Le crash d’un DC-4 en Alaska, le concours de photo de l’Aéroclub de France, Aero 2024 à Friedrichshafen

Menu copieux pour le Lâcher Solo du 26 avril 2024. Un accident dramatique en Alaska, des contrats pour des DHC-515 et des Q400MRE, le DC-6 Red Bull annoncé au meeting de Melun, l’avenir du Martin Mars « Philippine » et le palmarès 2024 du concours photographique Jacques Balsan de l’Aéroclub de France et bien sûr un compte-rendu très personnel du salon Aero 2024 de Friedrichshafen.

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Une nouvelle piste pour l’avenir des Martin Mars

Dans un entretien téléphonique avec un podcast canadien, Wayne Coulson a livré, il y a quelques jours, une nouvelle piste surprenante pour l’avenir de ses deux Martin JRM-3 Mars, désormais définitivement retirés de leurs fonctions de pompiers du ciel.

Le Hawaii Mars en action sur le Sproat Lake. Une autre aventure attend peut-être ce sublime avion, ailleurs ! (Photo : Dan Megna)

« De mon point de vue, les Martin Mars sont des trésors nationaux, mais aussi bien pour le Canada que pour les USA, et ce que nous voulons, c’est qu’ils soient mis à la retraite dans un endroit où on prendra bien soin d’eux. Nous avons été en contact avec des musées, notamment aux USA, mais un hangar susceptible d’abriter un avion aussi grand, ça vaut des millions de dollars. »

Wayne Coulson a donc annoncé qu’il travaillait désormais avec une société américaine, dont le nom n’a pas été dévoilé, pour pouvoir exploiter les deux Martin Mars pour des vols à la demande selon la nouvelle législation de la FAA pour les propriétaires de Warbirds. En effet la « Living History Exemption » leur permet désormais de facturer des vols avec des passagers effectués dans un rayon de 50 ou 100 miles autour de leur base afin de récupérer une partie des coûts d’exploitation de leurs appareils, et les Martin Mars sont d’authentiques warbirds !

L’objectif aujourd’hui est donc de permettre aux deux Mars de recevoir des passagers pour des vols touristiques. Ceci ne doit pas être considéré comme une négation de leur passé de pompiers du ciel, mais comme un juste retour à leur configuration de transport de troupes comme lorsqu’ils étaient sous l’uniforme de l’US Navy entre la fin de la seconde guerre mondiale et leur retrait de service à la fin des années 50.

Si ce projet absolument incroyable aboutit, où pourraient-ils être basés ? à Alameda dans la baie de San Francisco, non loin du Porte-Avions USS Hornet ? à San Diego ? à Los Angeles ?

San Francisco, vu depuis le pont de l’USS Hornet, un bel endroit pour baser un Martin Mars, non ?!

Peu importe pour le moment ! Il ne fait aucun doute que ces deux trésors aéronautiques ont réellement de quoi devenir des attractions incontournables pour les années à venir, pour peu que le prix du billet ne soit pas prohibitif !

« Je pense que tous les passionnés du monde seront heureux de les voir voler plutôt que de les voir poussés dans le coin d’un aérodrome et se dégrader petit à petit ! »

En ce qui concerne le retrait de service du Hawaii Mars, le constat reste plutôt amer :

« Ils (NDA : le gouvernement de la Colombie Britannique) ont considéré l’avion comme trop vieux au lieu de se poser la bonne question : est-il sûr ou pas ? Or, il répondait aux spécifications de Transport Canada avec une maintenance du même niveau que celle d’un avion de ligne. (..) Alors que les avions qui protègent la province sont des appareils des années 50 (NDA : Lockheed Electra, Convair 580) nous leur avons proposé notre nouveau 737, qui est ce qu’on peut trouver de plus récent sur le marché, mais ça n’as pas spécialement éveillé leur intérêt ! »

Le futur Tanker 138, deuxième Fireliner, est en cours de modification avec l’installation de sa soute de 15 000 litres.

Car désormais, en Australie ou aux USA, où Coulson Aviation possède des contrats feux de forêt, l’effort du groupe porte sur l’avènement du Fireliner puisque le premier devrait être intronisé dans deux semaines. Le Boeing 737 Tanker sera le premier à pouvoir délivrer 4000 gallons de retardant ( 15 000 litres) ou transporter une soixantaine de pompiers et leur équipement sans avoir à changer de configuration.

Mais le groupe s’apprête à révolutionner le domaine encore plus durablement. Comme annoncé lors de l’AFF NA 2018 à Sacramento en mars dernier, l’expérimentation des S-61 de la compagnie lors d’opérations de lutte contre les feux menées de nuit à l’aide de caméras thermiques et avec les équipages travaillant sous JVN s’est avérée concluante. Il y a quelques jours, les autorités de la Province de Victoria ont donc annoncé que les HBE lourds de Coulson Australia sont donc autorisés à opérer 24 heures sur 24 selon les protocoles opérationnels établis au cours de la saison feu qui vient de se terminer.

Un S-61 de Coulson lors des expérimentations nocturnes en Australie pendant l’hiver 2017-2018. (Photo : Coulson)

Mais la société canadienne ne va pas s’arrêter là puisqu’au cours de l’évènement qui s’est déroulé sur l’aérodrome de McClellan, Coulson a annoncé qu’au cours de l’été australien 2018-2019, il envisageait très sérieusement de tester un C-130 sur feux avec un équipage sous JVN. Si cette expérimentation, extrêmement osée, devait être concluante, la nuit, cette ultime frontière pour les pompiers du ciel, pourrait donc tomber et changer durablement la façon de penser la lutte aérienne contre les feux de forêt.

En réintroduisant le C-130 dans l’écosystème des feux de forêt, Coulson avait déjà frappé un grand coup. En les faisant voler de nuit, Coulson pourrait révolutionner durablement cet univers !

Retrouvez l’entretien de Wayne Coulson avec Jim Goddard ici :

Les Martin Mars, grâce auxquels « l’île de Vancouver n’a pas connu de désastre majeur face aux feux de forêt » vont avoir peut-être un nouvel avenir… Croisons les doigts !

Les « hydro » à l’honneur !

Autrefois maîtres des cieux et maîtres des mers, les hydravions et avions amphibies sont dans l’aéronautique contemporaine, désormais très marginalisés. Le 23 juillet dernier,  deux nouvelles ont remis au premier plan de l’actualité ces fascinants aéronefs hybrides.

Alors que les hydravions géants sont devenus les dinosaures de l’histoire de l’aviation, en Chine, à Zhuhai dans le sud de la Chine, juste à côté de Macao, Aviation Industry Corporation of China (AVIC) a procédé, le 23 juillet dernier, à la  sortie de chaîne d’assemblage de son avion amphibie AG600, après plus de deux ans de travail. Les images montrent un appareil imposant et les chiffres qui sont annoncés le confirment bien.

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Cérémonie du Roll Out du nouvel AG600 construit à Zhuhai. (Photo : News.cn)

38,8 mètres d’envergure, 36,9 m de longueur et 12,1 mètres de haut, le AG600 a une masse maximale au décollage de 49 tonnes (53,3 selon China.org). Avec une vitesse maximum de 560 km/h et une distance franchissable pouvant atteindre, au mieux, 4500 km, cet appareil peut donc patrouiller de très nombreuses heures.

Il est présenté par les différents médias qui ont repris les informations des agences de presse chinoises comme devant être utilisé pour combattre les feux de forêts et effectuer des missions de sauvetage en mer, de bien pacifiques missions.

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Imposant, l’AG600 a bien hérité de l’allure générale du Harbin SH-5. (Photo : News.cn)

Mais en fait, le AG600 doit plus être considéré comme le successeur du Harbin SH-5, un avion construit à seulement 7 exemplaires et dont au moins 4 sont entrés en service dans la Marine chinoise. Peu d’informations circulent sur ces avions qui effectuent des missions de patrouille maritime et de surveillance côtière.

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La seule photo connue d’un Harbin SH-5 en configuration bombardier d’eau. (Photo : DR)

Un exemplaire a toutefois été modifié et évalué comme bombardier d’eau, mais le projet n’est pas allé plus loin.

L’AG600 qui est très clairement une extrapolation modernisée du Harbin, aurait été commandé à 17 exemplaires devrait reprendre ces missions. Même si la Chine est très durement touchée par les feux de forêts, les véritables priorités sont à rechercher du côté maritime comme les récents conflits territoriaux avec le Japon pour des archipels isolés comme les îles Senkaku l’ont démontré. Parmi les autres missions que son avion est en mesure d’effectuer, le constructeur met en avant l’exploration et la recherches de ressources naturelles, le transport de fret et celui de passagers.

Cette priorité se ressent sur certains des chiffres communiqués. L’AG600, en dépit d’une masse maximale de 50 tonnes, n’écoperai que 12 000 litres d’eau, c’est à dire autant qu’un Beriev 200, qui lui rend presque 10 tonnes sur la masse maximale au décollage (1). L’un est optimisé, l’autre non. Le constructeur ajoute que l’appareil est en mesure de supporter des vagues de 2 mètres, un atout véritable pour les missions de sauvetage ou d’exploration, les avions de lutte anti-incendies se contentent généralement de performances beaucoup plus modestes en ce domaine. Il ne fait dès lors que peu de doute que l’AG600 est avant tout un avion militaire.

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Le nouvel AG600 en configuration bombardier d’eau. (Document : AVIC)

En 2015, comme 09-27 l’avait signalé, des pilotes chinois étaient venus s’initier au pilotage des hydro lourds en louant le Martin Mars. Cette semaine, le Mars fait lui aussi les gros titres.

Deux mars et ça va forcément repartir ( Jay Selman 2016)

Les deux Mars au mouillage de Sproat Lake en juillet 2016. (Photo : Jay Selman via Coulson Flying Tankers)

Désormais sans contrat et donc en retraite de son métier de pompier du ciel depuis 2013, en dépit d’une pige très médiatique en 2015, le Hawaii Mars, tout comme son « sister ship » Philippine est au coeur d’un palpitant feuilleton. Un temps prévu pour être convoyé au musée de l’US Navy, et repeint à ses couleurs militaires, le Philippine Mars est toujours au Canada, l’accord entre Coulson et l’US Navy étant difficile à conclure. En attendant, il y a quelques semaines, Coulson annonçait que l’avion pouvait être loué pour permettre à des pilotes (aisés) de mettre une ligne « Martin JRM-3 Mars » dans leur carnet de vol. Ainsi, l’avion pourrait être maintenu en état de vol, et surtout, les qualifications de son équipage, prolongées à moindre frais. Pour ainsi toucher aux commandes d’un des plus incroyables avions encore en état de vol, la somme demandée était de 25 000 $.

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Le convoyage du Hawaii Mars pouvait être suivi en temps réel sur internet. La vitesse de 201 est atteinte en descente et avec une bonne composante de vent arrière, la croisière s’étant effectuée aux alentours de 150 kt.

Afin de promouvoir son avion et peut-être lui trouver un acheteur passionné, le Hawaii Mars participe cette semaine au Fly In de l’EAA à Oshkosh, dans le Wisconsin. L’avion a effectué le voyage entre Port Alberni et Oshkosh ce même 23 juillet, un vol d’un peu plus de 7 heures.

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Le T Shirt officiel de l’EAA Venture 2016 ne laisse aucun doute sur l’avion qui tient le rôle de vedette du show cette année. (Doc : EAA)

Les organisateurs du Fly In ne s’y trompent pas et comme le montre le T-Shirt officiel de l’évènement, c’est bien le grand hydravion rouge qui sera la grande vedette du Show 2016.

Lors d’un interview accordé à la presse locale, Wayne Coulson a confié qu’un des objectifs de la présence de cet avion dans le Wisconsin est de lui trouver peut-être un nouveau propriétaire, à défaut d’un nouveau locataire, et qu’il espérait en trouver un qui connaîtrait le même coup de cœur que celui qui l’a mené à acquérir ces deux avions il y a bientôt 10 ans. Le prix demandé n’a rien de délirant, puisque pour devenir le propriétaire d’un avion qui relève autant du Yatch que du monument historique, il faudra débourser 3 million $. Certes, cette somme est élevée, mais sur le marché des avions de collection, elle positionne le Mars comme un appareil « abordable ». Cependant, ses contraintes opérationnelles le réservent à quelques épicuriens passionnés qui ne doivent pas courir les rues, même à Oshkosh !

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Kermit Weeks aux commandes d’un des avions les plus exceptionnels de l’histoire, au cours d’un des vols préparatoires au raid vers Oshkosh. (Photo : K. Weeks)

Lors du vol de convoyage, le célèbre collectionneur Kermit Weeks se trouvait à bord. Il a abondamment approvisionné les réseaux sociaux au cours du vol de ses photos et de ses impression d’un vol absolument exceptionnel. Serait-il candidat à accueillir le Hawaii dans ses collections ? C’est une question que Wayne Coulson lui a sans doute déjà posé !

Aujourd’hui presque relégués aux oubliettes de l’histoire, les hydravions géants – qui peuvent être aussi amphibies – ne referont pas de retour en force, car ce nouveau programme chinois ne bouleversera sans doute pas le paysage aéronautique mondial, mais il est emblématique à plus d’un titre. La coïncidence de son « Roll Out » et du long vol du Mars vers le plus grand meeting aérien du monde n’est juste qu’un épisode amusant de cette longue histoire, mais pour le Martin Mars, les enjeux de sa participation à cette manifestation sont clairement majeurs et décisifs.

(1) Sur le Beriev, les 12 000 litres ne peuvent être atteints qu’après avoir consommé une partie du carburant afin de ne pas dépasser cette fameuse masse maximale au décollage. On peut espérer que l’équipage de l’AG600 n’aura pas à trancher entre charge utile et carburant.

Hydravions et amphibies

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Un RJ85 pour la Colombie Britannique en 2016

Vendredi 19 février, le gouvernement de la Province de Colombie Britannique a annoncé qu’elle allait signer un contrat avec Conair pour la saison feu à venir et disposer ainsi d’un RJ85 disposant d’une capacité d’environ 12 000 litres pour protéger ses forêts. Pour ce contrat, la compagnie d’Abbotstford était en concurrence avec une autre compagnie basée dans la Province, Coulson Flying Tankers, qui proposait son L-100 Hercules et ses 17 000 litres de capacité. Cet appareil viendra s’ajouter aux L.188 Electra et Convair 580 déjà sous contrat saisonnier.

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Le RJ85 Tanker 162 modifié par Conair et actuellement en opération en Australie. (Tasmania Fire Service)

Le gouvernement de Colombie Britannique en a profité pour confirmer qu’il ne signerait aucun contrat pour le Hawaii Mars pour la saison à venir ce qui devrait officialiser la retraite du vénérable bombardier d’eau.

On se souvient, cependant, que l’an passé, face à une situation catastrophique sur le front des flammes de cette province dont la sylviculture est l’une des ressources naturelles essentielles, les AT-802F « Fire Boss » contractés pour succéder à l’immense hydravion s’étaient montrés insuffisants et que le Martin Mars était brièvement sorti de sa retraite forcée pour une pige qui fut très médiatisée.

Le communiqué publié par Wayne Coulson hier rappelait qu’au cours de ces dernières 56 années, depuis que Dan McIvor est allé chercher les quatre Martin Mars survivants à Alameda en Californie pour en faire les plus lourds bombardiers d’eau de l’histoire (27 0000 litres de capacité) jusqu’à l’avènement des VLAT dans les années 2000, ces appareils ont participé à 4000 missions, donnant lieu à 8000 largages. Un avion et son équipage ont été perdus en 1961, un autre avion a été brisé au sol lors d’une tempête l’année suivante, et si le Philippine a été arrêté de vol en 2007, le Hawaii peut, lui, s’enorgueillir d’une cinquantaine de saisons sur feu, une sorte de record.

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Extraordinaire photo du Hawaii Mars au décollage à Sproat Lake, précédé du S-76 « Firewatch » qui lui sert d’éclaireur. (Photo Dan Megna via Skies)

C’est pour cela que ces deux avions seront préservés dans des conditions qui restent à définir. Le Philippine a revêtu une livrée US Navy et devait être convoyé vers le Musée de Pensacola mais des complications techniques et politiques ont entraîné un report de l’opération. Les modalités de conservation du Hawaii n’ont pas encore été communiquées.

Le L-100 de Coulson, baptisé Thor, est entré en service à l’automne et il se trouve toujours en Australie, aux côtés du C-130H Hercules Tanker 131 de la même écurie, du DC-10 Tanker 910 et… du RJ85 Tanker 162 de Conair…

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Les deux C-130 Tanker de Coulson à l’œuvre en Australie cet hiver. (Photo via Coulson)

Cet été, ces avions seront en opérations dans l’ouest du continent Américain, de l’île de Vancouver jusqu’à San Diego !

La signature  de ce premier contrat avec une province canadienne permet aux RJ85 d’étendre encore leurs zones d’activité avec un troisième pays en plus des USA et de l’Australie. La Province ne cache pas que ce contrat doit permettre de procéder concrètement à une évaluation pratique de ce tout nouvel appareil.

aviationNews0216Conair est en train de convertir son sixième appareil de ce type, ce qui constitue  une preuve de plus que le quadriréacteur britannique est en train de se faire une place au sein des pompiers du ciel, ce qui n’avait rien d’évident au départ.

Vous pouvez retrouver un article que j’ai consacré à l’histoire de l’avènement de la famille BAe 146 convertie en bombardiers d’eau dans le numéro de février de la revue britannique Aviation News.

9 juillet 2015 : le Hawaii Mars a revolé !

Comme le montre cette vidéo postée sur Youtube le Hawaii a revolé, un peu moins de deux ans après sa mise en retraite méritée.

De toute façon, il fallait bien que l’appareil fasse au moins un vol d’essais ne serait-ce que pour préparer le contrat pour les pilotes d’essais chinois, mais c’est aussi un message fort envoyé au Gouvernement de Colombie Britannique avec lequel Coulson Flying Tankers vient de signer un contrat « Call When Needed ».

Il ne faudrait donc pas longtemps pour que l’appareil puisse répondre présent en cas d’alerte générale sur le front des feux de forêts.

Le Martin Mars pourrait sortir de sa retraite !

Cloué au sol à la fin de son dernier contrat avec la Province de Colombie Britannique en septembre 2013, le dernier Martin Mars opérationnel, le Hawaii, attendait patiemment de connaître son sort. Contrairement à son compagnon d’écurie, le Philippine, promis au Musée de Pensacola, le Hawaii était alors encore en parfait état de vol, seul son âge et son coût ayant entraîné cette décision.

Martin Mars (Coulson Group)

Arrêté de vol en 2013, le Hawaii Mars pourrait reprendre du service bientôt. (Photo : Coulson Group)

Au cours de l’été 2014, alors que l’île de Vancouver connaissait quelques épisodes incendiaires sérieux, les habitants ont alors lancé une pétition pour inciter le gouvernement local à signer un nouveau contrat pour le Martin Mars, afin qu’il puisse venir en renfort des moyens déployés dans la région, en particulier des quatre AT-802F de la société Conair, destinés à le remplacer.

Change.org

En réaction, le 22 juillet 2014, le Gouvernement de Colombie Britannique publiait un document factuel relatif à la flotte de bombardiers d’eau de la Province et du Martin Mars en particulier :

BC Airtanker Fleet and the Martin Mars

Les arguments, dont certains sont effectivement irréfutables, n’ont pas, pour autant, fait plier les habitants, convaincus que seul le Mars, et ses 27 000 litres de capacité d’emport, était la solution au problème des feux dans le secteur.

Le début de l’été 2015 n’a pas dérogé à la règle et la région de Sproat Lake a été durement touché par d’important feux. Voir le Martin Mars encore au sec et noyé dans la fumée de ces incendies a tout simplement confirmé les supporters de l’hydravion dans leurs convictions.

La pétition, toujours en ligne et active, finit par dépasser les 18 000 signatures et de nombreux groupes facebook ont relayé l’envie pressante tandis que sur twitter, le débat faisait rage.

Surtout que le statut de l’avion a évolué récemment : Au début de l’été l’avion est redevenu opérationnel, non pas pour des feux de forêt, mais son exploitant a signé un contrat pour quelques dizaines d’heures de vol, devant être effectuées à partir de la mi-juillet, afin de participer à la formation de pilotes d’essais chinois au maniement d’hydravions de grande taille, au bénéfice du programme Avic 600.

Le coup de théâtre est arrivé le 7 juillet lorsque le Groupe Coulson annonça avoir signé un contrat avec la Colombie Britannique pour l’emploi du Martin Mars comme bombardier d’eau. Il s’agit d’un contrat « Call When Needed », c’est à dire un protocole d’accord de mise à disposition des moyens à la demande de l’autorité. Il faut juste que l’autorité en question active ces moyens, ce qui reste à sa seule discrétion.

Wayne Coulson, Président du Groupe Coulson ajoute : « Nous avons notifié à la province nos tarifs et nous avons désormais un contrat, nous n’attendons plus que les ordres du Gouvernement pour mettre le Mars en place. »

La Province de Colombie Britannique activera-t-elle le vénérable hydravion et ses 27 000 litres de capacité ? Rien n’est certain à cette heure.

Wayne Coulson 2015

Wayne Coulson, Président de Coulson Group, invité de la conférence Aerial Fire Fighting 2015 en mars à Zadar en Croatie.

L’autre Martin Mars, le Philippine, a fait aussi les gros titres de l’actualité canadienne. Inutilisé depuis 2007, l’appareil est destiné à rejoindre le musée de l’US Navy à Pensacola en Floride. Repeint aux couleurs de son premier exploitant, l’avion a été remise en état de vol en prévision de son convoyage, lequel a été repoussé à plusieurs reprises.

Il y a quelques semaines, des représentants conservateurs canadiens ont estimé que l’appareil faisait partie du patrimoine canadien, eu égard ses 50 années passées au service des forêts de Colombie Britannique, et qu’à ce titre, l’appareil ne pouvait pas être exporté. Ces avions ayant été construits aux USA et utilisé par l’US Navy jusqu’au milieu des années 50, l’argument a été, de fait, très contesté. Wayne Coulson, de son côté, a appelé au respect de sa propriété privée.

Coulson Group crew

Les tenues de vol de l’équipage du Tanker 131 de Coulson Flying Tankers montrent bien à quel point le Martin Mars fait partie de l’ADN de l’entreprise.

Plus de 70 ans après leur sortie d’usine, ces deux avions continuent donc de faire parler d’eux. Ces rebondissements ne font que confirmer les deux Martin Mars dans leur statut de véritables légendes de l’histoire de l’aéronautique.