Il faut savoir aussi patienter et penser à photographier les avions servant aux liaisons avec les différents aérodromes où sont basés les appareils ne pouvant pratiquer la courte piste en herbe de la Ferté, mais aussi ceux des spectateurs venus avec leur propre machine volante ou celle de leur club.

Les plus patients ont même été récompensés par l’arrivée de ce très rare Spitfire biplace, arrivé après le spectacle, sous une lumière superbe de fin d’après-midi de printemps.

Le Spitfire biplace arrive en fin de journée afin de participer au meeting du lendemain.

Les spectateurs du dimanche ont bénéficié d’un spectacle plus complet et une météo plus clémente. En fait, à la Ferté, il faut y aller les deux jours. Dommage que la SNCF rende le périple désormais si compliqué !

A l’année prochaine !

 

Retour sur quelques défilés du « Lafayette » au Memorial Day

Au bout du parc de Saint-Cloud se trouve le mémorial de l’Escadrille Lafayette. Ce monument émouvant a été érigé au cours des années 20 pour abriter les corps des aviateurs américains qui ont péri aux commandes de leurs chasseurs lors de la première guerre mondiale, certains ayant rejoint d’aviation militaire française bien avant l’entrée en guerre de leur pays. Le nom de Lafayette, héros de la guerre d’indépendance américaine, s’imposa alors de lui-même comme un juste retour d’une jeune nation reconnaissante à son allié du vieux continent.

Les pilotes de l’Escadrille Lafayette en juillet 1917. 8 de ces hommes reposent à Marnes-la-Coquette, dont Thenault, assis au milieu, et Lufbery, à sa gauche et qui tient Whisky, un des deux lionceaux mascottes de l’unité, sur ses genoux. (Photo : USAF)

L’histoire même de l’Escadrille Lafayette est une des grandes épopées de l’histoire de l’aviation. Au même titre que celle du Normandie-Niemen, à une autre époque et plus loin à l’est, elle est devenu l’emblème du sacrifice de jeunes hommes pour des causes qui les dépassaient eux-même. Quelque part, les quelques corps inhumés aux portes de Paris répondent aussi à la même émotion que les autres corps, bien plus nombreux, qui reposent sous les croix blanche des cimetières de Normandie.

Le Mémorial Lafayette se trouve sur la commune de Marnes-la-Coquette, au bout du parc de Saint-Cloud. Il a été érigé à la fin des années 20 pour abriter les sépultures des jeunes aviateurs américains dans sa crypte.

70 aviateurs reposent encore dans la crypte du mémorial. Parmi eux se trouvent aussi deux français, décédés après guerre, Georges Thenault et Antonin Brocard, qui furent leurs chefs.

Tous les ans, à l’occasion de la journée du souvenir des anciens combattants américains, le Memorial Day, les aviateurs se souviennent de leurs héros et effectuent un défilé aérien au-dessus du mémorial, ce qui ne manque pas d’intriguer les témoins tant cette cérémonie est peu connue et les avions de chasse assez rares si près de Paris.

Le point d’orgue de ces défilés se déroula à l’occasion du centenaire de l’escadrille en 2016. Le La Fayette défila avec 3 Mirage 2000N dont le numéro 353 spécialement décoré et un Rafale qui symbolisait l’avenir de l’unité. L’US Air Force fut représentée par un box de quatre chasseurs F-22 du 94th FS, unité héritière du 94th Aero Squadron qui combattit en France en 1918 et qui compta dans ses rangs l’As des As US de ce conflit, Eddie Rickenbacker (26 victoires).  Il furent suivis quelques minutes plus tard par un bombardier B-52 du 5th Bomb Wing qui effectua d’une traite, sans escale, le vol aller-retour depuis sa base de Minot AFB dans le Dakota du Nord.

Dernier virage pour la patrouille de Mirage 2000N le 14 avril 2016 à l’occasion de la répétition du défilé.

L’année suivante, bien que plus sobre, le Lafayette se montra fidèle à l’évènement. Voici deux photos prises lors de la répétition générale quelques jours plus tôt.

 

En 2019, cette-fois, quatre Rafale sont passés. En effet, le Mirage 2000N ayant été retiré du service, l’escadron est désormais opérationnel sur sa nouvelle monture, le Rafale B, depuis sa base de Saint-Dizier.

Quatre F-15 du 48th Flighter Wing de la base de Lakenheath en Grande Bretagne étaient annoncés, malheureusement, ils ont annulé leur présence au dernier moment.

Un matin de printemps, en faisant votre footing dans le parc de Saint-Cloud, si le chant des oiseaux est perturbé quelques secondes par le hurlement de quelques réacteurs, ce n’est ni une répétition du défilé du 14 juillet – c’est un peu trop tôt pour ça – ni un exercice militaire. Ce sont juste des aviateurs qui rendent hommages à leurs lointains prédécesseurs.

Paris-Villaroche Air Legend 2018

Principale base d’essais au temps de la renaissance des ailes françaises, après la seconde guerre mondiale, site chargé de la mémoire des Dassault, où traîne encore l’ombre de Kostia Rozanoff et des grands pilotes d’essais français, période héroïque, Melun-Villaroche est, petit à petit, tombé dans l’oubli tandis qu’au même moment, à un jet de caillou de là, une petite piste en herbe forgeait sa propre légende. Autres avions, autre histoire et autre mythe.

Mais en cette fin d’été, Villaroche, la belle endormie, a été tirée de son sommeil lors d’un meeting aérien tonitruant, organisé par JM AirShow, le Paris Villaroche Air Legend, que ses promoteurs souhaitent vivement imposer comme l’évènement aéronautique incontournable de fin de saison.

Un Mystère IVA devant les hangars de Melun-Villaroche, une scène toute droite tirée d’un vieil album hérité des années 50 !! Ou pas !

Pour se distinguer des différents meetings aériens français et du plus emblématique d’entre-eux, qui, de plus, se déroule dans le même secteur géographique, les créateurs de l’évènement, Eric Janssonne et Thierry Marchand, ont puisé leur inspiration de l’autre côté de la Manche et plus particulièrement à Duxford, aérodrome au nord-est de Londres, considéré comme le paradis des Warbirds, des chasseurs et avions emblématiques de la seconde guerre mondiale.

Warbird emblématique, le Spitfire était présent en deux exemplaires au Paris Air Legend.

En partant du principe d’un plateau plus resserré mais avec une thématique marquée – et c’est vrai qu’on a rarement vu autant de chasseurs de la 2e GM rassemblés sur un parking d’aérodrome français depuis belle lurette – Il y avait matière à combler un vide dans la « meetingographie » française, de quoi s’assurer les bonnes grâces de la « spotterosphère » et des amateurs de grands spectacles !

C’est un show aérien de cinq heures qui nous  a été présenté, et où les héros de la Seconde Guerre mondiale ont donc été particulièrement à l’honneur.

Une des très grandes légendes de la deuxième guerre mondiale basée à Melun.

De nombreux avions invités ont marqué cette première édition de leur empreinte, des avions rarement ou jamais vus jusqu’ici en meeting en France, renforçant clairement l’intérêt de l’évènement.

Le TBM Avenger de l’AMPAA, que l’on ne voit que trop rarement en meeting aérien.

Mais avant de s’intéresser au spectacle proposé, un meeting aérien peut aussi se juger sur la qualité de son organisation. Pour l’accès des véhicules, un grand champs juste à l’entrée de l’aérodrome a servi de parking ; plus près, ce n’était pas possible ! Néanmoins pour les « piétons » désireux de se rendre au meeting en transports en commun, un service de bus-navette a été organisé depuis la gare de Melun, à raison d’un bus toutes les heures pour un coût de 3€ par trajet et par personne (6€ aller-retour).

Indication de l’arrêt de la navette, en face de la gare, un peu timide. Mais l’essentiel c’est bien d’avoir prévu aussi ce mode de transport !

C’est aussi un signe tangible du soin apporté par l’organisation pour rendre l’évènement réellement accessible à tous et il faut le porter aussi à leur crédit. Néanmoins, il fallait trouver le bon bus, le fléchage sur place étant un peu timide.

Une fois arrivé sur place, après être entré sur le site très rapidement et avoir parcouru les stands au pas de course, rendu visite tout aussi rapidement à la reconstitution d’un camp militaire de la seconde guerre mondiale, il était déjà trop tard pour aller visiter les avions du meeting au statique.

La salle de briefing du camp reconstitué avec deux figurants en train de taper les rapports sur d’antiques machines à écrire. Belle ambiance !

L’ensemble des avions du meeting étaient effectivement accessibles au public, le matin dans leur enclos, moyennant un supplément de 5€. Le samedi, les avions ont même été présentés sans aucune clôture mais devant l’indiscipline de certains, qui se sont amusés à tripoter les appareils devant pourtant prendre l’air ensuite, les organisateurs ont été dans l’obligation de protéger les avions, mais autour desquels il restait possible de tourner. Certaines traditions anglo-saxonnes ne sont toujours pas possibles avec un public plus latin.

Présent pour faire la promotion de sa compagnie, le Beech 18 de l’Aéro Vintage Academy n’a malheureusement pas volé lors du meeting.

Vers 13h, il était l’heure de se rapprocher de la piste. Dans l’enclos spotter situé au nord de la « flight line » où mon badge presse m’a permis d’entrer pour rejoindre des amis qui avaient réservé leurs places il y a plusieurs semaines de cela, j’ai bien reconnu le haut-parleur qui se trouvait devant nous à la Ferté-Alais. De toute évidence, il était réglé avec les mêmes paramètres, nous y reviendrons.

Les deux Alpha Jet de Tours au statique.

L’axe des démonstrations était parallèle à la piste 01-19 sur laquelle les avions les plus légers décollaient et atterrissaient. Pour des raisons évidentes, les appareils les plus lourds, ou nécessitant plus de longueur de piste pour opérer (DC-3, Noratlas, Rafale, Vampire par exemple) décollaient et atterrissaient de la 10-28, plus éloignée du public.

Skyraider au décollage en 01

Le show a débuté vers 13 heures, à contre-jour pendant les deux premières heures. Gênant, mais on a connu pire !

Il faut bien reconnaitre que le pari initial des organisateur a été parfaitement tenu avec une grosse vingtaine de warbirds, dont quelques raretés. Ne manquait juste que le F-86 de Frédéric Akary, annoncé en vedette puisque Melun aurait été sa première présentation publique, mais l’administration américaine ne l’a pas encore autorisé à traverser l’Atlantique, un aléa comme il est fréquent d’en connaître dans ce genre d’affaires.

En dehors de cette absence, le spectacle était à la hauteur des promesses faites. Deux avions se sont clairement détachés par leur rareté et leur intérêt historique. Le premier était CAC Boomerang, en fait une réplique sur base de T-6, un choix logique, le chasseur australien étant un cousin germain du mythique North American d’entraînement.

Le CAC Boomerang, créé en Australie en urgence pour faire face à l’avancée japonaise dans le Pacifique, n’eut heureusement pas à affronter la chasse de l’aviation impériale.

L’autre vedette fut le P-47 Thunderbolt, un des chasseurs majeurs du second conflit mondial, présent sur tous les fronts et dont la carrière après-guerre, notamment dans l’armée de l’Air française, est d’une richesse historique indéniable. En dépit des 15 636 exemplaires produits,  seule une douzaine d’exemplaires demeure en état de vol au mains d’associations ou de particuliers fortunés et « Nellie » est le seul de son espèce en Europe.

P-51 et P-47, la chasse US en force !

Pour le spectacle, deux Piper Cub  rapidement suivis par le solo display Alpha Jet, ont constitué un apéritif tout à fait convenable avant de laisser la place à une paire de T-6 accompagnés pour l’occasion d’un rarissime Vultee BT-13 Valiant.

Le Vultee Valiant, avion d’entraînement des années 30, était surnommé le « vibrator » !

Version Suisse du MS.406, le D-3801 est un warbird parmi les plus précieux.

Les combats aériens du début de la seconde guerre mondiale ont été évoqués par la démonstration du D-3801, le dernier survivant de la famille MS406 puis par une patrouille de trois Hurricane – il est extrêmement rare d’en voir autant voler ensemble – s’opposant à deux Buchon, la version espagnole du Bf109 au cours d’un ballet aérien bien construit.

Trois Hurricane en formation, un spectacle rare !

Ils furent suivis par deux Spitfire Mk.V.

Vint le temps de la guerre dans le Pacifique où les avions ont évolué pour évoquer la bataille de Midway à l’aide de plusieurs T-6, un Catalina et d’un P-40. Un F4F Wildcat, deux TBM Avenger et le T-6 « Zéro » s’envolèrent ensuite pour évoquer les opérations aéronavales et permettre à Bernard Chabbert de s’appesantir sur l’histoire du pilote japonais Saburo Sakaï.

Le TBM Avenger « Charlie’s Heavy », venu de Suisse et qui, il y a quelques années, volait aux couleurs françaises.

L’histoire se poursuivit avec trois chasseurs Yak, emblématiques du front Russe et de l’épopée de l’escadrille française Normandie, le CAC Boomerang puis le F4U-5NL de la Ferté récemment remis en vol après un long chantier.

Le Corsair évoluait presque à domicile. Il est ici en configuration appontage.

Le P-47 Thunderbolt effectua ensuite son vol.

Le seul P-47 Thunderbolt en état de vol en Europe, un avion majeur dans l’histoire de l’aviation, était présent à Melun.

Et puisque nous étions dans une série de chasseurs de légende, le P-51 Mustang voltigea avant de laisser sa place au Sea Fury et ses fameux fumigènes persistants.

Le Sea-Fury, chasseur embarqué aux performances extrêmes pour un avion à moteur à pistons.

Pour les amateurs de moteurs puissants, difficile de bouder son plaisir ! On en a eu plein les yeux !

La suite du programme fut sensiblement plus calme pour un moment, mais d’un intérêt tout aussi vif. Après le passage d’un Fieseler Storch accompagné d’un Piper Cub, c’est le splendide Lockheed Electra de la famille Chabbert qui prit l’air.

Et puisque nous en étions aux grandes légendes du transport aérien une formation, absolument magique, évolua devant nous ensuite, un Dassault Flamant précédé par deux DC-3 et par le désormais très rare Nord 2501 Noratlas.

Un Noratlas, deux DC-3 et un Flamant évoquant la renaissance du transport aérien, civil comme militaire, dans l’immédiat après-guerre.

Le Noratlas est basé à Marseille, le DC-3 à Melun.

Ce dernier effectua ensuite sa démonstration solo qui s’acheva avec un joli posé d’assaut sur la piste 19.

Le Noratlas plonge vers la piste de Melun pour une démonstration de poser d’assaut.

Après les passages du Flamant et des DC-3, le spectacle s’intéressa à la guerre du Vietnam avec le décollage d’un A-1 Skyraider et de l’OV-10 Bronco. Comme pour le tableau « Midway », cette démonstration fut renforcée par quelques effets pyrotechniques.

Le Bronco dit « De Montélimar », présenté en vol en compagnie d’un Skyraider pour évoquer les missions « Sandy » au Vietnam.

Si la Patrouille de France, présente uniquement le samedi, avait conclu le premier jour de cette grande première, le Paris Air Legend s’est achevé le dimanche avec une arrivée en force de l’aéronavale et une formation grande flèche, guidée par le MS760 Paris, composée de 4 Rafale M de la 12F et de deux Vampire venus de Nangis, l’occasion d’évoquer Jean-Maris Saget, autre grand nom des essais en vol Dassault.

Chasseur de l’immédiat après-guerre, le Vampire a connu une carrière opérationnelle exceptionnellement longue.

Après avoir laissé le Paris puis les Vampire évoluer, une évocation logique à Melun, ce sont les Lascar de la 12F qui ont procédé à leur démonstration à quatre avions, difficile à photographier mais passionnante à suivre et terriblement spectaculaire. Dommage que leur commentateur spécifique n’était pas à la hauteur.

Rafale M en configuration appontage en train d’effectuer un « bolter », une remise de gaz lors d’une tentative avortée de poser sur un porte-avions.

Les commentaires et l’animation sonore, parlons-en. Si le talent de conteur de Bernard Chabbert ne peut pas être mis en question tant il est évident, et si sa capacité à tenir en haleine le public demeure intacte, je suis plus partagé sur son accompagnement systématique de musiques et d’effets sonores assourdissants parfois, obligeant les spectateurs le long des barrières à hurler pour pouvoir se parler entre-eux, ce qui s’avère épuisant à la longue.

Mon ami le haut-parleur prend la pose. Ha, si il avait été moins bruyant ! Notez à l’arrière plan les pompiers qui éteignent les restes des effets pyrotechniques.

Si je ne faisais pas de photo, je me serai réfugié bien loin de la ligne de vol pour être tranquille… Et parfois, je me sens frustré de ne pas pouvoir apprécier à sa juste qualité le son des moteurs Merlin ou la vibration des pistons des DC-3. Le son des avions peut très bien se suffire à lui même !

Se lasser du DC-3 ? Pas sur 09-27.fr !! Mais qu’on nous laisse l’écouter voler !

26 000 spectateurs (hors presse et invités) ont donc assisté à cette grande première, qui a connu une météo quasi idéale. Néanmoins les organisateurs ont annoncé qu’ils étaient largement au-dessus de leurs prévisions et que la reconduite de l’évènement pour l’année prochaine semble assurée, ce qui  constitue une excellente nouvelle.

Il ne fait guère de doute que Villaroche permettra d’accueillir beaucoup plus de public au fur et à mesure que ce meeting aérien s’imposera dans le calendrier européen.

Pour une grande première, elle a été vraiment réussie et nous adressons nos félicitations aux équipes qui ont contribué à ce succès.

Rendez-vous en septembre 2019 !

Un 14 juillet pour l’histoire

C’est un weekend du 14 juillet exceptionnel que nous venons de vivre, et ce, à de nombreux titres. Mais pour autant, la tradition a été respectée avec le défilé annuel, et en ce qui nous concerne, un défilé aérien assez intéressant. Mais le meilleur était encore à venir.

La Patrouille de France lors de son vol de répétition.

La répétition du défilé aérien s’est déroulé le 11 juillet à 15h, comme prévu, mais, une fois n’est pas coutume, elle n’a pas été ouverte par la Patrouille de France. La formation a effectué son passage de reconnaissance en formation le lendemain soir. Le jour dit, trois appareils, en particulier, ont retenu l’attention pour leur première apparition au-dessus de Paris et un quatrième pour ses adieux.

Version de ravitaillement en vol de l’Airbus A330, le MRTT est très attendu dans l’Armée de l’Air.

Le premier MRTT de l’Armée de l’Air française, encore en cours d’essais et qui ne sera livré que dans quelques mois, a donc défilé escorté par trois Mirage 2000D de la base de Nancy. Cette version de ravitaillement en vol de l’Airbus A330, déjà en service dans plusieurs forces aériennes, en Australie et en Grande Bretagne notamment, est très attendue pour enfin succéder aux vénérables C-135FR entrés en service en 1964.

Les futurs MRTT de l’Armée de l’Air vont recevoir une décoration grise mais plutôt élégante pour un avion militaire.

Plus gros, capable de délivrer plus de carburant et disposant de capacités accrues pour le transport de fret ou de personnels, les MRTT français devaient aussi succéder aux Airbus A340 de l’Esterel, dont un exemplaire est apparu aussi dans le ciel parisien pour la deuxième fois après le défilé 2015.

Un des deux Airbus A340 que les MRTT vont aussi remplacer.

Dans une formation où figurait l’unique Transall du défilé, preuve que le temps du glorieux serviteur du transport aérien français touche à sa fin, un A400M de la Luftwaffe et le premier C-130J, la version la plus récente du Hercules livré à l’armée de l’Air en début d’année effectuait  une de ses premières apparitions en public.

Un des derniers Transall français guide un A400M de la Luftwaffe et le premier C-130J de l’Armée de l’Air.

Plus discret, un M-346 de l’aviation de Singapour, bien escorté par les Alpha Jet de la base de Cazaux, était de la fête pour célébrer les 20 ans du détachement asiatique sur la base des Landes.

Les Alpha Jet de la 8e Escadre escortent un Alpha Jet belge et un Macchi Singapourien avec lesquels ils partagent leurs base de Cazaux. Si les Singapouriens ont renouvelé leur bail, les Belges vont quitter les Landes bientôt.

Mais c’était aussi l’heure des adieux pour un serviteur discret de la diplomatie française puisque c’est un vecteur de la dissuasion nucléaire qui tire sa révérence. C’était la dernière apparition d’un Mirage 2000N avant son retrait définitif de service a venir dans quelques semaines, le temps pour son escadron d’origine, le La Fayette, de devenir opérationnel pour cette mission sur sa nouvelle monture, le Rafale.

Dernier passage parisien pour un Mirage 2000N, encadré par trois exemplaires de son successeur, le Rafale.

Bien sûr, on gardera aussi en mémoire l’original panache tricolore lâché par la Patrouille de France, une erreur humaine qui permettra de dater les cliché avec précision lorsque tout ça fera partie de l’histoire.

Une photo dont il sera toujours facile de retrouver la date.

On se souviendra peut-être aussi, que la Sécurité Civile était présente avec un CL-415 et un Q400MR, le Milan 73, porteur de sa décoration spéciale arborée depuis l’anniversaire de ses dix ans de service. A l’heure où le Q400MR vient d’être confirmé pour la succession des Turbo-Firecat, il serait sans doute opportun d’offrir au secteur Tracker un beau baroud d’honneur au-dessus de Paris pour les quelques 14 juillet qui restent avant le retrait définitif de l’appareil.

Dash 8 et CL-415, le duo de l’avenir pour la base de Nîmes-Garons. L’an prochain, envoyez-nous deux Tracker pour saluer leur prochain départ à la retraite !

En fin de défilé aérien, l’équipe de Voltige de l’Armée de l’Air a présenté deux de ses avions, les premiers champions du monde à descendre les Champs-Élysées pour le weekend. Après le passage des hélicoptères, deux avions ont défilé discrètement, deux Pilatus PC-6 de l’ALAT, des avions destinés initialement au largages des parachutistes mais dont les capacités réellement tout terrain les ont amené à effectuer des missions spéciales sur les théâtres d’opérations.

Serviteur discret, le Pilatus PC-6 Porter était de la fête, même si ce n’est sans doute pas sa présence que les spectateurs auront retenu le mieux.

Mais l’évènement marquant de ce 14 juillet 2018 restera la réouverture du plus bel « hélicodrome » du monde sur l’esplanade des Invalides, pour les retrouvailles entre la population française et ses forces armées. Cet évènement qui permettait, notamment aux parisiens qui avaient assisté au défilé sur les Champs-Élysées, d’approcher d’un peu plus près les soldats et leurs matériel avait été annulé en 2015 en raison de l’état d’urgence décrété après les attentats de Charlie Hebdo et du Super Casher. Cette annulation avait été reconduite pour la fête nationale 2016 et les évènements qui se sont déroulés à Nice le soir-même laissèrent présager que tout ceci était devenu de l’histoire.

Jusqu’à cette année.

L’esplanade des Invalides est redevenue le terrain de la rencontre entre les français et leurs militaires.

Bien que plus modeste en surface et en matériel que la dernière édition en 2014, l’exposition 2018 était un beau retour à une sympathique et jeune tradition. On pouvait y voir un Leclerc, un VBCI, un CAESAR, deux véhicules de la BSPP, quelques voitures de collection de la Gendarmerie ou un blindé du RAID. De superbes démonstrations cynophiles et équestres étaient aussi organisées sur une des pelouses.

L’espace d’une journée, le plus bel « hélicodrome » du monde, en plein Paris.

Bien évidemment, ce sont les voilures tournantes qui ont surtout attiré les spectateurs. Cinq hélicoptères étaient posés sur l’esplanade, redevenue pour un après-midi le plus bel « hélicodrome » du monde. Un EC-135 de la Gendarmerie côtoyait un Tigre et un Caïman de l’ALAT tandis que de l’autre côté de l’avenue, un Dauphin de la Marine était à côté d’un Caracal de l’Armée de l’Air. Il ne manquait peut-être qu’un Dragon de la Sécurité Civile pour compléter le tableau !

Un Caracal bucolique. Notez son équipage, cagoulé pour des raisons de sécurité.

Seul bémol, il fallait faire la queue pour franchir la barrière et accéder aux machines. C’était, certes, un peu contraignant, mais du coup, en petits groupes, les curieux ont pu obtenir bien plus d’explications de la part des équipages qu’il n’auraient pu en avoir autrement. Il serait sans doute possible en augmentant les effectifs destinés à encadrer les visiteurs, de réduire un peu le temps d’attente, mais l’idée est à conserver et à développer.

Par petits groupes, encadrés par les équipages, le public pouvait approcher ces étranges machines volantes.

Vers 18 heures les gendarmes commencèrent à inviter tout ce petit monde à évacuer les pelouses et à s’éloigner un peu pour faciliter les opérations de décollage des cinq appareils.

L’EC-135 de la Gendarmerie au départ.

Alors que pour les éditions précédentes, la foule avait été refoulée à une distance considérable des appareils, cette fois-ci, les exigences sécuritaires ont parues plus raisonnables et c’est devant une nuée de téléphones portables levés que les turbines se sont mises à rugir.

Pour leur décollage, les deux appareils de l’ALAT ont fait très fort !

Et là, un peu avant 19 heures et en une poignée de minutes, les cinq appareils ont décollé puis ont remonté l’esplanade pour gagner le Pont Alexandre III et enfin virer à gauche pour s’en aller en suivant le lit de la Seine.

Quel spectacle !

Mention spéciale pour les deux équipages de l’ALAT, notamment celui du Tigre, qui ont maintenu le stationnaire quelques minutes histoire d’être sûrs d’être immortalisés comme il le fallait. C’était bien joué !

Seul bémol, les appareils ont enquillé les décollages à un bon rythme, du coup, impossible de changer d’emplacement entre deux départs.

Évidemment, c’était un weekend inoubliable pour plein de très bonnes raisons mais le retour de l’exposition aux Invalides constitue sans doute une des très bonnes nouvelles du moment pour les amateurs.

Le Caracal, au look agressif avec sa perche de ravitaillement en vol et ses mitrailleuses de sabord.

A l’an prochain donc !

Le rassemblement d’hydravions de Biscarrosse 2018

Biscarrosse, un peu au sud de Bordeaux, au bord du lac éponyme est un site lourdement chargé d’histoire aéronautique puisque ce fut une hydrobase importante juste avant et pendant la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, elle reste le seul endroit en France où l’hydraviation de loisir est possible en permanence, même si d’autres sites, comme l’étang de Berre, sont fréquentables mais sous conditions.

Vol de patrouille entre DC-3 et Albatross pour le plus grand plaisir de tous, et en particulier celui de leurs équipages respectifs.

Quel autre endroit alors pour organiser un rassemblement de ces drôles d’oiseaux, mi-bateaux mi-avions, si rares et si étonnants ?

Les promesses de l’affiche du RIHB2018 ont été tenues ! Chapeau !

Même si la météorologie prévue n’était guère engageante, le programme annoncé était suffisamment riche pour justifier le déplacement. Et il faut bien dire qu’à part deux ondées, le temps a été particulièrement agréable lors des trois jours que nous avons passé entre l’aérodrome de Biscarrosse-Parentis et l’hydrobase Latécoère.

Le site étant orienté vers le sud, il est donc globalement à contre-jour ce qui peut s’avérer quelque peu gênant pour les photos, mais un peu de difficulté n’est pas non plus déplaisante.

Le rassemblement était prévu pour s’étaler gentiment sur quatre jours, les deux premières journées étant consacrées à un « splash-in » et aux répétitions du grand meeting devant se tenir le weekend en clôture de l’évènement.

Il faut bien dire que l’ambiance de ce « splash-in » était particulièrement agréable avec juste ce qu’il fallait de spectateurs et des avions qui décollaient et amerrissaient en permanence devant nous, effectuant un nombre impressionnant de baptêmes de l’air payants (100 € la demi-heure sur les Piper Super Cub du club local – pas de surcoût pour le meeting, c’est le prix auquel cette prestation est proposée tout au long de l’année) aux nombreux volontaires présents. Il était possible également d’opter pour des ULM amphibies.

Le « Storch » ou l’hydraviation ultra-légère !

Selon les habitués des précédents rassemblements, en particulier ceux du début des années 2010, le plateau était plutôt restreint mais l’évènement étant en phase de reprise, il pourrait se bonifier encore. Voici donc, pour le plaisir et dans le désordre les avions qui ont constitué cette manifestation étonnante, sympathique et originale.

Super Cub en train de remonter le slip de Biscarrosse. Oui, ça semble étrange comme phrase, pourtant, elle décrit justement cette photo !

Si vous pensez avoir déjà vu l’homme assis en place instructeur à bord d’un Rafale ou d’un Falcon, ce n’est pas un Mirage !

Les Piper Super Cub de l’Aéroclub « Aquitaine Hydravions », des PA-18-150 disposant donc d’un moteur de 150 ch ont assuré l’essentiel de ces vols de découvertes. Au nombre de trois, ils ont effectué ensuite lors du meeting aérien une sympathique présentation en vol en patrouille serrée.

La patrouille des Super Cub de Biscarrosse.

Dans l’enclos réservé aux appareils actifs, outre quelques ULM, se trouvaient deux Lake Buccaneer, dont le D-ETII qui, comme son immatriculation ne l’indique pas, est basé et exploité depuis Aix en Provence où il peut profiter de l’hydrobase de Berre et de celle de Martigues pour initier les amateurs aux joies du posé sur l’eau avec un avion à coque. C’est sur cet appareil que j’ai  été initié en 2011, sur l’étang de Vaïne et par un pilote de Canadair, à cette forme étonnante et passionnante d’aviation.

Le D-ETII, à l’aise sur le sec…

… Comme sur les pistes très très humides !

Il était accompagné par un autre Lake Buccaneer, basé en Belgique apparemment, mais très justement immatriculé en Grande-Bretagne G-VWET !

Le D-ETII et le G-VWET navigant de concert !

Le Lake belgo-britannique à l’amerrissage.

Deux Cessna 206 étaient également visibles. Le premier, très classique était immatriculé aux USA. Le second, immatriculé en Allemagne, mérite qu’on s’y attarde. C’est un Cessna 206 modifié par la société Soloy et où le moteur Lycoming, pouvant atteindre 300 ch sur ce modèle, a été remplacé par une turbine Rolls-Royce/Allison 250 pouvant atteindre 450 shp. Gain de puissance, gain de performances et un carburant moins onéreux, les 206 Soloy ont beaucoup séduit les opérateurs de Cessna 206 n’ayant pas l’ambition ou le besoin de franchir le pas du Cessna 208 Caravan, plus volumineux.

Evoluant sur un lac calme au possible, le 206 Soloy MK II montre sa vitre arrière intégrale, idéale pour bien apprécier le paysage !

Mais le plus sympathique était ce formidable DHC-2 Beaver venu de Norvège, un périple mouvementé, bien équipé de son moteur à pistons d’origine. Dans le panthéon des avions sympathiques, qui ont su se rendre indispensables dans les régions les plus difficiles, le Beaver tient une place de choix. C’est une des raisons qui explique aussi sa présence sur l’affiche de l’évènement et ça n’est que bien mérité !

Un Beaver rutilant sous le soleil, comment ne pas être fan ?!

L’amerrissage sur un flotteur est une technique habituelle pour assurer une manœuvre propre et sûre.

Des lignes simples, pas forcément les plus élégantes ; mais le « bush plane spirit » coule à flot dans toutes ses durites !

Bien sûr, ces avions ne sont pas des Warbirds rutilants, tout auréolés d’exploits guerriers mais les vrais connaisseurs savent que ces appareils ont écrit des pages entières du grand livre de l’histoire de l’aviation, pas forcément les plus connues, mais pas les plus laides. Ce sont des avions qu’on croise rarement en meeting, qui ne font pas frissonner les spotters, mais les aspirants pilotes et les amateurs d’aviation légère s’en délectent.

L’Apache Roll, inspirée par la Patrouille Breitling, fait partie des figures les plus photogéniques de la PAF depuis quelques années.

L’organisateur du rassemblement en était sans doute conscient, c’est pour cela que le meeting aérien a comporté quelques machines plus attractives pour le grand public.

Parmi ces vedettes figurait la Patrouille de France. La zone du meeting n’étant pas forcément très étendue, nous nous sommes retrouvés lors des répétitions et de leur présentation officielle du samedi à côté du « point central » où se trouvaient le reste de l’équipe de la PAF et son caméraman dont le travail permet une analyse après coup de la qualité du vol du jour. Ils disposaient d’un retour des communications radio du leader ce qui nous a permis de suivre la démonstration en direct avec la patrouille. Honnêtement, ça vaut largement le commentaire officiel !

Leur exhibition s’est déroulée d’ailleurs en milieu de programme ce qui a eu l’avantage d’éclaircir quelque peu les rangs des spectateurs et de faciliter ainsi la sortie du site pour ceux pour lesquels un meeting aérien ne se résume pas qu’à la démo des Alpha Jet bleus blancs et rouges. D’ailleurs, cette programmation permet sans doute à la boutique officielle de la PAF de booster son chiffre d’affaire pendant le reste de l’après-midi.

Qu’on ne s’y trompe pas, tenir ce genre de formation, c’est du très grand art !

On sait que la prestigieuse formation a connu un changement de Leader en plein hiver obligeant celui de 2012, alors directeur des équipes de présentation de l’armée de l’Air à reprendre le poste au pied levé. On aurait pu craindre que le programme en souffre. Il n’en est rien puisque la démonstration 2018 est bien rythmée avec quelques innovations dont une nouvelle figure et finalement très agréable à suivre.

Un des deux Rafale M de la 17F en pleine remise de gaz !

Histoire d’en mettre plein la vue aux spectateurs, rien de mieux qu’un chasseur moderne. La Flottille 17F de Landivisiau, qui a échangé ses Super Etendard pour des Rafale il y a deux ans, possède des liens particuliers avec la cité de Biscarrosse, marraine de l’unité depuis 2013. Elle était donc présente avec deux de ses avions pour une démonstration tactique impressionnante et bruyante à souhait. Moins fluide que la démo à quatre Rafale présentée à la Ferté-Alais, les deux « Glorieux » n’en ont pas moins présenté leurs avions de façon vraiment spectaculaire..

Avions de voltige, hélicoptères et autogire complétaient le programme, avec parmi les pilotes quelques noms prestigieux. Il ne manquait juste que la Sécurité Civile, mais aucun des avions nîmois n’est apparu sur les meetings aériens du printemps, même pas pour les 40 ans de l’UIISC1 à Nogent le Rotrou ce même weekend.

Mais les vedettes de ce rassemblement étaient trois et, à elles seules, méritaient clairement le déplacement.

A tout seigneur tout honneur et au pays des hydravions et des amphibies, le vénérable Catalina se devait d’être présent. Cette année, c’est « Princesse des Etoiles » qui est venue tremper sa coque dans le lac de Biscarrosse.

« Princesse des Etoiles » dans un de ses nombreux éléments !!

Si il est assez courant de voir un PBY en vol, l’avion basé à Melun ou son confrère britannique étant très souvent sollicité par les organisateurs de meeting français (et s’en plaindre serait incompréhensible) il faut bien avouer que le voir dans l’eau est absolument magique. Et en vol, c’est toujours d’une élégance sublime !

En courte finale sur le plan d’eau de Biscarrosse.

Mais alors qu’on pouvait imaginer le N9767 être la grande vedette du show, il s’est fait ravir le titre par un jeunot né après-guerre !

Grumman Albatross surpris en flagrant délit de vol de vedette à un Catalina lors d’un meeting aérien.

Venu spécialement du Nevada où il est désormais basé après avoir passé beaucoup de temps à Santa-Rosa en Californie, le Grumman Albatross N7025N, également annoncé sur l’affiche du rassemblement, a été la vraie grande star de cette édition.

– T’as déjà vu « Always » de Spielberg ? – Non, pourquoi ? – Pour rien, pour rien…

Édition d’autant plus sous le signe de l’hydravion Grumman qu’un autre exemplaire, récupéré en Italie dans un état de délabrement avancé et restauré, a été inauguré pour l’occasion en exposition statique à l’entrée du musée de l’hydraviation à quelques mètres du site du meeting.

L’autre Grumman Albatross, sauvé et restauré au statique par le musée de l’Hydraviation.

Deux Albatross ! Même si cet avion n’a que des liens très ténus avec l’histoire de l’hydraviation de notre pays, il n’en était pas moins un grand témoin du temps où ces appareils étaient les rois des cieux.

Pas le plus beau des hydro, mais un avion à l’allure unique et à l’histoire chargée.

L’Albatross a assuré une démonstration en vol quotidienne mais pour que le spectacle soit vraiment complet, c’est bien depuis son mouillage devant la foule qu’il prenait son envol. Et pour parachever le spectacle, c’est en patrouille serrée avec le C-47 de Chalair qu’il terminait sa présentation. Deux très grandes légendes de l’aviation volant de concert… juste splendide ! Et quel bruit !! C’était juste magique !

Passage en formation pour deux merveilles de l’aviation !

C’est un autre hydravion qui a clôt l’après-midi.

Fort de l’annonce de sa future remotorisation par le réacteur SaM 146 de Safran et NPO Saturn, le Beriev 200 est brutalement revenu sur le devant de la scène. Il n’avait plus été vu en France depuis l’été 2011 lorsqu’il avait été longuement évalué par les pilotes de la Sécurité Civile française qui l’avaient, cependant, trouvé prometteur mais perclus de défauts lui rendant sans doute difficile de prétendre succéder aux CL-415 en service depuis un peu plus d’une vingtaine d’années désormais.

Ecopage du Beriev 200, à bonne distance du public.

Cette remotorisation, qui ne règlera sans doute pas tous les problèmes décelés, offre à l’appareil le soutien d’importants groupes aéronautiques européens, ce qui n’est pas anodin, du tout ! Néanmoins, le retard pris dans ce programme pourra-t-il être rattrapé ?

Largage depuis le bombardier d’eau Russe. Sa charge maximale est de 12 000 litres mais se fait au détriment de son autonomie.

Il y a fort à parier que l’avion sera à nouveau présenté en France, en particulier lors du prochain salon du Bourget. On ne pourra que lui souhaiter de faire une démonstration en vol un peu plus proche du public même si l’équipage a daigné s’approcher un peu plus du rivage lors des exhibitions du samedi et du dimanche.

Le Beriev surpris en finale à Bordeaux, au retour de sa dernière démonstration à Biscarrosse.

Biscarrosse demeure donc le haut-lieu de l’hydraviation française. Celle-ci est toujours bien vivante, notamment grâce aux bombardiers d’eau de la Sécurité Civile mais son usage récréatif demeure quand même très bridé, alors même que les endroits où la pratiquer en toute tranquillité ne manquent pas.

Le Cessna R-172K I-DROV, qui n’a pas volé au cours du rassemblement, provennait de l’aéro-club de Côme, autre grand lieu de l’hydraviation européenne. Il a malheureusement été accidenté après un atterrissage forcé le dimanche 10 dans les collines au nord de Carcassonne.

Le Rassemblement de 2018 a été une réussite indéniable et nous ne pouvons que souhaiter aux équipes qui ont repris son organisation de parvenir à le rendre encore plus vaste. On se met à rêver d’un plateau encore plus ambitieux et d’une météo encore plus clémente pour 2020 ! Le rendez-vous est pris !

Ferté-Alais, le temps des hélices 2018

« En v’là du chrome, en v’là, et c’est du beau croyez moi…  » On était pas loin de chanter ça en redescendant du plateau de l’Ardenet, le visage empourpré d’avoir bien pris le soleil et les yeux encore marqués par la lumière très forte, et surtout magnifiquement reflétée par certains avions du plateau – mais nous y reviendrons – lors de ce premier jour du Temps des Hélices 2018.

Petit point météo pour débuter et pour ceux qui n’étaient pas là : les nuages, si présents l’an passé, ne sont pas venus du tout ! Et pour autant, la température extérieure n’avait rien de caniculaire, ce qui a fait de cette édition l’une des plus agréable à suivre, tout juste rafraîchie par un vent léger qui n’a pas empêché les plus vieilles machines de prendre leur envol. A ce titre, la situation était parfaite !

Avec les grèves de la SNCF et l’incertitude autour du trafic ferroviaire, sachant qu’au départ de Paris le rythme des trains à destination de la gare de la Ferté n’est déjà que d’un par heure, nous avons fait le choix de venir en automobile et sans partir aux aurores, avec une arrivée vers 9h sur le site, la situation routière n’avait rien de difficile. C’est la clé pour profiter au mieux du meeting de la Ferté-Alais, arriver tôt, partir tard…

Quelques jours avant l’évènement, l’annonce de l’annulation du passage de l’Airbus A340 de la nouvelle compagnie JOON a été un peu décevante mais le reste du programme établi avait de quoi motiver les passionnés.

La matinée a été consacrée aux baptêmes de l’air en T-6, en Junkers ou en T-28 pendant que les « vrais » allaient fouiller les étals des librairies présentes à la recherche d’une très bonne affaire ! (et il y en avait effectivement quelques unes !)

Deux Junkers 52. A force, on finirait presque par s’y habituer…

Pour l’ouverture du show, comme pour une inauguration officielle, il faut couper le ruban rouge. Ce ruban rouge était interminable, accroché à la queue d’un Stearman tout aussi rubicond piloté par Hugues Duval. Difficile à photographier, mais voilà un nouveau tableau qui devrait durer et s’imposer dans les éditions à venir.

Autre nouveauté, ce jet minuscule, un BD-5 destiné à recevoir un moteur à hélice mais modifié pour recevoir un réacteur Microturbo, se différenciant ainsi du BD-5J dont il est, quelque part, une émanation, a fait une courte démonstration.

Sa taille donne l’impression qu’il pourrait prendre un Rafale à la course… et pourtant c’est loin d’être le cas !

Ce CJ-01 Minijet, à l’autonomie limitée, gratifia la foule de quelques passages que sa petite taille a rendu difficile à immortaliser.

Le tableau du temps des As a été enrichi cette année par la présence de plusieurs répliques venues de Grande Bretagne, relevant du Great War Team et dont une  appartient à Bruce Dickinson, chanteur du groupe de heavy metal Iron Maiden et dont l’amour immodéré de l’aviation et du pilotage est désormais bien connu. Bruce n’était pas, semble-t-il, présent en personne à la Ferté, c’est dommage on lui aurait bien demandé une p’tite chanson, la sonorisation du site semblant bien avoir été réglée comme pour un live d’Aces High !

Duel de triplans en plein ciel de la Ferté.

Ces répliques comptaient plusieurs Fokker Triplan et un Hannover CL1. Si en vol le spectacle était parfait, au sol, la taille réduite de ces répliques volantes était clairement évidente.

Le Hannover CL-1 dont la taille réduite est sensible sur cette photo.

A côté de ces avions ont évolué le SPAD, le Bristol Fighter des « Casques de Cuir », un Sopwith Triplane et le Fokker Triplan, celui-là à la taille réelle pour le tableau habituel du temps des as, indispensable, surtout en cette année de commémoration du centenaire de l’Armistice.

Décollage du SPAD XIII, plutôt fringant pour ses 101 ans !

Profitant que le SPAD soit en vol, il a été rejoint par le Rafale du Solo Display de l’armée de l’Air décoré, cette année, de noir avec des parements rouges. La différence de vitesse entre l’un et l’autre n’a pas permis de faire un vrai passage en formation des deux avions.

Un authentique SPAD de 1917 partageant le ciel avec un authentique Rafale de 2018. La photo n’est pas extraordinaire, mais le siècle d’aviation de chasse qui vient de s’écouler est bien résumé ici !

Ensuite « Babouc », le nouveau pilote du RSD a enchaîné avec sa démo. Celle-ci est propre mais sans grand changement comparée à celle de ses prédécesseurs, donc sans vraiment de surprise.

Après le saut des parachutistes du RAID, décollèrent alors les premiers warbirds. Si le P-51D est un habitué du site, sa démonstration en vol ne permet que d’immortaliser son ventre, alors que le Sea Fury T.20 biplace s’est simplement contenté de passages pleins badin, rapides, offrant ainsi au public la pure beauté « relative » de son engin et son bruit faramineux ! Un régal !

Une aile vers le public, passage à l’anglaise pour un warbird anglais typique !

A noter que depuis cet hiver, ce T.20 de la Fighter Collection a abandonné son original mais capricieux moteur Centaurus pour un très classique R.2800. Ce qui est perdu en authenticité est gagné en fiabilité, comme sur pratiquement tous les Sea Fury en état de vol dans le monde, dont celui de Christophe Jacquard, également présent sur le meeting et qui a encore ébahi tout le monde avec ses superbes fumigènes persistants.

Le Spitfire Mk XIV de la famille Grace porte les couleurs de l’avion de l’as britannique Johnny Johnson, 38 victoires.

Tracté par son puissant moteur Griffon, le Spitfire Mk XIV G-SPIT a ensuit pris l’air accompagné par un Buchon, un Messerschmitt 109 construit en Espagne et doté d’un moteur Merlin, biplace. On raconte que cet avion, qui fit de la figuration dans le célèbre film « La Bataille d’Angleterre », permit alors à Adolf Galland, 104 victoires aériennes, de faire voler en place arrière un autre conseiller technique du film, Robert Standford Tuck, as de la RAF aux 29 victoires, ennemi d’hier devenu ami. Rien que pour cette anecdote savoureuse, cet avion, sinon abominablement laid, méritait d’être présent au Temps des Hélices et d’y être revu de temps en temps !

Ce Buchon biplace, unique au monde, a une valeur estimée à 6 millions de livres sterling. Il est à vendre. Avis aux amateurs.

Ce fut ensuite le temps du Tora Tora Tora, mené cette fois avec douze T-6 et dérivés et toujours aussi spectaculaire, tandis que plus bas, le N3N, un Stearman et le P-40 incarnaient l’aviation américaine surprise par la soudaine attaque japonaise.

Un T-6 à la décoration improbable décolle pour prendre part à l’attaque simulée de Pearl Harbor.

12 T-6 et autres SNJ a quelques secondes de fondre sur la piste de la Ferté. On ne s’en lasse pas !

Fin du tableau, salut des équipages. La tenue du parqueur n’est peut-être pas réglementaire, mais on est censé être à Hawaii, non ?!

Mais le Warbird qui retint tout l’attention du public, c’est lui. C’est vrai que dans le monde des avions de collection musclés, certains ont leur propre légende. Il y a le Spitfire, le Mustang mais il y a aussi le Corsair. Ce F4U-5NL est présent à la Ferté depuis une bonne trentaine d’années mais n’avait plus volé depuis 16 ans. Après une grande visite et une restauration en profondeur, il a revolé pour la première fois la semaine précédant le meeting et c’est avec beaucoup de prudence et une grosse dose d’enthousiasme qu’il a évolué devant nous pour la première fois en meeting.

Le F4U-5NL au décollage. Il devrait bientôt retrouver son radar et son bidon de carburant pour retrouver sa configuration originale.

Le Corsair est un mythe à lui seul, porté par son look, son histoire et la télévision… Son retour sur scène après une si longue attente a été unanimement salué ! Et, soyons honnêtes… quel plaisir !!

Présenté sous son plus bel angle par Baptise Salis, le vol du Corsair a été un des grands moments de cette édition 2018.

Et profitant que le Corsair soit en l’air, et bien que l’avion n’est ni un F4U-7 ni un AU-1, les deux versions utilisées par l’Aéronautique Navale française jusque dans les années 60, la Marine s’est alignée et a défilé autour de lui. Quatre Rafale M, un Falcon 10, rarement observé en Meeting, un Paris, deux Alcyon ont alors tenu la formation serrée. Un Breguet Atlantique avait ouvert le bal !

Quatre Rafale, un Falcon 10 et un MS 760 Paris encadrant le Corsair… Splendide !

Les Rafale ont ensuite exécuté une splendide démonstration tactique, très impressionnante mais difficile à photographier. Le commandant de la Flottille 12F se trouvait aux commandes du Rafale 05 dont la dérive est décorée en commémoration du 70e anniversaire de son unité. Dommage qu’il ne fut employé que pour les passages rapides ; immortaliser cette jolie décoration ne fut donc pas très facile !

Créée il y a 70 ans, la 12F a successivement volé sur Seafire, Hellcat, Corsair, Crusader et Rafale… 100% avions de légende !

Un bémol doit être apporté concernant le commentaire assuré par la Marine, lequel fut particulièrement condescendant envers l’aviation légère de loisir et les aéroclubs au point d’en agacer sérieusement certains pilotes qui savent à quel point ces filières civiles ont alimentés les forces de candidats crédibles et motivés. Il s’agit là d’une vrai faute de communication.

Un autre grand, très grand moment, est survenu peu après. Le Transall du Poitou, escadron dédié aux opérations spéciale, a enfin pu procéder à un poser d’assaut sur la piste de Cerny, après deux annulations, en 2016 et 2017 pour cause de piste détrempée. Si l’atterrissage ne se fit pas avec une forte pente comme c’est l’usage sur les zones sensibles, « Pollux » montra ensuite qu’il était capable de n’utiliser que la moitié de la piste pour s’arrêter, sa largeur pour faire demi-tour, et à peu près la même moitié de piste pour s’envoler, tout ça en une poignée de minute. Bluffant !

Faire une bonne démonstration, c’est aussi, parfois, faire avec l’avion ce qu’il fait dans ses missions habituelles. Simple… et terriblement efficace !

« Pollux » posé sur la piste de la Ferté, trois ans qu’on attendait ça !

On adorerait voir la même chose avec un C-130 ou, mieux, avec un A400M !

On sait le Transall en fin de parcours, mais à voir les réactions dans le public ou sur les réseaux sociaux, le jour où le dernier Transall fera son dernier tour de piste, les larmes seront nombreuses chez ceux qui ont usé leurs combinaisons de vol dans son cockpit, ou même sa soute, tant cet appareil s’est montré un outil incroyable pour des missions aussi variées que souvent vitales ! La présence d’un Transall au « Temps des Hélices », dédié aux avions de légende, n’est que pure logique !

Quelques minutes plus tard, après avoir remonté la piste, le Transall est prêt à repartir aussi simplement que s’il s’était posé sur la longue piste en dur d’Evreux… ou une piste en latérite en Afrique !

Nous n’en avions pas fini avec le côté militaire de la chose puisque le Bronco de Montélimar, le Cessna Skymaster aux couleurs de la force aérienne du Sud Vietnam, un T-28 et deux Skyraider nous ont évoqué le conflit qui s’est déroulé dans le sud-est asiatique il y a 50 ans.

Un autre T-28 en France. Malheureusement, Manuel Ramos n’est plus là pour présenter son T-28 bleu.

Le Bronco immatriculé dans la Drôme (notez le 26 sur le nez) en full reverse, très utile pour virer les herbes sèches après le passage de la tondeuse !

Une Gazelle de l’ALAT a effectué ensuite une jolie démonstration de sa manœuvrabilité et de l’efficacité de son camouflage pendant que Bernard Chabbert nous contais la vie de Mme Le Général Valérie André, pionnière de l’hélicoptère militaire et première femme général dans l’armée de l’air. Dommage d’avoir oublié d’expliquer que la Gazelle célèbre cette année les 50 ans de l’envol de son prototype et que sa présence était clairement liée à cet anniversaire !

Une Gazelle en translation latérale. On a du mal à croire qu’en volant sur le côté cet hélico puisse aller si vite !

Si la démo du RSD nous a un peu laissé sur notre faim (mais il semblerait que le pilote ne soit pas allé au bout de sa routine pour se garder des réserves de carburant suffisantes pour rentrer à Orléans, ayant subi un temps d’attente avant sa démo plus long que prévu), l’autre chasseur moderne à venir égayer le ciel nous avait fait faux bond l’an passé. Mais en 2018, le F/A-18 Hornet suisse était là et bien là.

Il est arrivé en patrouille très serrée avec le D-3801, version helvétique du Morane-Saulnier 406 puis a enchaîné avec une démonstration splendide et impressionnante avec des manœuvres clairement inhabituelles. Je n’avais plus vu le solo Suisse depuis l’Axalp 2012, ce fut une très belle redécouverte !

Envoyer du bois… l’expression n’est peut-être pas très helvétique mais elle résume bien le show du Hornet de l’aviation Suisse !

Le D-3801, dernier survivant d’une grande famille de chasseurs qui dû affronter, avec ses lacunes, les combats de mai et juin 1940.

Le Morane Saulnier a aussi fait un show très propre où ses nouvelles couleurs, il a longtemps volé aux couleurs d’un chasseur français, ont été brillamment mise en valeur.

Pas de Ferté sans Wingwalker ! Cette année, c’est un couple d’italiens venus avec leur Stearman qui a régalé les nombreux spectateurs avec un spectacle bien rodé et où l’acrobate du ciel, madame, ne fait pas que se poster sur l’aile supérieure, mais va aussi s’accrocher aux haubans entre les ailes. Une belle démonstration soulignée par des fumigènes persistants.

Le prix de l’avion le plus « girlie » du plateau est décerné à….

Un avion rose, ça change un peu, et agréablement, des schémas de camouflage !

Ce qui fait la force de la Ferté-Alais, c’est de présenter un échantillonnage hétéroclite d’avions d’une extrême variété, aussi bien pour les pionniers de l’aviation, des aviations militaires de toutes les époques, mais aussi de l’aviation légère. En ce qui concerne les années 30, nous avons été gâtés, comme souvent.

En premier lieu, c’est un Bellanca Cruiser, un avion particulièrement rare en Europe, qui a retenu notre attention. Avec son empennage qui n’est pas sans rappeler celui du très élégant Lockheed Constellation, cet avion de grand tourisme possède une allure unique.

Nouvellement arrivé en France, ce Stinson Reliant porte à deux le nombre d’exemplaire du type volant dans notre pays, les deux étant présentés en vol lors du meeting. Personne ne s’en plaindra, vraiment !

Et puis, il y avait ce premier DC-3, celui du PDG de la compagnie aérienne Chalair, peint en alu mat et porteur des couleurs de la compagnie, laquelle exploite des Beechcraft 1900D, des avions beaucoup moins élégants que ce bon vieux Douglas.

Mmm, ce DC-3 vient de me faire un clin d’œil, non ? Y’aurait moyen ?

Vint ensuite le temps du « chrome ». Il était un temps où les avions étaient métal nu et polis à l’extrême. Exigeante en huile de coude pour rester agréable à l’oeil, cette tradition a été bien évidement remplacée par des schémas de peinture plus rationnels surtout dans le cadre d’une exploitation commerciale. A la Ferté, pourtant, il nous a été donné l’opportunité de voir à nouveau une belle collection d’avion « nickel chrome » à s’en faire péter la rétine !

Le Lockheed Electral F-AZLL, à l’histoire riche et chargée, ne pouvait ne pas être de la fête.

Le Lockheed Electra de la famille Chabbert, toujours aussi plaisant à voir

Le DC-3 helvétique portait également un revêtement aussi net qu’un miroir !

Suisse et rutilant… Ce DC-3 est un pléonasme volant !

Trois Beech 18, également venus de Suisse (décidément ce meeting avait vraiment l’accent des bords du Lac Léman) l’accompagnaient. En fin de démonstration, l’un d’eux faillit se poser train rentré mais l’équipage fit une splendide remise de gaz et s’éloigna le temps de faire les vérifications d’usage puis revint se poser comme si de rien n’était. Tous trois étaient également chromés.

Retour sur le plancher des vaches après sans doute une petite frayeur pour son équipage.

Nouvellement arrivé dans notre pays, le Spartan Executive, un avion rare et méconnu (sauf par les amateurs de Flight Simulator qui profitent depuis des années du freeware modélisé par Milton Schupe) faisait ici une de ses toutes premières apparitions publiques.

Élégant, racé, d’une allure moderne pour un avion d’avant-guerre, le Spartan est décidément une espèce à part.

Non, l’intrados n’est pas peint d’une couleur bizarre, c’est juste qu’il est chromé comme un miroir et qu’il reflète simplement… la couleur de l’herbe de la piste de la Ferté !

Plein les yeux, on en a pris plein les yeux !

Le programme du samedi fut conclut d’une très jolie manière par la patrouille Breitling, enfin de retour de ses longs périples en Asie et en Amérique. Un conseil aux photographes, suivez bien son éclatement final, il y a désormais une jolie surprise !

Il y avait tant d’autres avions à admirer ce weekend de Pentecôte, plus d’une centaine au total, qu’on peut oublier facilement la légère augmentation du prix du billet d’entrée, passé de 25 à 28 €, essentiellement en raison de l’explosion des coûts sécuritaires, dont le budget est désormais bien supérieur à celui du plateau. Quel drôle de monde pas drôle nous connaissons désormais !

Le programme du dimanche a comporté quelques légères différences avec celui du samedi que nous venons de relater succinctement, mais nous ne l’avons pas vu, l’appel de deux heures de vol en Cessna 152 fut le plus fort !

Mais vivement l’année prochaine toujours !