Ferté-Alais, le temps des hélices 2019

Il fallait faire un choix en ce weekend de Pentecôte. Aller en Normandie assister à la venue d’une trentaine de DC-3  voire aux commémorations officielles du 75e anniversaire du Débarquement, mais il était difficile d’éviter de se rendre au traditionnel meeting de la Ferté-Alais ! Bien sûr, les prévisions météo n’étaient guère optimistes et on verra qu’elles ont joué un rôle important dans l’organisation du programme, mais nous pouvons lever le suspens dès maintenant, tout le monde s’accorde à dire qu’on… s’en est plutôt bien tiré !

Le Beech 18 de l’AVA symbolise bien l’esprit de la Ferté, cet avion étant beau, rutilant, héritier d’une longue histoire, il mérite bien d’être mis en valeur ici.

Comme souvent, j’ai fait le choix de venir samedi et d’utiliser les transports en commun. La surprise a été de constater qu’il n’y avait plus de trains depuis Paris et qu’un changement était désormais obligatoire à Juvisy pour rejoindre la gare de la Ferté-Alais depuis la gare de Lyon ou Châtelet. A l’heure où on fustige les carburants non renouvelables, ce n’est sans doute pas avec une réorganisation de ce type qu’on découragera les automobilistes de faire le choix des transports en commun. Ce changement ne semble pas avoir été compensé par une augmentation des fréquences de desserte. Désormais, la Ferté-Alais se trouve plus loin de Paris qu’elle n’a été depuis longtemps, et toujours desservie au rythme d’un train par heure !

Arrivé en bas de la colline, je me suis acquitté des 28 € demandés. Autant vous dire qu’on vous conseille d’acheter en avance, ce qui vous permettra d’accéder à l’enclos statique sans surcoût. Néanmoins, on peut toujours continuer de comparer ce prix à celui d’un concert ou d’une place au Parc des Prince : Qu’on se le dise, les meetings aériens demeurent des spectacles financièrement encore abordables, et ce n’est pas là le moindre des miracles !

A 13 heures, le spectacle a commencé et de quelle manière ! Arrivant de l’ouest, la Patrouille de France escortait un 777 d’Air France. Quel superbe défilé ! Quelques minutes plus tard, l’ensemble repassait dans l’autre sens mais cette fois, la PAF était en retrait et effectuait un « Apache Roll » du plus bel effet. L’ouverture du rideau ne devait pas être manquée !

Deuxième passage du Boeing 777 et de la PAF, cette fois-ci, en « Apache Roll ». C’était juste sublime !

Alors que certains politiciens en mal de polémiques ont récemment démontré qu’ils prenaient désormais le monde aéronautique en grippe, le commentaire de Bernard Chabbert prenait tout ce petit monde à contre pied, évoquant l’humanisme de la conquête de l’air et sa dimension onirique. Le conteur a montré la puissance de son évocation ! Un Grand Moment !! On peut toujours reprocher à Chabbert d’être très approximatif sur l’histoire de l’aviation, nous y reviendrons, il sait vendre du rêve au grand public !

La suite du programme fut plus classique avec de belles démonstrations de warbirds et d’avions classiques ; Outre les Yak, le P-40, le Hawk 75, le Corsair des Casques de Cuir, la présence d’un Spitfire et surtout du F8F Bearcat de la Fighter Collection ont donné un cachet deuxième guerre mondiale et grosse mécanique tout à fait remarquable à un meeting aérien qui a fait de la diversité sa règle d’or et son point fort.

Décollage du F8F Bearcat avec Nick Grey aux commandes.

Même époque, même couleur, même impression de puissance, le F4U-5NL Corsair a lui aussi tenu son rang de vedette du show !

Un très rare Nord 1101 Ramier a participé à évoquer à la fois l’aviation allemande de la 2e guerre mondiale – ses racines germaniques sont évidentes – mais aussi la renaissance de l’industrie aéronautique française d’après-guerre à laquelle il contribua.

Alors que nous en étions à l’évocation du débarquement avec deux DC-3 en vol, une première grosse averse d’une dizaine de minutes obligea le directeur des vol à une première interruption du programme.

Spitfire Mk XVIe de 1945, remis en état de vol en 2009 et désormais basé à Biggin Hill.

La livrée du F-AZTE a été récemment débarrassée de tout signe reliant cet appareil à Air France.

Le DC-3 d’Alain Battisti remonte la piste sous une pluie battante ! Ça n’empêche pas l’équipage de pavoiser aux couleurs françaises et américaines, deux jours après les cérémonies du Débarquement.

Une seconde averse eu lieu un peu plus tard, entraînant une nouvelle interruption des vols.

Décollage en pleine averse de ce Cessna O-1 Birdog à la dentition agressive.

Cette fois ci, en pleine évocation de la guerre du Vietnam, cette averse, dense mais pas si longue, nous a privé du Bronco et surtout du Moynet Jupiter récemment remis en vol à Angers et de quelques avions les plus anciens dont le Junkers F.13 mais les grandes vedettes étaient là et les tableaux mythiques, comme le Tora Tora Tora et ses T-6, purent se dérouler sans encombre.

Et parmi les nouveautés notables du show, on pouvait noter que la population de T-28 avait doublé depuis l’an dernier. On ne va certainement pas s’en plaindre !

Un premier grand moment eu lieu avec le défilé en hommage à Serge Dassault, décédé l’an passé et par extension à son père Marcel. Guidés par un Flamant, le premier avion à porter ce nom d’avionneur à la réputation flatteuse, le Rafale du RSD, un Mirage 2000-5 des Cigognes, un Falcon 10 de la Marine et le prototype du Falcon 8X, dernier né de l’écurie de Saint-Cloud, en formation survolèrent Cerny. Simple, sobre, mais terriblement efficace.

Patrouille Dassault impliquant le constructeur, la Marine, l’armée de l’Air et un avion de collection aux mains de propriétaires privés. Superbe. Et un beau moment de pilotage, pensée émue au cocher du 2000 qui a dû en baver pour tenir la formation.

L’armée de l’Air française était bien présente avec son démonstrateur officiel, le Rafale Solo Display, mais c’est le Transall qui lui a volé la vedette en effectuant un joli posé sur la piste du plateau de l’Ardenay. Le C160, en fin de carrière, demeure une machine à laquelle beaucoup sont attachés et continuer à le voir évoluer ainsi en meeting est le plus bel hommage qu’on puisse rendre à cet appareil !

Par ses capacités, le Transall reste très apprécié notamment par les équipages des Forces Spéciales françaises.

Oui, l’air était un peu humide !

Mais la Marine n’était pas en reste avec un Falcon 10 glissé dans la patrouille « Dassault », sa démonstration tactique avec deux Rafale M, un Breguet Atlantique, véritable « couteau Suisse » aérien selon Bernard Chabbert qu’on aura du mal à contredire sur le coup, et les avions anciens, MS733 et Fouga Zéphyr, histoire de bien mettre en valeur les capacités et le patrimoine aéronautique portant une cocarde dite « à l’hameçon ». Dommage, que les deux commentateurs dédiés n’ont, une fois de plus, pas été à la hauteur avec un texte mal préparé, mal prononcé parfois et finalement sans grand intérêt mais pourtant récité avec une emphase frôlant le ridicule.

Il faut aussi évoquer le cas de ce biplace allemand des années 20 Klemm 25, un appareil rarement observé à la Ferté mais qui a su faire parler de lui de façon spectaculaire.

Le Klemm 25 avant que le pilote ne déclenche l’affichage de son sponsor.

Il dispose en effet d’un système de LED sur son hélice lui permettant d’afficher le logo de son sponsor, un constructeur automobile qui a, autrefois, motorisé bien des avions et dont le lien avec l’aéronautique est bien connu. C’est assez spectaculaire quand on le découvre en plein vol et difficile à immortaliser puisqu’il faut adopter des vitesses d’obturation basses. Les réactions à cette démonstration ont été pour le moins contrastés entre les anti-pubs et les pragmatiques…

En jouant avec la rotation de l’hélice, les LED affichent le logo du sponsor, un dispositif amusant mais dont on espère qu’il ne se développera pas trop sur d’autres aéronefs historiques.

Mais l’avion que tout le monde attendait est arrivé après une longue finale, le nouveau F-86 Sabre de Frédéric Akary et de Mistral Warbirds était enfin là, devant nous. Cette nouvelle addition au milieu des avions de collection français est une superbe nouveauté et on a très hâte de le revoir voler !

L’avion de Fred Akary est théoriquement un Canadair CL-13 Mk.6. Il est enregistré à la FAA comme F-86E Sabre MK.6… pas simple !

Outre sa dénomination, l’autre sujet à interrogation est la décoration portée par l’avion, loin de l’alu nu de la guerre de Corée. Il s’agit d’une livrée authentique portée par les avions du 461st FDS, à titre expérimental, en 1965.

La démonstration fut courte mais constituée de jolis passages mettant en valeur la silhouette particulière de ce petit chasseur si important dans l’histoire de l’aviation militaire de l’après-guerre. Dommage que le commentateur s’est fourvoyé à conter en détail une anecdote douteuse et contestée ; il y avait tant d’autres choses à raconter autour de cet avion.

Autre sensation de la Ferté 2019, la démonstration de l’homme volant Francky Zapata. Bruyant, mais spectaculaire, son Flyingboard a donné envie à beaucoup de l’imiter !! Là encore, petite nouveauté pour les meetings français, mais une attraction qui a marqué le foule des curieux !

En fin de programme, et qui ne fut pas sans provoquer un peu de nostalgie à ceux qui ont connu la Patrouille de France sur cette monture, autour d’Hugues Duval et de l’inénarrable Jack Krine, la patrouille Tranchant évoluant désormais à 5 avions fut une belle façon de clore le meeting avec une démonstration tout en élégance !

Les Tranchant à 5 avions, un spectacle d’une finesse incroyable !

Comme toujours à la Ferté, les tableaux et avions habituels se mélangent aux nouveautés plus ou moins évidentes. C’est ce qui fait que le meeting est toujours différent, toujours renouvelé mais toujours familier.

Il faut savoir aussi patienter et penser à photographier les avions servant aux liaisons avec les différents aérodromes où sont basés les appareils ne pouvant pratiquer la courte piste en herbe de la Ferté, mais aussi ceux des spectateurs venus avec leur propre machine volante ou celle de leur club.

Les plus patients ont même été récompensés par l’arrivée de ce très rare Spitfire biplace, arrivé après le spectacle, sous une lumière superbe de fin d’après-midi de printemps.

Le Spitfire biplace arrive en fin de journée afin de participer au meeting du lendemain.

Les spectateurs du dimanche ont bénéficié d’un spectacle plus complet et une météo plus clémente. En fait, à la Ferté, il faut y aller les deux jours. Dommage que la SNCF rende le périple désormais si compliqué !

A l’année prochaine !

 

Retour sur quelques défilés du « Lafayette » au Memorial Day

Au bout du parc de Saint-Cloud se trouve le mémorial de l’Escadrille Lafayette. Ce monument émouvant a été érigé au cours des années 20 pour abriter les corps des aviateurs américains qui ont péri aux commandes de leurs chasseurs lors de la première guerre mondiale, certains ayant rejoint d’aviation militaire française bien avant l’entrée en guerre de leur pays. Le nom de Lafayette, héros de la guerre d’indépendance américaine, s’imposa alors de lui-même comme un juste retour d’une jeune nation reconnaissante à son allié du vieux continent.

Les pilotes de l’Escadrille Lafayette en juillet 1917. 8 de ces hommes reposent à Marnes-la-Coquette, dont Thenault, assis au milieu, et Lufbery, à sa gauche et qui tient Whisky, un des deux lionceaux mascottes de l’unité, sur ses genoux. (Photo : USAF)

L’histoire même de l’Escadrille Lafayette est une des grandes épopées de l’histoire de l’aviation. Au même titre que celle du Normandie-Niemen, à une autre époque et plus loin à l’est, elle est devenu l’emblème du sacrifice de jeunes hommes pour des causes qui les dépassaient eux-même. Quelque part, les quelques corps inhumés aux portes de Paris répondent aussi à la même émotion que les autres corps, bien plus nombreux, qui reposent sous les croix blanche des cimetières de Normandie.

Le Mémorial Lafayette se trouve sur la commune de Marnes-la-Coquette, au bout du parc de Saint-Cloud. Il a été érigé à la fin des années 20 pour abriter les sépultures des jeunes aviateurs américains dans sa crypte.

70 aviateurs reposent encore dans la crypte du mémorial. Parmi eux se trouvent aussi deux français, décédés après guerre, Georges Thenault et Antonin Brocard, qui furent leurs chefs.

Tous les ans, à l’occasion de la journée du souvenir des anciens combattants américains, le Memorial Day, les aviateurs se souviennent de leurs héros et effectuent un défilé aérien au-dessus du mémorial, ce qui ne manque pas d’intriguer les témoins tant cette cérémonie est peu connue et les avions de chasse assez rares si près de Paris.

Le point d’orgue de ces défilés se déroula à l’occasion du centenaire de l’escadrille en 2016. Le La Fayette défila avec 3 Mirage 2000N dont le numéro 353 spécialement décoré et un Rafale qui symbolisait l’avenir de l’unité. L’US Air Force fut représentée par un box de quatre chasseurs F-22 du 94th FS, unité héritière du 94th Aero Squadron qui combattit en France en 1918 et qui compta dans ses rangs l’As des As US de ce conflit, Eddie Rickenbacker (26 victoires).  Il furent suivis quelques minutes plus tard par un bombardier B-52 du 5th Bomb Wing qui effectua d’une traite, sans escale, le vol aller-retour depuis sa base de Minot AFB dans le Dakota du Nord.

Dernier virage pour la patrouille de Mirage 2000N le 14 avril 2016 à l’occasion de la répétition du défilé.

L’année suivante, bien que plus sobre, le Lafayette se montra fidèle à l’évènement. Voici deux photos prises lors de la répétition générale quelques jours plus tôt.

 

En 2019, cette-fois, quatre Rafale sont passés. En effet, le Mirage 2000N ayant été retiré du service, l’escadron est désormais opérationnel sur sa nouvelle monture, le Rafale B, depuis sa base de Saint-Dizier.

Quatre F-15 du 48th Flighter Wing de la base de Lakenheath en Grande Bretagne étaient annoncés, malheureusement, ils ont annulé leur présence au dernier moment.

Un matin de printemps, en faisant votre footing dans le parc de Saint-Cloud, si le chant des oiseaux est perturbé quelques secondes par le hurlement de quelques réacteurs, ce n’est ni une répétition du défilé du 14 juillet – c’est un peu trop tôt pour ça – ni un exercice militaire. Ce sont juste des aviateurs qui rendent hommages à leurs lointains prédécesseurs.

Paris-Villaroche Air Legend 2018

Principale base d’essais au temps de la renaissance des ailes françaises, après la seconde guerre mondiale, site chargé de la mémoire des Dassault, où traîne encore l’ombre de Kostia Rozanoff et des grands pilotes d’essais français, période héroïque, Melun-Villaroche est, petit à petit, tombé dans l’oubli tandis qu’au même moment, à un jet de caillou de là, une petite piste en herbe forgeait sa propre légende. Autres avions, autre histoire et autre mythe.

Mais en cette fin d’été, Villaroche, la belle endormie, a été tirée de son sommeil lors d’un meeting aérien tonitruant, organisé par JM AirShow, le Paris Villaroche Air Legend, que ses promoteurs souhaitent vivement imposer comme l’évènement aéronautique incontournable de fin de saison.

Un Mystère IVA devant les hangars de Melun-Villaroche, une scène toute droite tirée d’un vieil album hérité des années 50 !! Ou pas !

Pour se distinguer des différents meetings aériens français et du plus emblématique d’entre-eux, qui, de plus, se déroule dans le même secteur géographique, les créateurs de l’évènement, Eric Janssonne et Thierry Marchand, ont puisé leur inspiration de l’autre côté de la Manche et plus particulièrement à Duxford, aérodrome au nord-est de Londres, considéré comme le paradis des Warbirds, des chasseurs et avions emblématiques de la seconde guerre mondiale.

Warbird emblématique, le Spitfire était présent en deux exemplaires au Paris Air Legend.

En partant du principe d’un plateau plus resserré mais avec une thématique marquée – et c’est vrai qu’on a rarement vu autant de chasseurs de la 2e GM rassemblés sur un parking d’aérodrome français depuis belle lurette – Il y avait matière à combler un vide dans la « meetingographie » française, de quoi s’assurer les bonnes grâces de la « spotterosphère » et des amateurs de grands spectacles !

C’est un show aérien de cinq heures qui nous  a été présenté, et où les héros de la Seconde Guerre mondiale ont donc été particulièrement à l’honneur.

Une des très grandes légendes de la deuxième guerre mondiale basée à Melun.

De nombreux avions invités ont marqué cette première édition de leur empreinte, des avions rarement ou jamais vus jusqu’ici en meeting en France, renforçant clairement l’intérêt de l’évènement.

Le TBM Avenger de l’AMPAA, que l’on ne voit que trop rarement en meeting aérien.

Mais avant de s’intéresser au spectacle proposé, un meeting aérien peut aussi se juger sur la qualité de son organisation. Pour l’accès des véhicules, un grand champs juste à l’entrée de l’aérodrome a servi de parking ; plus près, ce n’était pas possible ! Néanmoins pour les « piétons » désireux de se rendre au meeting en transports en commun, un service de bus-navette a été organisé depuis la gare de Melun, à raison d’un bus toutes les heures pour un coût de 3€ par trajet et par personne (6€ aller-retour).

Indication de l’arrêt de la navette, en face de la gare, un peu timide. Mais l’essentiel c’est bien d’avoir prévu aussi ce mode de transport !

C’est aussi un signe tangible du soin apporté par l’organisation pour rendre l’évènement réellement accessible à tous et il faut le porter aussi à leur crédit. Néanmoins, il fallait trouver le bon bus, le fléchage sur place étant un peu timide.

Une fois arrivé sur place, après être entré sur le site très rapidement et avoir parcouru les stands au pas de course, rendu visite tout aussi rapidement à la reconstitution d’un camp militaire de la seconde guerre mondiale, il était déjà trop tard pour aller visiter les avions du meeting au statique.

La salle de briefing du camp reconstitué avec deux figurants en train de taper les rapports sur d’antiques machines à écrire. Belle ambiance !

L’ensemble des avions du meeting étaient effectivement accessibles au public, le matin dans leur enclos, moyennant un supplément de 5€. Le samedi, les avions ont même été présentés sans aucune clôture mais devant l’indiscipline de certains, qui se sont amusés à tripoter les appareils devant pourtant prendre l’air ensuite, les organisateurs ont été dans l’obligation de protéger les avions, mais autour desquels il restait possible de tourner. Certaines traditions anglo-saxonnes ne sont toujours pas possibles avec un public plus latin.

Présent pour faire la promotion de sa compagnie, le Beech 18 de l’Aéro Vintage Academy n’a malheureusement pas volé lors du meeting.

Vers 13h, il était l’heure de se rapprocher de la piste. Dans l’enclos spotter situé au nord de la « flight line » où mon badge presse m’a permis d’entrer pour rejoindre des amis qui avaient réservé leurs places il y a plusieurs semaines de cela, j’ai bien reconnu le haut-parleur qui se trouvait devant nous à la Ferté-Alais. De toute évidence, il était réglé avec les mêmes paramètres, nous y reviendrons.

Les deux Alpha Jet de Tours au statique.

L’axe des démonstrations était parallèle à la piste 01-19 sur laquelle les avions les plus légers décollaient et atterrissaient. Pour des raisons évidentes, les appareils les plus lourds, ou nécessitant plus de longueur de piste pour opérer (DC-3, Noratlas, Rafale, Vampire par exemple) décollaient et atterrissaient de la 10-28, plus éloignée du public.

Skyraider au décollage en 01

Le show a débuté vers 13 heures, à contre-jour pendant les deux premières heures. Gênant, mais on a connu pire !

Il faut bien reconnaitre que le pari initial des organisateur a été parfaitement tenu avec une grosse vingtaine de warbirds, dont quelques raretés. Ne manquait juste que le F-86 de Frédéric Akary, annoncé en vedette puisque Melun aurait été sa première présentation publique, mais l’administration américaine ne l’a pas encore autorisé à traverser l’Atlantique, un aléa comme il est fréquent d’en connaître dans ce genre d’affaires.

En dehors de cette absence, le spectacle était à la hauteur des promesses faites. Deux avions se sont clairement détachés par leur rareté et leur intérêt historique. Le premier était CAC Boomerang, en fait une réplique sur base de T-6, un choix logique, le chasseur australien étant un cousin germain du mythique North American d’entraînement.

Le CAC Boomerang, créé en Australie en urgence pour faire face à l’avancée japonaise dans le Pacifique, n’eut heureusement pas à affronter la chasse de l’aviation impériale.

L’autre vedette fut le P-47 Thunderbolt, un des chasseurs majeurs du second conflit mondial, présent sur tous les fronts et dont la carrière après-guerre, notamment dans l’armée de l’Air française, est d’une richesse historique indéniable. En dépit des 15 636 exemplaires produits,  seule une douzaine d’exemplaires demeure en état de vol au mains d’associations ou de particuliers fortunés et « Nellie » est le seul de son espèce en Europe.

P-51 et P-47, la chasse US en force !

Pour le spectacle, deux Piper Cub  rapidement suivis par le solo display Alpha Jet, ont constitué un apéritif tout à fait convenable avant de laisser la place à une paire de T-6 accompagnés pour l’occasion d’un rarissime Vultee BT-13 Valiant.

Le Vultee Valiant, avion d’entraînement des années 30, était surnommé le « vibrator » !

Version Suisse du MS.406, le D-3801 est un warbird parmi les plus précieux.

Les combats aériens du début de la seconde guerre mondiale ont été évoqués par la démonstration du D-3801, le dernier survivant de la famille MS406 puis par une patrouille de trois Hurricane – il est extrêmement rare d’en voir autant voler ensemble – s’opposant à deux Buchon, la version espagnole du Bf109 au cours d’un ballet aérien bien construit.

Trois Hurricane en formation, un spectacle rare !

Ils furent suivis par deux Spitfire Mk.V.

Vint le temps de la guerre dans le Pacifique où les avions ont évolué pour évoquer la bataille de Midway à l’aide de plusieurs T-6, un Catalina et d’un P-40. Un F4F Wildcat, deux TBM Avenger et le T-6 « Zéro » s’envolèrent ensuite pour évoquer les opérations aéronavales et permettre à Bernard Chabbert de s’appesantir sur l’histoire du pilote japonais Saburo Sakaï.

Le TBM Avenger « Charlie’s Heavy », venu de Suisse et qui, il y a quelques années, volait aux couleurs françaises.

L’histoire se poursuivit avec trois chasseurs Yak, emblématiques du front Russe et de l’épopée de l’escadrille française Normandie, le CAC Boomerang puis le F4U-5NL de la Ferté récemment remis en vol après un long chantier.

Le Corsair évoluait presque à domicile. Il est ici en configuration appontage.

Le P-47 Thunderbolt effectua ensuite son vol.

Le seul P-47 Thunderbolt en état de vol en Europe, un avion majeur dans l’histoire de l’aviation, était présent à Melun.

Et puisque nous étions dans une série de chasseurs de légende, le P-51 Mustang voltigea avant de laisser sa place au Sea Fury et ses fameux fumigènes persistants.

Le Sea-Fury, chasseur embarqué aux performances extrêmes pour un avion à moteur à pistons.

Pour les amateurs de moteurs puissants, difficile de bouder son plaisir ! On en a eu plein les yeux !

La suite du programme fut sensiblement plus calme pour un moment, mais d’un intérêt tout aussi vif. Après le passage d’un Fieseler Storch accompagné d’un Piper Cub, c’est le splendide Lockheed Electra de la famille Chabbert qui prit l’air.

Et puisque nous en étions aux grandes légendes du transport aérien une formation, absolument magique, évolua devant nous ensuite, un Dassault Flamant précédé par deux DC-3 et par le désormais très rare Nord 2501 Noratlas.

Un Noratlas, deux DC-3 et un Flamant évoquant la renaissance du transport aérien, civil comme militaire, dans l’immédiat après-guerre.

Le Noratlas est basé à Marseille, le DC-3 à Melun.

Ce dernier effectua ensuite sa démonstration solo qui s’acheva avec un joli posé d’assaut sur la piste 19.

Le Noratlas plonge vers la piste de Melun pour une démonstration de poser d’assaut.

Après les passages du Flamant et des DC-3, le spectacle s’intéressa à la guerre du Vietnam avec le décollage d’un A-1 Skyraider et de l’OV-10 Bronco. Comme pour le tableau « Midway », cette démonstration fut renforcée par quelques effets pyrotechniques.

Le Bronco dit « De Montélimar », présenté en vol en compagnie d’un Skyraider pour évoquer les missions « Sandy » au Vietnam.

Si la Patrouille de France, présente uniquement le samedi, avait conclu le premier jour de cette grande première, le Paris Air Legend s’est achevé le dimanche avec une arrivée en force de l’aéronavale et une formation grande flèche, guidée par le MS760 Paris, composée de 4 Rafale M de la 12F et de deux Vampire venus de Nangis, l’occasion d’évoquer Jean-Maris Saget, autre grand nom des essais en vol Dassault.

Chasseur de l’immédiat après-guerre, le Vampire a connu une carrière opérationnelle exceptionnellement longue.

Après avoir laissé le Paris puis les Vampire évoluer, une évocation logique à Melun, ce sont les Lascar de la 12F qui ont procédé à leur démonstration à quatre avions, difficile à photographier mais passionnante à suivre et terriblement spectaculaire. Dommage que leur commentateur spécifique n’était pas à la hauteur.

Rafale M en configuration appontage en train d’effectuer un « bolter », une remise de gaz lors d’une tentative avortée de poser sur un porte-avions.

Les commentaires et l’animation sonore, parlons-en. Si le talent de conteur de Bernard Chabbert ne peut pas être mis en question tant il est évident, et si sa capacité à tenir en haleine le public demeure intacte, je suis plus partagé sur son accompagnement systématique de musiques et d’effets sonores assourdissants parfois, obligeant les spectateurs le long des barrières à hurler pour pouvoir se parler entre-eux, ce qui s’avère épuisant à la longue.

Mon ami le haut-parleur prend la pose. Ha, si il avait été moins bruyant ! Notez à l’arrière plan les pompiers qui éteignent les restes des effets pyrotechniques.

Si je ne faisais pas de photo, je me serai réfugié bien loin de la ligne de vol pour être tranquille… Et parfois, je me sens frustré de ne pas pouvoir apprécier à sa juste qualité le son des moteurs Merlin ou la vibration des pistons des DC-3. Le son des avions peut très bien se suffire à lui même !

Se lasser du DC-3 ? Pas sur 09-27.fr !! Mais qu’on nous laisse l’écouter voler !

26 000 spectateurs (hors presse et invités) ont donc assisté à cette grande première, qui a connu une météo quasi idéale. Néanmoins les organisateurs ont annoncé qu’ils étaient largement au-dessus de leurs prévisions et que la reconduite de l’évènement pour l’année prochaine semble assurée, ce qui  constitue une excellente nouvelle.

Il ne fait guère de doute que Villaroche permettra d’accueillir beaucoup plus de public au fur et à mesure que ce meeting aérien s’imposera dans le calendrier européen.

Pour une grande première, elle a été vraiment réussie et nous adressons nos félicitations aux équipes qui ont contribué à ce succès.

Rendez-vous en septembre 2019 !

Un 14 juillet pour l’histoire

C’est un weekend du 14 juillet exceptionnel que nous venons de vivre, et ce, à de nombreux titres. Mais pour autant, la tradition a été respectée avec le défilé annuel, et en ce qui nous concerne, un défilé aérien assez intéressant. Mais le meilleur était encore à venir.

La Patrouille de France lors de son vol de répétition.

La répétition du défilé aérien s’est déroulé le 11 juillet à 15h, comme prévu, mais, une fois n’est pas coutume, elle n’a pas été ouverte par la Patrouille de France. La formation a effectué son passage de reconnaissance en formation le lendemain soir. Le jour dit, trois appareils, en particulier, ont retenu l’attention pour leur première apparition au-dessus de Paris et un quatrième pour ses adieux.

Version de ravitaillement en vol de l’Airbus A330, le MRTT est très attendu dans l’Armée de l’Air.

Le premier MRTT de l’Armée de l’Air française, encore en cours d’essais et qui ne sera livré que dans quelques mois, a donc défilé escorté par trois Mirage 2000D de la base de Nancy. Cette version de ravitaillement en vol de l’Airbus A330, déjà en service dans plusieurs forces aériennes, en Australie et en Grande Bretagne notamment, est très attendue pour enfin succéder aux vénérables C-135FR entrés en service en 1964.

Les futurs MRTT de l’Armée de l’Air vont recevoir une décoration grise mais plutôt élégante pour un avion militaire.

Plus gros, capable de délivrer plus de carburant et disposant de capacités accrues pour le transport de fret ou de personnels, les MRTT français devaient aussi succéder aux Airbus A340 de l’Esterel, dont un exemplaire est apparu aussi dans le ciel parisien pour la deuxième fois après le défilé 2015.

Un des deux Airbus A340 que les MRTT vont aussi remplacer.

Dans une formation où figurait l’unique Transall du défilé, preuve que le temps du glorieux serviteur du transport aérien français touche à sa fin, un A400M de la Luftwaffe et le premier C-130J, la version la plus récente du Hercules livré à l’armée de l’Air en début d’année effectuait  une de ses premières apparitions en public.

Un des derniers Transall français guide un A400M de la Luftwaffe et le premier C-130J de l’Armée de l’Air.

Plus discret, un M-346 de l’aviation de Singapour, bien escorté par les Alpha Jet de la base de Cazaux, était de la fête pour célébrer les 20 ans du détachement asiatique sur la base des Landes.

Les Alpha Jet de la 8e Escadre escortent un Alpha Jet belge et un Macchi Singapourien avec lesquels ils partagent leurs base de Cazaux. Si les Singapouriens ont renouvelé leur bail, les Belges vont quitter les Landes bientôt.

Mais c’était aussi l’heure des adieux pour un serviteur discret de la diplomatie française puisque c’est un vecteur de la dissuasion nucléaire qui tire sa révérence. C’était la dernière apparition d’un Mirage 2000N avant son retrait définitif de service a venir dans quelques semaines, le temps pour son escadron d’origine, le La Fayette, de devenir opérationnel pour cette mission sur sa nouvelle monture, le Rafale.

Dernier passage parisien pour un Mirage 2000N, encadré par trois exemplaires de son successeur, le Rafale.

Bien sûr, on gardera aussi en mémoire l’original panache tricolore lâché par la Patrouille de France, une erreur humaine qui permettra de dater les cliché avec précision lorsque tout ça fera partie de l’histoire.

Une photo dont il sera toujours facile de retrouver la date.

On se souviendra peut-être aussi, que la Sécurité Civile était présente avec un CL-415 et un Q400MR, le Milan 73, porteur de sa décoration spéciale arborée depuis l’anniversaire de ses dix ans de service. A l’heure où le Q400MR vient d’être confirmé pour la succession des Turbo-Firecat, il serait sans doute opportun d’offrir au secteur Tracker un beau baroud d’honneur au-dessus de Paris pour les quelques 14 juillet qui restent avant le retrait définitif de l’appareil.

Dash 8 et CL-415, le duo de l’avenir pour la base de Nîmes-Garons. L’an prochain, envoyez-nous deux Tracker pour saluer leur prochain départ à la retraite !

En fin de défilé aérien, l’équipe de Voltige de l’Armée de l’Air a présenté deux de ses avions, les premiers champions du monde à descendre les Champs-Élysées pour le weekend. Après le passage des hélicoptères, deux avions ont défilé discrètement, deux Pilatus PC-6 de l’ALAT, des avions destinés initialement au largages des parachutistes mais dont les capacités réellement tout terrain les ont amené à effectuer des missions spéciales sur les théâtres d’opérations.

Serviteur discret, le Pilatus PC-6 Porter était de la fête, même si ce n’est sans doute pas sa présence que les spectateurs auront retenu le mieux.

Mais l’évènement marquant de ce 14 juillet 2018 restera la réouverture du plus bel « hélicodrome » du monde sur l’esplanade des Invalides, pour les retrouvailles entre la population française et ses forces armées. Cet évènement qui permettait, notamment aux parisiens qui avaient assisté au défilé sur les Champs-Élysées, d’approcher d’un peu plus près les soldats et leurs matériel avait été annulé en 2015 en raison de l’état d’urgence décrété après les attentats de Charlie Hebdo et du Super Casher. Cette annulation avait été reconduite pour la fête nationale 2016 et les évènements qui se sont déroulés à Nice le soir-même laissèrent présager que tout ceci était devenu de l’histoire.

Jusqu’à cette année.

L’esplanade des Invalides est redevenue le terrain de la rencontre entre les français et leurs militaires.

Bien que plus modeste en surface et en matériel que la dernière édition en 2014, l’exposition 2018 était un beau retour à une sympathique et jeune tradition. On pouvait y voir un Leclerc, un VBCI, un CAESAR, deux véhicules de la BSPP, quelques voitures de collection de la Gendarmerie ou un blindé du RAID. De superbes démonstrations cynophiles et équestres étaient aussi organisées sur une des pelouses.

L’espace d’une journée, le plus bel « hélicodrome » du monde, en plein Paris.

Bien évidemment, ce sont les voilures tournantes qui ont surtout attiré les spectateurs. Cinq hélicoptères étaient posés sur l’esplanade, redevenue pour un après-midi le plus bel « hélicodrome » du monde. Un EC-135 de la Gendarmerie côtoyait un Tigre et un Caïman de l’ALAT tandis que de l’autre côté de l’avenue, un Dauphin de la Marine était à côté d’un Caracal de l’Armée de l’Air. Il ne manquait peut-être qu’un Dragon de la Sécurité Civile pour compléter le tableau !

Un Caracal bucolique. Notez son équipage, cagoulé pour des raisons de sécurité.

Seul bémol, il fallait faire la queue pour franchir la barrière et accéder aux machines. C’était, certes, un peu contraignant, mais du coup, en petits groupes, les curieux ont pu obtenir bien plus d’explications de la part des équipages qu’il n’auraient pu en avoir autrement. Il serait sans doute possible en augmentant les effectifs destinés à encadrer les visiteurs, de réduire un peu le temps d’attente, mais l’idée est à conserver et à développer.

Par petits groupes, encadrés par les équipages, le public pouvait approcher ces étranges machines volantes.

Vers 18 heures les gendarmes commencèrent à inviter tout ce petit monde à évacuer les pelouses et à s’éloigner un peu pour faciliter les opérations de décollage des cinq appareils.

L’EC-135 de la Gendarmerie au départ.

Alors que pour les éditions précédentes, la foule avait été refoulée à une distance considérable des appareils, cette fois-ci, les exigences sécuritaires ont parues plus raisonnables et c’est devant une nuée de téléphones portables levés que les turbines se sont mises à rugir.

Pour leur décollage, les deux appareils de l’ALAT ont fait très fort !

Et là, un peu avant 19 heures et en une poignée de minutes, les cinq appareils ont décollé puis ont remonté l’esplanade pour gagner le Pont Alexandre III et enfin virer à gauche pour s’en aller en suivant le lit de la Seine.

Quel spectacle !

Mention spéciale pour les deux équipages de l’ALAT, notamment celui du Tigre, qui ont maintenu le stationnaire quelques minutes histoire d’être sûrs d’être immortalisés comme il le fallait. C’était bien joué !

Seul bémol, les appareils ont enquillé les décollages à un bon rythme, du coup, impossible de changer d’emplacement entre deux départs.

Évidemment, c’était un weekend inoubliable pour plein de très bonnes raisons mais le retour de l’exposition aux Invalides constitue sans doute une des très bonnes nouvelles du moment pour les amateurs.

Le Caracal, au look agressif avec sa perche de ravitaillement en vol et ses mitrailleuses de sabord.

A l’an prochain donc !

Le rassemblement d’hydravions de Biscarrosse 2018

Biscarrosse, un peu au sud de Bordeaux, au bord du lac éponyme est un site lourdement chargé d’histoire aéronautique puisque ce fut une hydrobase importante juste avant et pendant la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, elle reste le seul endroit en France où l’hydraviation de loisir est possible en permanence, même si d’autres sites, comme l’étang de Berre, sont fréquentables mais sous conditions.

Vol de patrouille entre DC-3 et Albatross pour le plus grand plaisir de tous, et en particulier celui de leurs équipages respectifs.

Quel autre endroit alors pour organiser un rassemblement de ces drôles d’oiseaux, mi-bateaux mi-avions, si rares et si étonnants ?

Les promesses de l’affiche du RIHB2018 ont été tenues ! Chapeau !

Même si la météorologie prévue n’était guère engageante, le programme annoncé était suffisamment riche pour justifier le déplacement. Et il faut bien dire qu’à part deux ondées, le temps a été particulièrement agréable lors des trois jours que nous avons passé entre l’aérodrome de Biscarrosse-Parentis et l’hydrobase Latécoère.

Le site étant orienté vers le sud, il est donc globalement à contre-jour ce qui peut s’avérer quelque peu gênant pour les photos, mais un peu de difficulté n’est pas non plus déplaisante.

Le rassemblement était prévu pour s’étaler gentiment sur quatre jours, les deux premières journées étant consacrées à un « splash-in » et aux répétitions du grand meeting devant se tenir le weekend en clôture de l’évènement.

Il faut bien dire que l’ambiance de ce « splash-in » était particulièrement agréable avec juste ce qu’il fallait de spectateurs et des avions qui décollaient et amerrissaient en permanence devant nous, effectuant un nombre impressionnant de baptêmes de l’air payants (100 € la demi-heure sur les Piper Super Cub du club local – pas de surcoût pour le meeting, c’est le prix auquel cette prestation est proposée tout au long de l’année) aux nombreux volontaires présents. Il était possible également d’opter pour des ULM amphibies.

Le « Storch » ou l’hydraviation ultra-légère !

Selon les habitués des précédents rassemblements, en particulier ceux du début des années 2010, le plateau était plutôt restreint mais l’évènement étant en phase de reprise, il pourrait se bonifier encore. Voici donc, pour le plaisir et dans le désordre les avions qui ont constitué cette manifestation étonnante, sympathique et originale.

Super Cub en train de remonter le slip de Biscarrosse. Oui, ça semble étrange comme phrase, pourtant, elle décrit justement cette photo !

Si vous pensez avoir déjà vu l’homme assis en place instructeur à bord d’un Rafale ou d’un Falcon, ce n’est pas un Mirage !

Les Piper Super Cub de l’Aéroclub « Aquitaine Hydravions », des PA-18-150 disposant donc d’un moteur de 150 ch ont assuré l’essentiel de ces vols de découvertes. Au nombre de trois, ils ont effectué ensuite lors du meeting aérien une sympathique présentation en vol en patrouille serrée.

La patrouille des Super Cub de Biscarrosse.

Dans l’enclos réservé aux appareils actifs, outre quelques ULM, se trouvaient deux Lake Buccaneer, dont le D-ETII qui, comme son immatriculation ne l’indique pas, est basé et exploité depuis Aix en Provence où il peut profiter de l’hydrobase de Berre et de celle de Martigues pour initier les amateurs aux joies du posé sur l’eau avec un avion à coque. C’est sur cet appareil que j’ai  été initié en 2011, sur l’étang de Vaïne et par un pilote de Canadair, à cette forme étonnante et passionnante d’aviation.

Le D-ETII, à l’aise sur le sec…

… Comme sur les pistes très très humides !

Il était accompagné par un autre Lake Buccaneer, basé en Belgique apparemment, mais très justement immatriculé en Grande-Bretagne G-VWET !

Le D-ETII et le G-VWET navigant de concert !

Le Lake belgo-britannique à l’amerrissage.

Deux Cessna 206 étaient également visibles. Le premier, très classique était immatriculé aux USA. Le second, immatriculé en Allemagne, mérite qu’on s’y attarde. C’est un Cessna 206 modifié par la société Soloy et où le moteur Lycoming, pouvant atteindre 300 ch sur ce modèle, a été remplacé par une turbine Rolls-Royce/Allison 250 pouvant atteindre 450 shp. Gain de puissance, gain de performances et un carburant moins onéreux, les 206 Soloy ont beaucoup séduit les opérateurs de Cessna 206 n’ayant pas l’ambition ou le besoin de franchir le pas du Cessna 208 Caravan, plus volumineux.

Evoluant sur un lac calme au possible, le 206 Soloy MK II montre sa vitre arrière intégrale, idéale pour bien apprécier le paysage !

Mais le plus sympathique était ce formidable DHC-2 Beaver venu de Norvège, un périple mouvementé, bien équipé de son moteur à pistons d’origine. Dans le panthéon des avions sympathiques, qui ont su se rendre indispensables dans les régions les plus difficiles, le Beaver tient une place de choix. C’est une des raisons qui explique aussi sa présence sur l’affiche de l’évènement et ça n’est que bien mérité !

Un Beaver rutilant sous le soleil, comment ne pas être fan ?!

L’amerrissage sur un flotteur est une technique habituelle pour assurer une manœuvre propre et sûre.

Des lignes simples, pas forcément les plus élégantes ; mais le « bush plane spirit » coule à flot dans toutes ses durites !

Bien sûr, ces avions ne sont pas des Warbirds rutilants, tout auréolés d’exploits guerriers mais les vrais connaisseurs savent que ces appareils ont écrit des pages entières du grand livre de l’histoire de l’aviation, pas forcément les plus connues, mais pas les plus laides. Ce sont des avions qu’on croise rarement en meeting, qui ne font pas frissonner les spotters, mais les aspirants pilotes et les amateurs d’aviation légère s’en délectent.

L’Apache Roll, inspirée par la Patrouille Breitling, fait partie des figures les plus photogéniques de la PAF depuis quelques années.

L’organisateur du rassemblement en était sans doute conscient, c’est pour cela que le meeting aérien a comporté quelques machines plus attractives pour le grand public.

Parmi ces vedettes figurait la Patrouille de France. La zone du meeting n’étant pas forcément très étendue, nous nous sommes retrouvés lors des répétitions et de leur présentation officielle du samedi à côté du « point central » où se trouvaient le reste de l’équipe de la PAF et son caméraman dont le travail permet une analyse après coup de la qualité du vol du jour. Ils disposaient d’un retour des communications radio du leader ce qui nous a permis de suivre la démonstration en direct avec la patrouille. Honnêtement, ça vaut largement le commentaire officiel !

Leur exhibition s’est déroulée d’ailleurs en milieu de programme ce qui a eu l’avantage d’éclaircir quelque peu les rangs des spectateurs et de faciliter ainsi la sortie du site pour ceux pour lesquels un meeting aérien ne se résume pas qu’à la démo des Alpha Jet bleus blancs et rouges. D’ailleurs, cette programmation permet sans doute à la boutique officielle de la PAF de booster son chiffre d’affaire pendant le reste de l’après-midi.

Qu’on ne s’y trompe pas, tenir ce genre de formation, c’est du très grand art !

On sait que la prestigieuse formation a connu un changement de Leader en plein hiver obligeant celui de 2012, alors directeur des équipes de présentation de l’armée de l’Air à reprendre le poste au pied levé. On aurait pu craindre que le programme en souffre. Il n’en est rien puisque la démonstration 2018 est bien rythmée avec quelques innovations dont une nouvelle figure et finalement très agréable à suivre.

Un des deux Rafale M de la 17F en pleine remise de gaz !

Histoire d’en mettre plein la vue aux spectateurs, rien de mieux qu’un chasseur moderne. La Flottille 17F de Landivisiau, qui a échangé ses Super Etendard pour des Rafale il y a deux ans, possède des liens particuliers avec la cité de Biscarrosse, marraine de l’unité depuis 2013. Elle était donc présente avec deux de ses avions pour une démonstration tactique impressionnante et bruyante à souhait. Moins fluide que la démo à quatre Rafale présentée à la Ferté-Alais, les deux « Glorieux » n’en ont pas moins présenté leurs avions de façon vraiment spectaculaire..

Avions de voltige, hélicoptères et autogire complétaient le programme, avec parmi les pilotes quelques noms prestigieux. Il ne manquait juste que la Sécurité Civile, mais aucun des avions nîmois n’est apparu sur les meetings aériens du printemps, même pas pour les 40 ans de l’UIISC1 à Nogent le Rotrou ce même weekend.

Mais les vedettes de ce rassemblement étaient trois et, à elles seules, méritaient clairement le déplacement.

A tout seigneur tout honneur et au pays des hydravions et des amphibies, le vénérable Catalina se devait d’être présent. Cette année, c’est « Princesse des Etoiles » qui est venue tremper sa coque dans le lac de Biscarrosse.

« Princesse des Etoiles » dans un de ses nombreux éléments !!

Si il est assez courant de voir un PBY en vol, l’avion basé à Melun ou son confrère britannique étant très souvent sollicité par les organisateurs de meeting français (et s’en plaindre serait incompréhensible) il faut bien avouer que le voir dans l’eau est absolument magique. Et en vol, c’est toujours d’une élégance sublime !

En courte finale sur le plan d’eau de Biscarrosse.

Mais alors qu’on pouvait imaginer le N9767 être la grande vedette du show, il s’est fait ravir le titre par un jeunot né après-guerre !

Grumman Albatross surpris en flagrant délit de vol de vedette à un Catalina lors d’un meeting aérien.

Venu spécialement du Nevada où il est désormais basé après avoir passé beaucoup de temps à Santa-Rosa en Californie, le Grumman Albatross N7025N, également annoncé sur l’affiche du rassemblement, a été la vraie grande star de cette édition.

– T’as déjà vu « Always » de Spielberg ? – Non, pourquoi ? – Pour rien, pour rien…

Édition d’autant plus sous le signe de l’hydravion Grumman qu’un autre exemplaire, récupéré en Italie dans un état de délabrement avancé et restauré, a été inauguré pour l’occasion en exposition statique à l’entrée du musée de l’hydraviation à quelques mètres du site du meeting.

L’autre Grumman Albatross, sauvé et restauré au statique par le musée de l’Hydraviation.

Deux Albatross ! Même si cet avion n’a que des liens très ténus avec l’histoire de l’hydraviation de notre pays, il n’en était pas moins un grand témoin du temps où ces appareils étaient les rois des cieux.

Pas le plus beau des hydro, mais un avion à l’allure unique et à l’histoire chargée.

L’Albatross a assuré une démonstration en vol quotidienne mais pour que le spectacle soit vraiment complet, c’est bien depuis son mouillage devant la foule qu’il prenait son envol. Et pour parachever le spectacle, c’est en patrouille serrée avec le C-47 de Chalair qu’il terminait sa présentation. Deux très grandes légendes de l’aviation volant de concert… juste splendide ! Et quel bruit !! C’était juste magique !

Passage en formation pour deux merveilles de l’aviation !

C’est un autre hydravion qui a clôt l’après-midi.

Fort de l’annonce de sa future remotorisation par le réacteur SaM 146 de Safran et NPO Saturn, le Beriev 200 est brutalement revenu sur le devant de la scène. Il n’avait plus été vu en France depuis l’été 2011 lorsqu’il avait été longuement évalué par les pilotes de la Sécurité Civile française qui l’avaient, cependant, trouvé prometteur mais perclus de défauts lui rendant sans doute difficile de prétendre succéder aux CL-415 en service depuis un peu plus d’une vingtaine d’années désormais.

Ecopage du Beriev 200, à bonne distance du public.

Cette remotorisation, qui ne règlera sans doute pas tous les problèmes décelés, offre à l’appareil le soutien d’importants groupes aéronautiques européens, ce qui n’est pas anodin, du tout ! Néanmoins, le retard pris dans ce programme pourra-t-il être rattrapé ?

Largage depuis le bombardier d’eau Russe. Sa charge maximale est de 12 000 litres mais se fait au détriment de son autonomie.

Il y a fort à parier que l’avion sera à nouveau présenté en France, en particulier lors du prochain salon du Bourget. On ne pourra que lui souhaiter de faire une démonstration en vol un peu plus proche du public même si l’équipage a daigné s’approcher un peu plus du rivage lors des exhibitions du samedi et du dimanche.

Le Beriev surpris en finale à Bordeaux, au retour de sa dernière démonstration à Biscarrosse.

Biscarrosse demeure donc le haut-lieu de l’hydraviation française. Celle-ci est toujours bien vivante, notamment grâce aux bombardiers d’eau de la Sécurité Civile mais son usage récréatif demeure quand même très bridé, alors même que les endroits où la pratiquer en toute tranquillité ne manquent pas.

Le Cessna R-172K I-DROV, qui n’a pas volé au cours du rassemblement, provennait de l’aéro-club de Côme, autre grand lieu de l’hydraviation européenne. Il a malheureusement été accidenté après un atterrissage forcé le dimanche 10 dans les collines au nord de Carcassonne.

Le Rassemblement de 2018 a été une réussite indéniable et nous ne pouvons que souhaiter aux équipes qui ont repris son organisation de parvenir à le rendre encore plus vaste. On se met à rêver d’un plateau encore plus ambitieux et d’une météo encore plus clémente pour 2020 ! Le rendez-vous est pris !

Ferté-Alais, le temps des hélices 2018

« En v’là du chrome, en v’là, et c’est du beau croyez moi…  » On était pas loin de chanter ça en redescendant du plateau de l’Ardenet, le visage empourpré d’avoir bien pris le soleil et les yeux encore marqués par la lumière très forte, et surtout magnifiquement reflétée par certains avions du plateau – mais nous y reviendrons – lors de ce premier jour du Temps des Hélices 2018.

Petit point météo pour débuter et pour ceux qui n’étaient pas là : les nuages, si présents l’an passé, ne sont pas venus du tout ! Et pour autant, la température extérieure n’avait rien de caniculaire, ce qui a fait de cette édition l’une des plus agréable à suivre, tout juste rafraîchie par un vent léger qui n’a pas empêché les plus vieilles machines de prendre leur envol. A ce titre, la situation était parfaite !

Avec les grèves de la SNCF et l’incertitude autour du trafic ferroviaire, sachant qu’au départ de Paris le rythme des trains à destination de la gare de la Ferté n’est déjà que d’un par heure, nous avons fait le choix de venir en automobile et sans partir aux aurores, avec une arrivée vers 9h sur le site, la situation routière n’avait rien de difficile. C’est la clé pour profiter au mieux du meeting de la Ferté-Alais, arriver tôt, partir tard…

Quelques jours avant l’évènement, l’annonce de l’annulation du passage de l’Airbus A340 de la nouvelle compagnie JOON a été un peu décevante mais le reste du programme établi avait de quoi motiver les passionnés.

La matinée a été consacrée aux baptêmes de l’air en T-6, en Junkers ou en T-28 pendant que les « vrais » allaient fouiller les étals des librairies présentes à la recherche d’une très bonne affaire ! (et il y en avait effectivement quelques unes !)

Deux Junkers 52. A force, on finirait presque par s’y habituer…

Pour l’ouverture du show, comme pour une inauguration officielle, il faut couper le ruban rouge. Ce ruban rouge était interminable, accroché à la queue d’un Stearman tout aussi rubicond piloté par Hugues Duval. Difficile à photographier, mais voilà un nouveau tableau qui devrait durer et s’imposer dans les éditions à venir.

Autre nouveauté, ce jet minuscule, un BD-5 destiné à recevoir un moteur à hélice mais modifié pour recevoir un réacteur Microturbo, se différenciant ainsi du BD-5J dont il est, quelque part, une émanation, a fait une courte démonstration.

Sa taille donne l’impression qu’il pourrait prendre un Rafale à la course… et pourtant c’est loin d’être le cas !

Ce CJ-01 Minijet, à l’autonomie limitée, gratifia la foule de quelques passages que sa petite taille a rendu difficile à immortaliser.

Le tableau du temps des As a été enrichi cette année par la présence de plusieurs répliques venues de Grande Bretagne, relevant du Great War Team et dont une  appartient à Bruce Dickinson, chanteur du groupe de heavy metal Iron Maiden et dont l’amour immodéré de l’aviation et du pilotage est désormais bien connu. Bruce n’était pas, semble-t-il, présent en personne à la Ferté, c’est dommage on lui aurait bien demandé une p’tite chanson, la sonorisation du site semblant bien avoir été réglée comme pour un live d’Aces High !

Duel de triplans en plein ciel de la Ferté.

Ces répliques comptaient plusieurs Fokker Triplan et un Hannover CL1. Si en vol le spectacle était parfait, au sol, la taille réduite de ces répliques volantes était clairement évidente.

Le Hannover CL-1 dont la taille réduite est sensible sur cette photo.

A côté de ces avions ont évolué le SPAD, le Bristol Fighter des « Casques de Cuir », un Sopwith Triplane et le Fokker Triplan, celui-là à la taille réelle pour le tableau habituel du temps des as, indispensable, surtout en cette année de commémoration du centenaire de l’Armistice.

Décollage du SPAD XIII, plutôt fringant pour ses 101 ans !

Profitant que le SPAD soit en vol, il a été rejoint par le Rafale du Solo Display de l’armée de l’Air décoré, cette année, de noir avec des parements rouges. La différence de vitesse entre l’un et l’autre n’a pas permis de faire un vrai passage en formation des deux avions.

Un authentique SPAD de 1917 partageant le ciel avec un authentique Rafale de 2018. La photo n’est pas extraordinaire, mais le siècle d’aviation de chasse qui vient de s’écouler est bien résumé ici !

Ensuite « Babouc », le nouveau pilote du RSD a enchaîné avec sa démo. Celle-ci est propre mais sans grand changement comparée à celle de ses prédécesseurs, donc sans vraiment de surprise.

Après le saut des parachutistes du RAID, décollèrent alors les premiers warbirds. Si le P-51D est un habitué du site, sa démonstration en vol ne permet que d’immortaliser son ventre, alors que le Sea Fury T.20 biplace s’est simplement contenté de passages pleins badin, rapides, offrant ainsi au public la pure beauté « relative » de son engin et son bruit faramineux ! Un régal !

Une aile vers le public, passage à l’anglaise pour un warbird anglais typique !

A noter que depuis cet hiver, ce T.20 de la Fighter Collection a abandonné son original mais capricieux moteur Centaurus pour un très classique R.2800. Ce qui est perdu en authenticité est gagné en fiabilité, comme sur pratiquement tous les Sea Fury en état de vol dans le monde, dont celui de Christophe Jacquard, également présent sur le meeting et qui a encore ébahi tout le monde avec ses superbes fumigènes persistants.

Le Spitfire Mk XIV de la famille Grace porte les couleurs de l’avion de l’as britannique Johnny Johnson, 38 victoires.

Tracté par son puissant moteur Griffon, le Spitfire Mk XIV G-SPIT a ensuit pris l’air accompagné par un Buchon, un Messerschmitt 109 construit en Espagne et doté d’un moteur Merlin, biplace. On raconte que cet avion, qui fit de la figuration dans le célèbre film « La Bataille d’Angleterre », permit alors à Adolf Galland, 104 victoires aériennes, de faire voler en place arrière un autre conseiller technique du film, Robert Standford Tuck, as de la RAF aux 29 victoires, ennemi d’hier devenu ami. Rien que pour cette anecdote savoureuse, cet avion, sinon abominablement laid, méritait d’être présent au Temps des Hélices et d’y être revu de temps en temps !

Ce Buchon biplace, unique au monde, a une valeur estimée à 6 millions de livres sterling. Il est à vendre. Avis aux amateurs.

Ce fut ensuite le temps du Tora Tora Tora, mené cette fois avec douze T-6 et dérivés et toujours aussi spectaculaire, tandis que plus bas, le N3N, un Stearman et le P-40 incarnaient l’aviation américaine surprise par la soudaine attaque japonaise.

Un T-6 à la décoration improbable décolle pour prendre part à l’attaque simulée de Pearl Harbor.

12 T-6 et autres SNJ a quelques secondes de fondre sur la piste de la Ferté. On ne s’en lasse pas !

Fin du tableau, salut des équipages. La tenue du parqueur n’est peut-être pas réglementaire, mais on est censé être à Hawaii, non ?!

Mais le Warbird qui retint tout l’attention du public, c’est lui. C’est vrai que dans le monde des avions de collection musclés, certains ont leur propre légende. Il y a le Spitfire, le Mustang mais il y a aussi le Corsair. Ce F4U-5NL est présent à la Ferté depuis une bonne trentaine d’années mais n’avait plus volé depuis 16 ans. Après une grande visite et une restauration en profondeur, il a revolé pour la première fois la semaine précédant le meeting et c’est avec beaucoup de prudence et une grosse dose d’enthousiasme qu’il a évolué devant nous pour la première fois en meeting.

Le F4U-5NL au décollage. Il devrait bientôt retrouver son radar et son bidon de carburant pour retrouver sa configuration originale.

Le Corsair est un mythe à lui seul, porté par son look, son histoire et la télévision… Son retour sur scène après une si longue attente a été unanimement salué ! Et, soyons honnêtes… quel plaisir !!

Présenté sous son plus bel angle par Baptise Salis, le vol du Corsair a été un des grands moments de cette édition 2018.

Et profitant que le Corsair soit en l’air, et bien que l’avion n’est ni un F4U-7 ni un AU-1, les deux versions utilisées par l’Aéronautique Navale française jusque dans les années 60, la Marine s’est alignée et a défilé autour de lui. Quatre Rafale M, un Falcon 10, rarement observé en Meeting, un Paris, deux Alcyon ont alors tenu la formation serrée. Un Breguet Atlantique avait ouvert le bal !

Quatre Rafale, un Falcon 10 et un MS 760 Paris encadrant le Corsair… Splendide !

Les Rafale ont ensuite exécuté une splendide démonstration tactique, très impressionnante mais difficile à photographier. Le commandant de la Flottille 12F se trouvait aux commandes du Rafale 05 dont la dérive est décorée en commémoration du 70e anniversaire de son unité. Dommage qu’il ne fut employé que pour les passages rapides ; immortaliser cette jolie décoration ne fut donc pas très facile !

Créée il y a 70 ans, la 12F a successivement volé sur Seafire, Hellcat, Corsair, Crusader et Rafale… 100% avions de légende !

Un bémol doit être apporté concernant le commentaire assuré par la Marine, lequel fut particulièrement condescendant envers l’aviation légère de loisir et les aéroclubs au point d’en agacer sérieusement certains pilotes qui savent à quel point ces filières civiles ont alimentés les forces de candidats crédibles et motivés. Il s’agit là d’une vrai faute de communication.

Un autre grand, très grand moment, est survenu peu après. Le Transall du Poitou, escadron dédié aux opérations spéciale, a enfin pu procéder à un poser d’assaut sur la piste de Cerny, après deux annulations, en 2016 et 2017 pour cause de piste détrempée. Si l’atterrissage ne se fit pas avec une forte pente comme c’est l’usage sur les zones sensibles, « Pollux » montra ensuite qu’il était capable de n’utiliser que la moitié de la piste pour s’arrêter, sa largeur pour faire demi-tour, et à peu près la même moitié de piste pour s’envoler, tout ça en une poignée de minute. Bluffant !

Faire une bonne démonstration, c’est aussi, parfois, faire avec l’avion ce qu’il fait dans ses missions habituelles. Simple… et terriblement efficace !

« Pollux » posé sur la piste de la Ferté, trois ans qu’on attendait ça !

On adorerait voir la même chose avec un C-130 ou, mieux, avec un A400M !

On sait le Transall en fin de parcours, mais à voir les réactions dans le public ou sur les réseaux sociaux, le jour où le dernier Transall fera son dernier tour de piste, les larmes seront nombreuses chez ceux qui ont usé leurs combinaisons de vol dans son cockpit, ou même sa soute, tant cet appareil s’est montré un outil incroyable pour des missions aussi variées que souvent vitales ! La présence d’un Transall au « Temps des Hélices », dédié aux avions de légende, n’est que pure logique !

Quelques minutes plus tard, après avoir remonté la piste, le Transall est prêt à repartir aussi simplement que s’il s’était posé sur la longue piste en dur d’Evreux… ou une piste en latérite en Afrique !

Nous n’en avions pas fini avec le côté militaire de la chose puisque le Bronco de Montélimar, le Cessna Skymaster aux couleurs de la force aérienne du Sud Vietnam, un T-28 et deux Skyraider nous ont évoqué le conflit qui s’est déroulé dans le sud-est asiatique il y a 50 ans.

Un autre T-28 en France. Malheureusement, Manuel Ramos n’est plus là pour présenter son T-28 bleu.

Le Bronco immatriculé dans la Drôme (notez le 26 sur le nez) en full reverse, très utile pour virer les herbes sèches après le passage de la tondeuse !

Une Gazelle de l’ALAT a effectué ensuite une jolie démonstration de sa manœuvrabilité et de l’efficacité de son camouflage pendant que Bernard Chabbert nous contais la vie de Mme Le Général Valérie André, pionnière de l’hélicoptère militaire et première femme général dans l’armée de l’air. Dommage d’avoir oublié d’expliquer que la Gazelle célèbre cette année les 50 ans de l’envol de son prototype et que sa présence était clairement liée à cet anniversaire !

Une Gazelle en translation latérale. On a du mal à croire qu’en volant sur le côté cet hélico puisse aller si vite !

Si la démo du RSD nous a un peu laissé sur notre faim (mais il semblerait que le pilote ne soit pas allé au bout de sa routine pour se garder des réserves de carburant suffisantes pour rentrer à Orléans, ayant subi un temps d’attente avant sa démo plus long que prévu), l’autre chasseur moderne à venir égayer le ciel nous avait fait faux bond l’an passé. Mais en 2018, le F/A-18 Hornet suisse était là et bien là.

Il est arrivé en patrouille très serrée avec le D-3801, version helvétique du Morane-Saulnier 406 puis a enchaîné avec une démonstration splendide et impressionnante avec des manœuvres clairement inhabituelles. Je n’avais plus vu le solo Suisse depuis l’Axalp 2012, ce fut une très belle redécouverte !

Envoyer du bois… l’expression n’est peut-être pas très helvétique mais elle résume bien le show du Hornet de l’aviation Suisse !

Le D-3801, dernier survivant d’une grande famille de chasseurs qui dû affronter, avec ses lacunes, les combats de mai et juin 1940.

Le Morane Saulnier a aussi fait un show très propre où ses nouvelles couleurs, il a longtemps volé aux couleurs d’un chasseur français, ont été brillamment mise en valeur.

Pas de Ferté sans Wingwalker ! Cette année, c’est un couple d’italiens venus avec leur Stearman qui a régalé les nombreux spectateurs avec un spectacle bien rodé et où l’acrobate du ciel, madame, ne fait pas que se poster sur l’aile supérieure, mais va aussi s’accrocher aux haubans entre les ailes. Une belle démonstration soulignée par des fumigènes persistants.

Le prix de l’avion le plus « girlie » du plateau est décerné à….

Un avion rose, ça change un peu, et agréablement, des schémas de camouflage !

Ce qui fait la force de la Ferté-Alais, c’est de présenter un échantillonnage hétéroclite d’avions d’une extrême variété, aussi bien pour les pionniers de l’aviation, des aviations militaires de toutes les époques, mais aussi de l’aviation légère. En ce qui concerne les années 30, nous avons été gâtés, comme souvent.

En premier lieu, c’est un Bellanca Cruiser, un avion particulièrement rare en Europe, qui a retenu notre attention. Avec son empennage qui n’est pas sans rappeler celui du très élégant Lockheed Constellation, cet avion de grand tourisme possède une allure unique.

Nouvellement arrivé en France, ce Stinson Reliant porte à deux le nombre d’exemplaire du type volant dans notre pays, les deux étant présentés en vol lors du meeting. Personne ne s’en plaindra, vraiment !

Et puis, il y avait ce premier DC-3, celui du PDG de la compagnie aérienne Chalair, peint en alu mat et porteur des couleurs de la compagnie, laquelle exploite des Beechcraft 1900D, des avions beaucoup moins élégants que ce bon vieux Douglas.

Mmm, ce DC-3 vient de me faire un clin d’œil, non ? Y’aurait moyen ?

Vint ensuite le temps du « chrome ». Il était un temps où les avions étaient métal nu et polis à l’extrême. Exigeante en huile de coude pour rester agréable à l’oeil, cette tradition a été bien évidement remplacée par des schémas de peinture plus rationnels surtout dans le cadre d’une exploitation commerciale. A la Ferté, pourtant, il nous a été donné l’opportunité de voir à nouveau une belle collection d’avion « nickel chrome » à s’en faire péter la rétine !

Le Lockheed Electral F-AZLL, à l’histoire riche et chargée, ne pouvait ne pas être de la fête.

Le Lockheed Electra de la famille Chabbert, toujours aussi plaisant à voir

Le DC-3 helvétique portait également un revêtement aussi net qu’un miroir !

Suisse et rutilant… Ce DC-3 est un pléonasme volant !

Trois Beech 18, également venus de Suisse (décidément ce meeting avait vraiment l’accent des bords du Lac Léman) l’accompagnaient. En fin de démonstration, l’un d’eux faillit se poser train rentré mais l’équipage fit une splendide remise de gaz et s’éloigna le temps de faire les vérifications d’usage puis revint se poser comme si de rien n’était. Tous trois étaient également chromés.

Retour sur le plancher des vaches après sans doute une petite frayeur pour son équipage.

Nouvellement arrivé dans notre pays, le Spartan Executive, un avion rare et méconnu (sauf par les amateurs de Flight Simulator qui profitent depuis des années du freeware modélisé par Milton Schupe) faisait ici une de ses toutes premières apparitions publiques.

Élégant, racé, d’une allure moderne pour un avion d’avant-guerre, le Spartan est décidément une espèce à part.

Non, l’intrados n’est pas peint d’une couleur bizarre, c’est juste qu’il est chromé comme un miroir et qu’il reflète simplement… la couleur de l’herbe de la piste de la Ferté !

Plein les yeux, on en a pris plein les yeux !

Le programme du samedi fut conclut d’une très jolie manière par la patrouille Breitling, enfin de retour de ses longs périples en Asie et en Amérique. Un conseil aux photographes, suivez bien son éclatement final, il y a désormais une jolie surprise !

Il y avait tant d’autres avions à admirer ce weekend de Pentecôte, plus d’une centaine au total, qu’on peut oublier facilement la légère augmentation du prix du billet d’entrée, passé de 25 à 28 €, essentiellement en raison de l’explosion des coûts sécuritaires, dont le budget est désormais bien supérieur à celui du plateau. Quel drôle de monde pas drôle nous connaissons désormais !

Le programme du dimanche a comporté quelques légères différences avec celui du samedi que nous venons de relater succinctement, mais nous ne l’avons pas vu, l’appel de deux heures de vol en Cessna 152 fut le plus fort !

Mais vivement l’année prochaine toujours !

Le défilé aérien du 14 juillet 2017 à Paris

C’est un 14 juillet exceptionnel que la France a vécu, à plus d’un titre, entre Paris et Nice.

Dans le ciel, ce qui nous importe surtout, le spectacle a été présent avec en ouverture le passage inédit de la patrouille de démonstration de l’US Air Force, les Thunderbirds. Ils ont profité de leur présence à l’exceptionnel meeting aérien britannique Royal International Air Tattoo (1) sur la base de Fairford ce weekend, pour honorer à la fois les cérémonies française et rendre leur politesse à leurs confrères de la Patrouille de France, de retour d’une tournée triomphale de l’autre côté de l’Atlantique, dont l’objet principal était, aussi, d’honorer l’entrée en guerre des USA il y a tout juste un siècle, un moment important puisque le sort des armes et de la guerre des tranchées en a été notablement modifié.

C’est la Patrouille de France qui a ouvert, comme à l’accoutumée, le défilé aérien. Les avions portent toujours la livrée de leur tournée aux USA.

La délégation US arrive !

Venus directement d’Angleterre, les six F-16 – ils étaient 7 lors de la répétition, le F-16 biplace orbitant autour de la patrouille pour offrir les meilleurs perspectives au photographe sanglé en place arrière – étaient suivis par deux F-22 Raptor, le plus récent et le plus avancé des chasseurs de supériorité aérienne du monde occidental.

C’est également au complet que les Thunderbirds ont participé à la grande répétition du 11 juillet. Ils sont visibles au-dessus de la Grande Arche, en arrière des deux avions de la Patrouille de France.

D’une taille respectable et avec des formes encore futuristes, ces avions ont été la grande attraction du défilé. Les spotters parisiens se souviennent cependant que ce n’était pas la première fois qu’on voyait ce type d’appareil dans le ciel parisien puisque le 20 avril 2016, ce sont 4 F-22 qui ont défilé au-dessus du mémorial de l’Escadrille Lafayette situé dans le parc de St Cloud pour le centenaire de cette unité emblématique. (2)

Les 6 jets des Thunderbirds et leur appareils accompagnateur survolent Neuilly le 11 juillet à l’occasion de la répétition générale du défilé aérien.

Comme les Thunderbirds, ces deux chasseurs provenaient de la délégation US au RIAT. Ils étaient suivis, à quelques longueur d’un dispositif composé d’un C-135FR, d’un Mirage 2000D et d’un Rafale du Lafayette afin de symboliser la coopération opérationnelle qui existe entre les armées françaises et américaines et suivis une quinzaine de secondes plus tard de quatre Rafale, trois monoplaces et un biplace, de la 30e Escadre de Chasse basée à Mont de Marsan.

Quatre 2000D, la Lune et un piaf…

Un box de 4 Mirage 2000D de la base de Nancy est arrivé ensuite.

Bizarrement, j’ai eu l’impression que le navigateur du dernier « Diesel » me cherchait du regard. Cherchait-il à retrouver son titre de « nav le plus cool du monde » ?

Quatre Mirage 2000RDI de l’Escadron Ile de France et deux Alpha Jet du Côte d’Or les suivaient de près pour présenter les avions utilisés pour la transformation opérationnelle des pilotes de chasse français.

Alors que l’armée de l’Air n’a jamais compté autant d’avions à décorations spéciale dans ses rangs, le Boeing commémoratif des 56 000 heures de vol du type était le seul présenté lors du défilé.

Le box suivant était composé également de Mirage 2000 « bleus » mais des -5 des Cigognes. Ils accompagnaient un E-3F qui a laissé sa place, ensuite, à un nouveau C-135FR accompagné de Rafale B du Gascogne et, une nouvelle fois, de 2000N du La Fayette pour le tableau des Forces Aériennes Stratégiques.

Toujours acteur de la dissuasion française, les Mirage 2000N, ici accompagné de deux Rafale et d’un ravitailleur,  doivent être retirés du service en 2018. Était-ce leur dernier défilé parisien ?

Quatre Alpha Jet de l’École de Chasse de Tours ont ensuite survolé Paris. Leur successeur, le PC-21, arrive, le premier exemplaire destiné à l’armée de l’Air a fait son premier vol la semaine dernière.

C’était au tour de la Marine de suivre l’axe du défilé avec trois Rafale M précédant un E-2C Hawkeye, un Atlantique et un Falcon 50.

Le groupe aérien embarqué est maintenant passé au « tout-Rafale ». Il est complété, cependant, par les Hawkeye et les hélicoptères, et pas seulement pour entretenir la variété aéronautique sur le pont du Charles de Gaulle.

Après l’aviation de combat, c’était au tour de l’aviation de transport d’être mise en valeur. Cette année, deux A400M ont ouvert le bal, suivis par un Transall NG et deux Casa 295 puis un Falcon 2000. Il ne manquait peut-être juste qu’un C-130H, en attendant de voir, bientôt, défiler les nouveaux C-130J.

Deux A400M, une machine impressionnante à voir évoluer au-dessus de la Défense.

Avion discret, le Xingu est en service en France depuis tout juste 35 ans. Il est utilisé pour les vols de liaison mais c’est à son bord que les pilotes de transport français sont formés sur la base d’Avord, trois de ces appareils ont donc terminé la première partie du défilé aérien.

35 ans de service cette année pour les Xingu, le temps passe vite !

Les hélicoptères sont passés 45 minutes plus tard.

Le premier groupe était composé d’une Gazelle, d’un Tigre et d’un Caïman pour montrer les appareils utilisés pour la formation des navigants de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. Ils étaient suivis par deux Puma précédés d’une Gazelle. Ces trois appareils symbolisaient l’implication de l’Armée de Terre dans deux missions importantes ; la lutte anti-terroriste avec un Puma relevant du GIH, Groupement Interarmées d’Hélicoptères, destiné à soutenir le GIGN et le RAID, comme ce fut le cas lors des opérations de janvier 2015, et les deux autres appareils symbolisant le DIH, Détachement d’Intervention Héliporté. Ces deux hélicoptères sont mis, l’été, à disposition des équipes de la Sécurité Civile, dans le cadre de la mission Héphaïstos, c’est à dire l’implication des militaires dans la lutte contre les feux de forêt.

La lutte contre les feux de forêt et contre le terrorisme était incarnée par ces trois appareils de l’ALAT.

Suivirent les appareils des forces spéciales, Tigre HAP, Gazelle équipée, enfin, d’une mitrailleuse Gatling et un Cougar, d’un duo de Tigre HAP-HAD et d’une nouvelle Gazelle. Un Cougar et deux Caïman fermaient le dispositif de l’armée de Terre pour laisser la place ensuite aux voilures tournantes de la Marine et de l’Armée de l’Air.

Pour cette dernière, trois Fennec et deux Caracal symbolisaient les missions de protection du territoire, les premiers étant impliqués fortement dans les Mesures Actives de Sûreté Aérienne (MASA), et les seconds les interventions extérieures où les appareils du Pyrénées sont chargées, en particulier, des délicates et cruciales missions de sauvetage au combat (RESCO).

Quelque soit l’angle, le Caracal est un appareil impressionnant.

La Marine présentait un Caïman, un Panther et un Dauphin, suivis par trois appareils de la Gendarmerie, deux EC-135 et un EC-145 avant qu’un solitaire EC-145 Dragon ne viennent mettre un terme au défilé aérien 2017.

Le Dragon qui fermait le défilé était bien solitaire, mais même en été ces appareils sont très sollicités. Néanmoins c’est une photo qui peut être faite pratiquement chaque jour, les Dragon passant régulièrement au-dessus de la Défense lors de leurs missions habituelles.

63 avions ont donc participé au Défilé, auxquels ont peut ajouter un Alpha Jet qui a accompagné les Thunderbirds et les F-22 jusqu’à la Défense, sans doute au profit d’un photographe du SIRPA, ainsi que 29 hélicoptères. Une heure avant le défilé, un Epsilon a tourné autour de la Défense, un des avions impliqué dans les missions MASA. Au moins deux hélicoptères survolaient Paris pour la retransmission de l’évènement en direct à la télévision tandis qu’un Drone Patroller était chargé de la surveillance du secteur.

Le Patroller de Sagem, surpris lors de son vol de retour à l’issue de sa mission de surveillance.

Il fallait donc bien lever la tête ce 14 juillet, il y avait bien des choses à voir effectivement, comme chaque année, finalement.

 

 

(1) Meeting aérien annuel créé pour alimenter les fonds des œuvres de charité de la Royal Air Force et dont le plateau est toujours exceptionnel avec des avions arrivant du monde entier.

(2) note aux pinailleurs : oui, St Cloud n’est pas Paris, je sais !

 

Compiègne Aéro Classic 2017

A peine 48 heures après Florennes et son inoubliable Spotter Day, c’est un jeune meeting très proche de la région parisienne que nous avons découvert.

Le Compiègne Aéro Classic est né en 2013. Sa programmation, comme son nom l’indique, est résolument tournée vers les appareils méconnus, souvent civils, nés depuis la fin de la première guerre mondiale. Les « Classics », dans le vocabulaire habituel des passionnés, s’opposent effectivement aux « Warbirds », les avions de combat, essentiellement survivants de la seconde guerre mondiale. Cette orientation est liée directement à la présence sur le site du « Cercle des Machines Volantes », association de restauration d’avions anciens à l’origine de cette manifestation;

Pourtant, cette année, ce sont bien deux vétérans du grand conflit mondial qui se tenaient sur l’affiche, le thème du meeting étant de rendre hommage aux combattants de mai 1940. Si le Hawk 75 de The Fighter Collection de Sir Stephen Grey était bien présent, le Messerschmitt 109 avait déclaré forfait, comme le Morane-Saulnier 230, autre vedette annoncée du show, tous deux victimes de pépins techniques plus ou moins graves. Il a donc fallu faire sans.

Comme souvent sur les meetings aériens prévus sur deux jours, le premier, le samedi, est souvent le plus calme. Ce fut donc le cas aussi ici. Et, en tant que spectateur, on ne va pas s’en plaindre.

Pas de queue pour rentrer sur le parking. Pas de queue pour monter dans la navette non plus. A vrai dire, c’est son chauffeur qui nous a d’emblée proposé ses services alors que nous étions prêts à franchir à pieds les 500 mètres séparant le parking de l’entrée du meeting. Pas de queue au point de sécurité, pas de queue pour acheter les billets d’entrée (10 €, un prix tout à fait raisonnable). Pas de queue non plus, un peu plus tard, pour acheter un sandwich saucisse… Du point de vue de l’organisation, ça devait être un constat plus amer, mais on peut imaginer une scène tout à fait différente le lendemain.

Le site du meeting. En jaune les espaces pour le public autour des avions en statique, en gris une zone « de transit » où étaient exposés des véhicules militaires anciens et quelques magasins, en bleu, les deux ou trois stands VIP et en rouge, la zone publique nord ouverte juste à l’ouverture du meeting dès lors que l’usage du taxiway n’était plus requise.

Pour réussir un bon meeting aérien, il faut un certain nombre d’ingrédients. Une bonne organisation, rodée et amicale n’est pas inutile, une météo clémente aussi. Un plateau sympa est essentiel. Un plateau sympa n’est pas forcément synonyme de nombre. Un alignement au statique de 75 F-16, ça ne fait rêver personne. Il faut de la variété et si possible des machines rares. Entre le plateau statique et le plateau dynamique, environ une trentaine d’avions attendaient les spectateurs. Certaines étaient vraiment rares et peu courantes en meeting aérien.

Dès le début des démonstrations en vol, les équipes de bénévoles déplacent les barrières longeant le taxiway pour ouvrir la partie nord de la pelouse aux spectateurs. Quel plaisir alors de s’installer librement, sans être agglutinés et compressés, ni subir la présence de spotters hollandais et leurs immenses échelles. Le bonheur en dépit de l’exposition à contre-jour du show, le long de la piste 05-23, laquelle a été utilisée dans les deux sens en fonction du vent changeant de l’après-midi.

Captain’speaking ? Pendant que la foule a le nez en l’air, le commentateur vérifie ses check-lists.

Le commentaire était assuré, avec parfois des accents clairement « chabbériens », par Ivan Hairon. Il peut aussi lui arriver de glisser des clins d’œil marqués aux copains croisés sur l’aérodrome, ce qui n’a pas manqué de faire rire les intéressés…

Le premier tableau aérien a impliqué deux répliques contemporaines, immatriculées au Luxembourg, de chasseurs de la première guerre mondiale, un Sopwith Pup et un Nieuport 28, afin de rendre hommage aux aviateurs de la Grande Guerre, en particulier Georges Guynemer qui a passé une longue partie de sa jeunesse à Compiègne.

Apparu en 1916, Le Sopwith Pup, adulé par ses pilotes, a été une très mauvaise surprise pour les aviateurs du Kaiser.

Délaissé, au profit du Spad, par l’aviation française, le Nieuport 28 a armé les premières escadrilles américaines en Europe qui ont su en tirer bon parti.

Après cette ouverture quelque peu guerrière, c’est un rare Potez 60 des années 30 qui a pris son envol. On parlait de « Classic » ? En voici donc un bel exemplaire. Le F-POSE est un des avions basé localement au sein du Cercle des Machines Volantes.

Le Potez 60 est représentatif de l’Aviation Populaire des années 30, l’époque où on incitait la jeunesse à voler. On aurait pu parler de période bénie si elle ne s’était terminée si tragiquement en mai 1940.

Le Potez laisse ensuite sa place à un Nord 1101 Noralpha. Après avoir produit des Messerschmitt 108 et 208 pendant l’occupation, l’entreprise des Mureaux poursuivit son activité en construisant des 208 dotés de moteurs Renault. Ces appareils furent utilisés par les armées françaises pour les missions de liaison, mais un certain nombre de ces machines trouvèrent aussi des applications civiles.

Le Nord F-GXMB, à la juste limite entre « warbird » et « classic » !

Un Bücker Jungmeister a ensuite enchaîné avec une démonstration de voltige classique avant de laisser sa place au plus classique des classiques, un SV4 Stampe. Une des vedettes du meeting s’est présentée ensuite. Construit par Morane-Saulnier en 1931 ce DH-60 Moth est de retour dans son pays d’origine.

Le DH-60 a connu son heure de gloire… au cinéma dans Out of Africa ! Notez la tenue du pilote, tout à fait dans l’esprit de l’époque.

Sans doute la révélation du jour. Qui avait déjà entendu parler du constructeur aéronautique Tipsy et de son Trainer de 1937 ? 42 exemplaires construits a partir de 1937, trois survivants en état de vol dont le OO-EOT. Avec un moteur de seulement 62 ch, il croise à 170 km/h et peut parcourir environ 700 km ! L’avion parfait pour aller boire un verre à Deauville un samedi ensoleillé !

Biplace côte à côte, torpedo, le Tipsy a une allure vraiment séduisante.

Avec son allure étrange le Percival Mew Gull ne manque pas d’attirer les regards. Avion de course britannique apparu en 1934, cet appareil établit un record de vitesse à plus de 420 km/h. Le G-HEKL est une réplique du 3e appareil de ce type construit, qui fut détruit par un bombardement allemand au début de la guerre.

Le talent des aérodynamiciens britannique des années 30 est particulièrement mis en valeur sur le Mew Gull. Il n’en garde pas moins une allure un peu étrange.

Après la présentation en vol d’un T-6 et d’un Pilatus P2, ce fut au tour d’un des plus élégants appareils de la création de prendre l’air. Le Beechcraft Staggerwing était, lors de son apparition, plus rapide que les avions de chasse alors en service. Comme le Beech 18 ou le Lockheed Electra, il est emblématique de ces avions des années 30 qui ne se démodent pas et qui continuent de faire rêver les passionnés.

Non, le Staggerwing n’est ni un avion de chasse ni un avion de course. Il était juste le précurseur des avions d’affaires d’aujourd’hui.

Le Ryan présent à la Ferté-Alais était là aussi. Il a toujours cette allure aussi étrange !

Pas de clim à bord, qu’à cela ne tienne, voler la verrière entr’ouverte, ça peut aider à supporter la chaleur !

Deux appareils de voltige classique ont ensuite enchaîné, le biplan Pitts dans un premier temps, suivi par un Yak 50.

Yak 50, voltigeur monoplace.

C’est donc au Curtiss H.75 qu’est revenu l’honneur de clore la première journée du meeting. Si on se souvient des MS 406 et Dewoitine 520 de la Bataille de France, il ne faut pas oublier qu’en termes de victoires aériennes, ce sont les H.75, achetés en urgence aux USA en 1938, qui ont obtenu le palmarès le plus important avec environ 200 avions allemands abattus.

Quel est le prix pour être propriétaire d’un avion rare et historique ? Quelques millions d’Euros sans doute !

Son propriétaire ne s’en cache pas, cet avion est à vendre. Et il serait souhaitable qu’il puisse rester en France eu égard ses états de service dans notre pays, et le peu de représentants encore en état de vol de cette période… Mais le prix demandé est directement en relation avec cette rareté.

Parce que c’est un avion rare, précieux et qu’il n’est pas un avion de voltige, le Curtiss a été présenté en vol de façon rationnelle en multipliant les passages publics, souvent avec un bon badin. Il n’était pas question de prouver que son pilote était apte à la voltige premier cycle, ce dont personne ne doute, mais bien de montrer l’avion dans son véritable élément. C’est une démarche, très appréciée, qui a été adoptée pour plusieurs démonstrations de l’après-midi,

Depuis une bonne dizaine d’années, le H.75 apparait sur les meetings français avec toujours le même succès, pourvu que ça dure.

Après les démonstrations en vol, quelques avions ont ensuite pris l’air, un Stearman pour offrir à un heureux veinard un baptême de l’air les cheveux aux vents puis l’autre Staggerwing.

Un Staggerwing au décollage. Juste sublime.

Sur le parking, c’est un magnifique Piel Super Emeraude qui a taxié à son tour vers la piste.

La filiation avec le célèbre Cap 10 ne fait aucun doute quand on regarde un Super Emeraude. Certains exemplaires, comme celui-ci, sont également aptes à la voltige.

Enfin, un très rare NC 856, présent sur le statique, s’est envolé aussi. Sur cette ancienne base de l’ALAT, cet avion n’avait rien de hors sujet puisque c’est dans l’armée de terre qu’il fit une partie de sa carrière.

Un Norvigie au décollage à Compiègne. Une scène logique sur une ancienne base de l’ALAT.

La journée s’achève doucement. Quelques bancs permettent aux plus assoiffés de s’hydrater assis près de la buvette. Aucun bouchon à la sortie du meeting, Pas de file non plus à la sortie du parking. Que demander de mieux ?

Les évolutions d’un Pitts sont résolument spectaculaires, même lors de la prise de vitesse après le décollage.

Il est clair que les amateurs de métal hurlant ne vont pas considérer Compiègne comme une destination digne d’un déplacement, et c’est ce qui explique en partie la totale et heureuse absence de spotters à échelles. Néanmoins, les appareils présentés sont variés et certains, véritablement spectaculaires, proposent un spectacle que les profanes peuvent apprécier d’emblée. Les connaisseurs, les passionnés avertis, ont, eux, le plaisir de voir évoluer, avec une vraie proximité des équipages, des avions véritablement rares ; l’attrait de l’inédit, s’ajoutant à une atmosphère paisible et familiale, ont fait de ce samedi après-midi un moment très agréable.

Journée spotter à Florennes

Lors de manœuvres importantes, à la veille d’un grand meeting, plutôt que d’avoir à gérer une foule de curieux et de passionnés agrippés aux grilles de la base, les militaires ont fini par comprendre que c’était plus facile de les gérer directement à l’intérieur.

Dès lors, des journées « spotters » ont lieu ici et là, plus ou moins bien organisées en fonction de l’expérience des équipes en place ou de leur bonne volonté, et plus ou moins intéressantes en fonction des avions présents.

A l’occasion du Tactical Weapon Meet organisé chez le 1st Squadron « Stinger » sur la base de Florennes, au sud de la Belgique, alors même que se déroulait en France le « Tiger Meet » sur la base de Landivisiau, les spotters de toute l’Europe (enfin, environ 1500 d’entre eux, sans compter ceux qui ont préféré vivre cette journée « à l’ancienne » du mauvais côté des grillages de la base) se sont retrouvés très tôt au nord des installations le jeudi 15 juin dernier.

En jaune, l’enclos spotter. En rouge, l’ancien parking du TLP où les avions concernés par l’exercice étaient stationnés. (image : Google Earth)

Après avoir garé leurs véhicules sur une ancienne marguerite désormais en dehors de l’enceinte militaire, les passionnés et leur matériel ont été conduits par des navette sur leur « enclos » situé à l’intersection de la piste 08L-26R et du taxiway central.

Livraison d’un stock de spotters par un bus militaire après un périple d’environ 900 mètres !

Tout a été prévu pour leur confort : des toilettes mobiles et un food-truck. Les plus matinaux sont arrivés dès 6h et ont déjà déployés leurs échelles mobiles au ras des barrières, ce qui est typique du comportement décérébré de certains « passionnés ».

Des pseudos spotters et leurs échelles en première ligne. Brassens a écrit une très belle et très juste chanson : « le temps ne fait rien à l’affaire »

Néanmoins, une analyse du site nous pousse, mon comparse Cyril et moi, à nous positionner le long de la voie de roulage qui devrait être parfaitement exposée au moins une grande partie de la journée, si les avions passent bien par là comme nous l’espérons.

D’autres inquiétudes nous assaillent alors que de nombreux véhicules occupent l’endroit et nous laissent penser à un triste traquenard. Heureusement une fois le ballet des camionnettes et de l’antique bus de l’armée belge achevé, tout le monde s’écarte tandis qu’on entend derrière nous un premier réacteur se mettre en route. Cependant, c’est en 26R qu’arrive la première bonne surprise de la journée, un C-130E, tout fumant, de l’aviation militaire polonaise. Malheureusement il s’avère difficile à photographier, comme le sera celui de l’aviation militaire grecque plus tard dans la journée, en raison essentiellement des escabeaux des abrutis sus-cités.

Tout ceci ne présageait rien de très bon pour nous.

A 9h45, comme prévu, la première vague passe devant nous, deux Hawk T1 du Squadron 100 de la Royal Air Force dont, et ce n’est pas un hasard, l’avion qui a été spécialement, mais sobrement, décoré pour le 100e anniversaire de l’unité.

Hawk T1 du Squadron 100. Ces appareils servent de plastrons, de cibles, aux autres unités de la RAF… Mais les rôles s’inversent aussi souvent !

Au décollage, les avions de la RAF ne prennent de l’altitude que très graduellement, une méthode qui permet d’emmagasiner de la vitesse rapidement, mais qui pose des problèmes aux photographes en retrait dès lors que les têtes dépassent…

Se lever à 2h00 du mat pour ne faire que des photos de roulage, ça serait très très frustrant. Néanmoins la première vague composée des deux Hawk et de deux F-16 locaux, décolle. Ces appareils sont rapidement suivis par deux Typhoon espagnols, deux Typhoon italiens et deux MiG 29 polonais.

Passage devant les spotters, un petit coup de gaz pour montrer que le Fulcrum est aussi écologique que le Phantom !

Vers 10h30, un frisson a parcouru la foule. Alors que n’importe quel spectateur de meeting aérien français aurait été totalement chamboulé d’avoir vu décoller autant d’avions de chasse, il restait une sacrée cerise à mettre sur le gâteau. Ce n’était pas une surprise, ils étaient annoncés de longue date et c’est leur présence qui a fait toute l’affluence de ce spotter day. Deux F-4E Phantom de l’aviation militaire grecque se sont ébranlés et sont passés à quelques mètres devant nous. Instant dingue.

Deux F-4 Phantom au roulage. Une vision qui chamboule les passionnés d’aviation depuis bientôt 60 ans !

Tout ça pour deux avions… Certes, mais le Phantom n’est pas qu’un avion. C’est une des dernières grosses brutes encore vivantes. C’est gros, ça fume épouvantablement, ça fait un raffut à réveiller un mort, ça fait vibrer le ciel comme rien d’autre. Ce n’est pas un bel avion, mais il a « une putain de gueule »… Celle des vrais guerriers !

La littérature sur le monstre de Saint-Louis est abondante, il faut dire qu’entre le Vietnam, les guerres Israélo-arabes ou la guerre Iran-Irak et mêmes les opérations actuelles en Syrie, le Phantom a connu son lot de conflits ; sa propre légende est plus grande encore. Bien sûr, le crépuscule de sa carrière est bien entamé, les occasions d’en voir voler encore deux exemplaires parfaitement opérationnels peut tout à fait justifier de se lever au milieu de la nuit pour assister à un spotter day dans un pays étranger !

Il est possible, qu’à l’heure venue, les trompettes de l’apocalypse fassent moins de bruit qu’un F-4 au décollage !

Les voilà donc partis pour une mission d’entraînement dont nous ne sauront rien. C’est peut-être ce qui est bien dommage d’un tel spotter day, ne rien savoir, ne rien apprendre de l’exercice en cours. Un peu d’explications dans le dossier remis aux spotters n’aurait pas été de refus !

Mais nous étions là pour photographier les avions. Du coup, quand ce Cessna 172 a décollé sur la 08L, nous avons tous été surpris. Il appartient à l’Aéroclub Belgian Défense, il n’est donc pas tout à fait hors-sujet et au moins, je peux dire que j’ai aussi des heures de vol sur ce type d’appareil… ça en fait au moins deux sur cette journée !

Quoi ! Un Cessna pour un Spotter Day ! Quel scandale ! (oui, mais bon, avoir des photos de 172, ça peut aussi aider pour illustrer un billet de blog, on sait jamais !)

Nous en étions à ces considérations lorsque les premiers appareils ont fait leur retour. Ce sont les MiG qui sont rentrés les premiers et ont fait la démonstration qu’ils n’avaient rien à envier aux F-4 côté fumées ! Alors que les barrières de spotters nous laissaient craindre qu’il nous faudrait nous en tenir aux seuls roulages, les aviateurs polonais et belges qui suivaient de près ont engagé un festival de breaks, de remises de gaz et de passages bas au-dessus de la piste absolument enthousiasmant offrant donc aux photographes de bonnes opportunités pour des photos sympas !

Et tous les pilotes se sont pliés à l’exercice avec la bénédiction et les encouragements des contrôleurs. Que tout ceci était bon esprit !!

Le MiG 29 fume aussi. Une thématique pour l’exercice ?

Les locaux n’étaient d’ailleurs pas en reste !

Passage du F-16 commémoratif de l’escadron hôte de l’exercice. En 2017, le record du nom d’avions décorés en Europe a sans doute été pulvérisé !

Le problème, c’est que certains passages ont été très bas et avec les mecs sur leurs échelles, ça a été parfois un peu sportif, sans compter la vitesse et la chaleur…

Remise de gaz d’un MiG. Ces appareils portent les portraits de grands aviateurs polonais.

Un Typhoon espagnol dégage vers le haut.

Mais tout le monde attendait le retour des F-4.

Un qui fume, un qui fume pas… un de ces appareils a reçu un petit update de sa motorisation, pas difficile de deviner lequel !

Une fois posé, parachute frein sorti, les appareils ont fait comme leurs collègues et sont repassés devant les spotters. Parfait ! C’était parfait !

Le navigateur le plus cool du monde profite de sa gloire en s’immortalisant mitraillé par plus d’un millier de spotters venus rien que pour lui !

En attendant la deuxième vague dans l’après-midi, nos amis Belges avaient prévenu que des surprises étaient à prévoir. Effectivement, alors que certains faisaient la queue pour un Burger à 4€ et que d’autres dévoraient leurs sandwiches au jambon à l’os (directement arrivé en contrebande depuis Le Mans), de nouveaux venus sont arrivés participer à la fête. Deux SF-260 dont un revêtu d’une très seyante livrées grise, un Alpha Jet, un Agusta 109…

Le SF-260, avion voltigeur et voyageur aux lignes superbes !

Camouflage géométrique à base visibilité pour cet Alpha Jet belge.

Si le bruit avait couru que la nouvelle patrouille française des Couteau Delta sur Mirage 2000D pouvait arriver, ce sont deux autres 2000 qui ont fait leur apparition. Ils ne venaient pas de Nancy, mais de Luxeuil !

Le Mirage 2000-5F n°57 2-ET était accompagné par le 2000-5F n°43 2-EJ. Ce dernier a été revêtu d’une livrée inspirée par le SPAD de Georges Guynemer, héraut de l’armée de l’Air dont le centenaire de la disparition sera commémoré en septembre prochain. L’escadron de chasse 01-002 Cigogne organise également un « Stork Meet », un exercice qui rassemble les unité qui partagent cet oiseau sur leurs emblèmes. Ça vous rappelle le « Tiger Meet » ? Ça ne doit pas être un hasard !

Le « Vieux Charles » renait sur un Mirage 2000 un siècle plus tard. Superbe !

Et parce qu’il avait tout compris, le pilote a mis un point d’honneur à présenter son appareil de dos et de ventre !

Cette année, avec le centenaire de plusieurs escadrilles, le budget peinture de l’armée de l’Air a explosé. Possible qu’un holà soit mis l’an prochain ! En attendant, faisons chauffer les boîtiers !

D’autres invités surprises sont arrivés ensuite. Le F-16 des 75 ans du 349 Squadron de Kleine Brogel et celui de l’OCU de Beauvechain.

F-16B de l’OCU de Beauvechain décoré pour les 30 ans de l’unité.

La 349e escadrille, basée à Kleine Brogel, célèbre ses 75 ans cette année.

La Luftwaffe est même venue saluer l’évènement avec le Typhoon 30+90 de la JG71 qui nous a gratifié d’un passage, nous permettant d’admirer sa décoration hommage à Manfred von Richthofen.

Une patrouille Typhoon « Richthofen » – Mirage « Vieux Charles », ça aurait eu de la gueule !

La vague de l’après-midi fut bien moins dense. Elle était composée d’un premier box comprenant deux F-16 et deux Mig 29 et d’un second de deux Typhon espagnols et des deux Phantom grecs ! On se serait contenté de moins !

Là encore, si les départs ont été standards, les retours de missions ont à nouveau donné lieu à un festival de remise de gaz, de break et de passages bas sur la piste.

Deux Typhoon, deux F-4E Phantom, cette photo est à la limite de la décence !

Break vertical pour deux Typhoon espagnols.

Les passages des F-4 étaient plus sages, mais même en vol rectiligne, le Phantom reste impressionnant !

Sans commentaire !

Un dernier roulage, ça tombe bien, le taxiway commence à être à contre-jour.

Même si il fallait arriver tôt, même si les obstacles ne manquaient pas, grâce à une organisation hors paire, et surtout par la bonne volonté des organisateurs, des contrôleurs, des équipages et des équipes d’encadrement, ce spotter day a été une indiscutable réussite. Bien sûr, la seule présence des deux avions grecs pouvait justifier la venue des passionnés mais les invités surprises ont aussi rehaussé un plateau qui ne manquait vraiment déjà pas d’intérêt.

Un grand bravo donc à la 1ère Escadrille et à la base de Florennes !

 

 

Ferté-Alais, le temps des hélices 2017

Rendez-vous annuel des passionnés d’aviation et de meetings aériens trépidants, le 45e épisode de la saga du Temps des Hélices s’est, une fois encore, distingué par quelques nouveautés importantes dans le programme, des invités de marque et des tableaux spectaculaires.

Malheureusement la météo a été aussi particulièrement capricieuse. Si, en 2016, on avait eu assez froid sur le plateau de Cerny, une averse particulièrement drue a définitivement stoppé le spectacle samedi vers 17h00 privant les spectateurs du clou du spectacle. Heureusement, ceux-ci ont quand même pu profiter de la majeure partie du show alors même que les prévisions météorologique étaient bien plus pessimistes que cela.

Dimanche, le temps était plus clément, moins humide mais les nuages étaient encore bien nombreux et un peu soudés parfois. Néanmoins, le spectacle a eu lieu dans son intégralité et, parce que la Ferté, c’est la Ferté, des modifications substantielles au programme ont été faites et les spectateurs du dimanche n’ont pas eu à le regretter.

Il y avait quelques belles nouveautés à observer, même pour les habitués du plateau. La première d’entre-elle était d’importance bien que ne faisant pas vraiment partie du meeting aérien proprement dit.

Depuis de nombreuses années, les matinées du Temps des Hélices sont l’occasion de proposer de nombreux baptêmes de l’air sur des avions anciens. En attendant le début du spectacle proprement dit, vers 13h00, ces avions occupent la piste et améliorent aussi le chiffre d’affaires de l’opération. Si le Junkers 52 suisse était fidèle au poste, l’Antonov 2 a été remplacé par un rare De Havilland Dove qui fut l’avion de la renaissance de l’aviation commerciale britannique à la fin de la seconde guerre mondiale et dont il reste, aujourd’hui, encore, une poignée d’exemplaires en état de vol.

Le Dove, un look typiquement britannique, un charme suranné, un bon choix pour un meeting à la Ferté-Alais !

L’AVA (Aero Vintage Academy) proposait, de son côté, des baptêmes à bord de son tout nouvel appareil, le T-28 N14113, récemment arrivé dans l’Essonne. Pour 650 €, il était possible d’effectuer 20 minutes de vol en place arrière de cette machine exceptionnelle. Travel Air, Stearman et T-6 n’étaient pas en reste. Ce fut un succès, ces avions ont effectué d’innombrables rotations pour le grand plaisir de leurs passagers mais aussi des spectateurs à qui ils ont servi, en quelque sorte, d’apéritif aéronautique.

Le nouveau T-28 de l’AVA au décollage pour un vol forcément à sensations. Oui, l’atmosphère était déjà bien humide samedi matin.

L’invité vedette, le Gloster Gladiator de The Fighter Collection, en a profité pour faire un court vol d’essais. Malheureusement, victime un léger soucis technique, l’avion a été mis à l’abri dans le hangar du B-17 et deux mécaniciens anglais ont passé le weekend a travailler sur cette mécanique précieuse et l’appareil n’a pas pu être présenté en vol.

Décollage du Gladiator pour son seul vol du weekend.

La suite du programme était constitué de tableaux auxquels ont est habitués mais dont on ne se lasse pas, comme celui du temps des As, occasion unique de voir évoluer l’extraordinaire et authentique SPAD XIII qui fête son centenaire cette année.

Edmond Salis décolle à bord d’un avion désormais centenaire. Le SPAD n’a malheureusement pas volé le dimanche.

De leur côté, les avions des pionniers ont assuré leurs démonstrations toujours surprenantes.

Cette réplique d’un Deperdussin de 1912 a été construite par Gilles Alexandre, disparu tragiquement depuis, ce qui explique la façon dont son nom apparaît sur le fuselage.

Quand les ancêtres se prennent pour la Patrouille de France !

Hommage à Adrienne Bolland ou simple coïncidence, mais le Caudron G3 était piloté, cette année, par une femme. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est une machine qui nécessite de grandes qualités de pilotage pour être maîtrisé.

En poursuivant l’histoire de l’aéronautique, l’aviation légère des années 30 a été évoquée par le Laird 300 qui faisait sa deuxième apparition à la Ferté, mais surtout par un biplace de tourisme Ryan SCW, immatriculé en Australie et présenté pour la première fois en France.

Le Ryan SCW, un avion au look atypique.

Bien sûr, c’est le Tora Tora Tora qui demeure l’exercice le plus spectaculaire du meeting aérien de la Ferté-Alais.

L’escadrille des T-6 arrive, l’attaque est imminente !

Évoquant l’attaque de décembre 1941 contre la flotte américaine dans le port hawaïen, ce tableau relève, cependant, plus du show cinématographique que de la reconstitution historique puisque les avions japonais sont incarnés par des North American T-6.

Cette astuce de mise en scène, largement utilisée à Hollywood car rares sont les avions japonais de cette période à avoir survécu au conflit, appuyée par une débauche d’effets pyrotechniques et par un scénario éprouvé met également en scène des Boeing Stearman et un P-40.

Une quinzaine d’avions se retrouve alors en l’air… les habitués apprécient toujours, les nouveaux venus en prennent plein les mirettes !

Les avions « japonais » sont pris à partie par l’artillerie anti-aérienne…

… Et poursuivent leurs attaques pendant que la fumée envahi l’espace aérien

A l’issue de leur vol, les avions remontent la piste et les aviateurs saluent les spectateurs.

Pendant que les T-6 se posent et remontent la piste, l’hélicoptère utilisé pour la vidéo décolle.

C’est l’occasion de reconnaître certains d’entre eux comme l’inévitable Jack Krine et son immense moustache, mais aussi de voir à quel point certains poussent la reconstitution en adaptant leur look.

Premier présentateur officiel du Rafale pour l’armée de l’Air, Rut, rendu à la vie civile il y a quelques semaines, semble désormais prêt à incarner Robert Conrad dans son rôle de Pappy Boyington à bord du Corsair des Casques de Cuir dès que ce dernier sera sorti de sa grande visite !

Du Rafale, il en a aussi été question grâce à l’armée de l’Air qui à dépêché dans l’Essonne son Solo Display.  A l’issue de leur démonstration conjointe, le Hunter Suisse et le Sea Fury sont allés rejoindre le biréacteur Dassault. Tous trois sont arrivés en patrouille serrée, permettant ainsi de montrer l’évolution de l’aviation de chasse depuis la toute fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite, « Marty » a enchaîné sa démonstration habituelle et a bien réveillé tout le monde !

Rafale, Hunter, Sea Fury, trois générations de chasse en patrouille serrée.

Ce ne fut pas la seule innovation du spectacle.

En 1917 naissait un certain Auguste Mudry, ingénieur aéronautique devenu constructeur d’avion et qui offrit aux ailes française une famille incroyable d’avions qui ont permis aux pilotes français d’apprendre la voltige moderne et, plus tard, de glaner de nombreux titres internationaux dans cette discipline. Une patrouille composée d’une douzaine de Cap de toutes versions a donc défilé en hommage.

M. Jean-Marie Saget, 88 ans, en place droite de ce Cap 10, a décollé en tête du défilé.

La formation était dirigée par le Cap 10 n°18 F-GIZL. A bord, le samedi, se trouvait Jean-Marie Saget, ancien chef pilote d’essais chez Dassault, toujours actif, et auquel un ouvrage mémorable vient d’être consacré, Du Vampire au Mirage 4000, par François Besse.

Deux Cap 20 au point d’attente avant le défilé hommage au concepteur de ces avions.

Le Cap 232 a permis aux ailes française de gagner de nombreux titres internationaux de voltige aérienne, merci qui ?

On note également la présence d’un Cap 10 de l’EIP 50S basé à Lanveoc Poulmic en Bretagne, un avion rare sur les meetings français et qui a effectué une courte démonstration de voltige.

Les Cap 10 de l’EIP 50S sont utilisés pour la sélection en vol des futurs pilotes de l’aéronautique navale.

Il était accompagné par deux MS733 dont un portait les marques de l’Escadrille 10S tandis qu’a évolué aussi le Fouga Zéphyr 26.

Le MS733 n°74 aux couleurs de la 10S.

Dans cette configuration le Fouga Zéphyr montre ce qui le distingue de son cousin Magister avec sa crosse d’appontage et sa verrière coulissante.

Un Breguet Atlantique venu de Lann Bihoué a représenté les ailes actuelles de la Marine. Le MS760 Paris et le Breguet Alizé, autres avions marins de collection, prévus au programme, ont été amenés à annuler leur participation à la suite de légers soucis techniques.

L’hommage à Auguste Mudry fut suivi par une formation uniquement constituée de Piper Cub et dérivés. A bord se trouvaient M. Jean Salis et ses enfants. Ils célébraient ainsi les 80 ans du patriarche du plateau de Cerny.

La patrouille pour les 80 ans de Jean Salis.

Mais c’est au Transall que pourrait revenir l’Oscar de la démo la plus marquante de l’édition 2017 pour le vol du samedi, alors que la météo commençait à devenir menaçante. Passages bas, virages serrés, si quelqu’un se demandait pourquoi cet avion est adoré de ses équipages, la réponse a été claire.

Le Transall de l’Escadron « Poitou », fidèle à la devise de son unité : « à l’aise partout ! »

Humidité, un peu de facteur de charge et le Transall signe le ciel d’une traînée de condensation !

Le dimanche, la démo fut, hélas, plus calme. On avait pourtant juste envie de dire « encore, encore ! » L’avion devait se poser sur la piste en herbe afin de montrer ses capacités à être « à l’aise partout », mais le sol détrempé par les orages en a décidé autrement alors que la manœuvre avait été concluante lors des répétitions, avant les averses. Rendez-vous l’année prochaine ?

C’est la météo qui fut effectivement le fait saillant du samedi. Très humide toute l’après-midi, le temps est devenu exécrable vers 17h00, obligeant l’organisation à mettre prématurément un terme à la journée de vols. Ainsi, le passage du Boeing 777,  escorté par la Patrouille de France, clou du spectacle prévu, a donc été annulé.

Néanmoins, pendant la nuit, les organisateurs ont travaillé pour réorganiser le programme du dimanche, profitant d’une amélioration très sensible des conditions climatiques.

Alors que la PAF était initialement prévue pour clore le spectacle, elle a, de façon très inédite, ouvert le meeting. L’objectif était de leur laisser le temps, ensuite, de retourner faire leurs pleins en vue de redécoller ensuite pour la grosse surprise, qui n’en était plus vraiment une, de clôture.

Ouvrir un meeting aérien avec la Patrouille de France ? Pas bête !

De retour de leur triomphale tournée aux USA, les Alpha Jet tricolores et leur dérive spécialement décorée effectuaient-là une de leurs premières sorties en France cette année.

Autre temps fort de ce deuxième jour de fête aérienne, le passage d’un Airbus A330 de la compagnie XL Airways. Après le 737 d’Europe Airpost, l’ATR d’Air Contractor et surtout, l’inoubliable passage du Boeing 747 de Corsair l’an dernier, il faut bien reconnaître que c’est un plaisir d’avoir des longs courriers venir saluer les vieux avions du plateau.

Les unes après les autres, les compagnies françaises viennent présenter leurs avions à la Ferté, une belle vitrine et un beau coup de projecteur sur leurs activités.

Si la piste n’avait pas encore été assez drainée pour recevoir un Transall, elle était suffisamment ferme pour que les « lourds » puissent l’emprunter. Ainsi le tableau sur la guerre du Vietnam a été enrichi par la présence de deux Skyraider, accompagnés de deux T-28 et, pour la première fois, d’un Cessna O-2, en fait un Skymaster 337 construit chez Reims Aviation et peint aux couleurs du Sud Vietnam. Et, souligné par, une fois de plus, des explosions foisonnantes, le show a été particulièrement impressionnant et réussi.

Les deux T-28 s’apprêtent à décoller.

Le Skyraider demeure un des avions les plus impressionnants qu’il soit !

Le O-2 aux couleurs du Sud Vietnam a montré à quoi cet avion pouvait bien servir pendant cette guerre. On peut aussi l’utiliser plus pacifiquement pour voyager rapidement !

Mais la poésie de la Ferté, c’est aussi de montrer d’autres pans de l’histoire de la conquête de l’air et une place est toujours laissée pour les planeurs. La splendide démonstration de voltige aérienne silencieuse du DFS Habicht et, surtout, son hallucinant dernier virage risque de rester longtemps dans les mémoires de ceux qui l’ont découvert cette année et que dire de ce frêle SG-38… si ça, c’est pas du vol à l’état pur ?

Difficile de trouver machine volante plus rudimentaire que ce DFS SG-38, arrivé à la fin des années 30 mais qu’on penserait plus ancien encore.

Bien sûr, les warbirds étaient encore bien représentés avec le seul Hawker Hurricane volant sous registre français qu’on a revu avec plaisir, deux ans après qu’il a été endommagé à l’atterrissage à Dijon à son retour du Temps des Hélices 2015, du Curtiss H-75 de la TFC, toujours à vendre et dont on espère qu’il pourra rester dans notre pays, du fabuleux Spitfire de Christophe Jacquard, du P-51 et du P-40 fidèles de l’évènement ou des Yak 3 et 11 mais ces machines merveilleuses se sont fait clairement voler la vedette par un avion qui est tout sauf rare, puisque rien qu’en France on en compte environ 80 et plus d’un millier dans le monde, un Boeing 777, de la compagnie Air France. Mais arrivant accompagné par les fumigène tricolores de la Patrouille de France, voici qui n’a rien de banal.

Boeing 777 et Alpha Jet, voici la Patrouille « France » selon le commentateur !

30 ans après le Concorde (ceux qui étaient sur place ce jour-là en parlent avec des trémolos dans la voix et des frissons sur les bras), 29 ans après le drame d’Habsheim, Air France revenait participer à un meeting aérien. On peut s’étonner du choix du Boeing 777 et non pas d’un Airbus A380 ou du Boeing 787 nouvellement arrivé dans la flotte et dont on a déjà beaucoup parlé, mais le « triple 7 » est une valeur sûre de la flotte et l’avion initialement prévu pour cette démonstration devait être un des appareils marqués pour épauler la candidature de Paris pour l’organisation des jeux Olympiques de 2024. Le report de 24 heures de l’opération a entraîné un changement d’avion mais nul doute que ce passage va laisser des traces dans les mémoires.

Un passage qui a l’air simple à réaliser, mais d’une difficulté incroyable à organiser !

Le meeting se terminait alors de bien belle manière. Quelques avions anciens ont donc, comme la tradition l’exige, pris l’air pendant que d’autres rentraient dans leurs pénates et que la foule d’automobilistes patientait pour sortir du parking et que les piétons rejoignaient la gare de la Ferté-Alais.

Je ne suis sans doute pas le seul à penser que le Beech 18 de l’AVA est clairement le plus bel avion du plateau, si ?

C’était pourtant le moment de rester attentif car quelques avions rares sont alors sortis du parking visiteur. Si, pendant le meeting, quelques avions légers ont effectué de nombreuses allées et venues, servant de navettes pour certains équipages dont les avions étaient basés sur d’autres plateformes, ne pouvant se poser ailleurs que sur des pistes en dur, permettant ainsi de photographier quelques Morane-Saulnier Rallye, Robin DR 360, d’autres visiteurs étaient venus avec leur Yak-52 ou leur Piper Tripacer.

Robin DR-360

Yak-52

Piper PA-22 Tripacer

C’était aussi l’occasion d’admirer un rare Nord 1203, un F-15A Picchio (rien à voir avec le F-15A Eagle, sinon que ce sont deux avions racés !) et un sublime CP320 Super Emeraude.

Nord 1203

F-15A Picchio

CP320 Super Emeraude

Si la pluie a un peu gâché la fête samedi, sur l’ensemble des deux jours, le temps des hélices 2017 a tenu son rang de très grand évènement aéronautique avec son lot de nouveautés et ses valeurs sûres. Il y en avait vraiment pour tous les goûts.

Vivement 2018 !