Compiègne Aéro Classic 2017

A peine 48 heures après Florennes et son inoubliable Spotter Day, c’est un jeune meeting très proche de la région parisienne que nous avons découvert.

Le Compiègne Aéro Classic est né en 2013. Sa programmation, comme son nom l’indique, est résolument tournée vers les appareils méconnus, souvent civils, nés depuis la fin de la première guerre mondiale. Les « Classics », dans le vocabulaire habituel des passionnés, s’opposent effectivement aux « Warbirds », les avions de combat, essentiellement survivants de la seconde guerre mondiale. Cette orientation est liée directement à la présence sur le site du « Cercle des Machines Volantes », association de restauration d’avions anciens à l’origine de cette manifestation;

Pourtant, cette année, ce sont bien deux vétérans du grand conflit mondial qui se tenaient sur l’affiche, le thème du meeting étant de rendre hommage aux combattants de mai 1940. Si le Hawk 75 de The Fighter Collection de Sir Stephen Grey était bien présent, le Messerschmitt 109 avait déclaré forfait, comme le Morane-Saulnier 230, autre vedette annoncée du show, tous deux victimes de pépins techniques plus ou moins graves. Il a donc fallu faire sans.

Comme souvent sur les meetings aériens prévus sur deux jours, le premier, le samedi, est souvent le plus calme. Ce fut donc le cas aussi ici. Et, en tant que spectateur, on ne va pas s’en plaindre.

Pas de queue pour rentrer sur le parking. Pas de queue pour monter dans la navette non plus. A vrai dire, c’est son chauffeur qui nous a d’emblée proposé ses services alors que nous étions prêts à franchir à pieds les 500 mètres séparant le parking de l’entrée du meeting. Pas de queue au point de sécurité, pas de queue pour acheter les billets d’entrée (10 €, un prix tout à fait raisonnable). Pas de queue non plus, un peu plus tard, pour acheter un sandwich saucisse… Du point de vue de l’organisation, ça devait être un constat plus amer, mais on peut imaginer une scène tout à fait différente le lendemain.

Le site du meeting. En jaune les espaces pour le public autour des avions en statique, en gris une zone « de transit » où étaient exposés des véhicules militaires anciens et quelques magasins, en bleu, les deux ou trois stands VIP et en rouge, la zone publique nord ouverte juste à l’ouverture du meeting dès lors que l’usage du taxiway n’était plus requise.

Pour réussir un bon meeting aérien, il faut un certain nombre d’ingrédients. Une bonne organisation, rodée et amicale n’est pas inutile, une météo clémente aussi. Un plateau sympa est essentiel. Un plateau sympa n’est pas forcément synonyme de nombre. Un alignement au statique de 75 F-16, ça ne fait rêver personne. Il faut de la variété et si possible des machines rares. Entre le plateau statique et le plateau dynamique, environ une trentaine d’avions attendaient les spectateurs. Certaines étaient vraiment rares et peu courantes en meeting aérien.

Dès le début des démonstrations en vol, les équipes de bénévoles déplacent les barrières longeant le taxiway pour ouvrir la partie nord de la pelouse aux spectateurs. Quel plaisir alors de s’installer librement, sans être agglutinés et compressés, ni subir la présence de spotters hollandais et leurs immenses échelles. Le bonheur en dépit de l’exposition à contre-jour du show, le long de la piste 05-23, laquelle a été utilisée dans les deux sens en fonction du vent changeant de l’après-midi.

Captain’speaking ? Pendant que la foule a le nez en l’air, le commentateur vérifie ses check-lists.

Le commentaire était assuré, avec parfois des accents clairement « chabbériens », par Ivan Hairon. Il peut aussi lui arriver de glisser des clins d’œil marqués aux copains croisés sur l’aérodrome, ce qui n’a pas manqué de faire rire les intéressés…

Le premier tableau aérien a impliqué deux répliques contemporaines, immatriculées au Luxembourg, de chasseurs de la première guerre mondiale, un Sopwith Pup et un Nieuport 28, afin de rendre hommage aux aviateurs de la Grande Guerre, en particulier Georges Guynemer qui a passé une longue partie de sa jeunesse à Compiègne.

Apparu en 1916, Le Sopwith Pup, adulé par ses pilotes, a été une très mauvaise surprise pour les aviateurs du Kaiser.

Délaissé, au profit du Spad, par l’aviation française, le Nieuport 28 a armé les premières escadrilles américaines en Europe qui ont su en tirer bon parti.

Après cette ouverture quelque peu guerrière, c’est un rare Potez 60 des années 30 qui a pris son envol. On parlait de « Classic » ? En voici donc un bel exemplaire. Le F-POSE est un des avions basé localement au sein du Cercle des Machines Volantes.

Le Potez 60 est représentatif de l’Aviation Populaire des années 30, l’époque où on incitait la jeunesse à voler. On aurait pu parler de période bénie si elle ne s’était terminée si tragiquement en mai 1940.

Le Potez laisse ensuite sa place à un Nord 1101 Noralpha. Après avoir produit des Messerschmitt 108 et 208 pendant l’occupation, l’entreprise des Mureaux poursuivit son activité en construisant des 208 dotés de moteurs Renault. Ces appareils furent utilisés par les armées françaises pour les missions de liaison, mais un certain nombre de ces machines trouvèrent aussi des applications civiles.

Le Nord F-GXMB, à la juste limite entre « warbird » et « classic » !

Un Bücker Jungmeister a ensuite enchaîné avec une démonstration de voltige classique avant de laisser sa place au plus classique des classiques, un SV4 Stampe. Une des vedettes du meeting s’est présentée ensuite. Construit par Morane-Saulnier en 1931 ce DH-60 Moth est de retour dans son pays d’origine.

Le DH-60 a connu son heure de gloire… au cinéma dans Out of Africa ! Notez la tenue du pilote, tout à fait dans l’esprit de l’époque.

Sans doute la révélation du jour. Qui avait déjà entendu parler du constructeur aéronautique Tipsy et de son Trainer de 1937 ? 42 exemplaires construits a partir de 1937, trois survivants en état de vol dont le OO-EOT. Avec un moteur de seulement 62 ch, il croise à 170 km/h et peut parcourir environ 700 km ! L’avion parfait pour aller boire un verre à Deauville un samedi ensoleillé !

Biplace côte à côte, torpedo, le Tipsy a une allure vraiment séduisante.

Avec son allure étrange le Percival Mew Gull ne manque pas d’attirer les regards. Avion de course britannique apparu en 1934, cet appareil établit un record de vitesse à plus de 420 km/h. Le G-HEKL est une réplique du 3e appareil de ce type construit, qui fut détruit par un bombardement allemand au début de la guerre.

Le talent des aérodynamiciens britannique des années 30 est particulièrement mis en valeur sur le Mew Gull. Il n’en garde pas moins une allure un peu étrange.

Après la présentation en vol d’un T-6 et d’un Pilatus P2, ce fut au tour d’un des plus élégants appareils de la création de prendre l’air. Le Beechcraft Staggerwing était, lors de son apparition, plus rapide que les avions de chasse alors en service. Comme le Beech 18 ou le Lockheed Electra, il est emblématique de ces avions des années 30 qui ne se démodent pas et qui continuent de faire rêver les passionnés.

Non, le Staggerwing n’est ni un avion de chasse ni un avion de course. Il était juste le précurseur des avions d’affaires d’aujourd’hui.

Le Ryan présent à la Ferté-Alais était là aussi. Il a toujours cette allure aussi étrange !

Pas de clim à bord, qu’à cela ne tienne, voler la verrière entr’ouverte, ça peut aider à supporter la chaleur !

Deux appareils de voltige classique ont ensuite enchaîné, le biplan Pitts dans un premier temps, suivi par un Yak 50.

Yak 50, voltigeur monoplace.

C’est donc au Curtiss H.75 qu’est revenu l’honneur de clore la première journée du meeting. Si on se souvient des MS 406 et Dewoitine 520 de la Bataille de France, il ne faut pas oublier qu’en termes de victoires aériennes, ce sont les H.75, achetés en urgence aux USA en 1938, qui ont obtenu le palmarès le plus important avec environ 200 avions allemands abattus.

Quel est le prix pour être propriétaire d’un avion rare et historique ? Quelques millions d’Euros sans doute !

Son propriétaire ne s’en cache pas, cet avion est à vendre. Et il serait souhaitable qu’il puisse rester en France eu égard ses états de service dans notre pays, et le peu de représentants encore en état de vol de cette période… Mais le prix demandé est directement en relation avec cette rareté.

Parce que c’est un avion rare, précieux et qu’il n’est pas un avion de voltige, le Curtiss a été présenté en vol de façon rationnelle en multipliant les passages publics, souvent avec un bon badin. Il n’était pas question de prouver que son pilote était apte à la voltige premier cycle, ce dont personne ne doute, mais bien de montrer l’avion dans son véritable élément. C’est une démarche, très appréciée, qui a été adoptée pour plusieurs démonstrations de l’après-midi,

Depuis une bonne dizaine d’années, le H.75 apparait sur les meetings français avec toujours le même succès, pourvu que ça dure.

Après les démonstrations en vol, quelques avions ont ensuite pris l’air, un Stearman pour offrir à un heureux veinard un baptême de l’air les cheveux aux vents puis l’autre Staggerwing.

Un Staggerwing au décollage. Juste sublime.

Sur le parking, c’est un magnifique Piel Super Emeraude qui a taxié à son tour vers la piste.

La filiation avec le célèbre Cap 10 ne fait aucun doute quand on regarde un Super Emeraude. Certains exemplaires, comme celui-ci, sont également aptes à la voltige.

Enfin, un très rare NC 856, présent sur le statique, s’est envolé aussi. Sur cette ancienne base de l’ALAT, cet avion n’avait rien de hors sujet puisque c’est dans l’armée de terre qu’il fit une partie de sa carrière.

Un Norvigie au décollage à Compiègne. Une scène logique sur une ancienne base de l’ALAT.

La journée s’achève doucement. Quelques bancs permettent aux plus assoiffés de s’hydrater assis près de la buvette. Aucun bouchon à la sortie du meeting, Pas de file non plus à la sortie du parking. Que demander de mieux ?

Les évolutions d’un Pitts sont résolument spectaculaires, même lors de la prise de vitesse après le décollage.

Il est clair que les amateurs de métal hurlant ne vont pas considérer Compiègne comme une destination digne d’un déplacement, et c’est ce qui explique en partie la totale et heureuse absence de spotters à échelles. Néanmoins, les appareils présentés sont variés et certains, véritablement spectaculaires, proposent un spectacle que les profanes peuvent apprécier d’emblée. Les connaisseurs, les passionnés avertis, ont, eux, le plaisir de voir évoluer, avec une vraie proximité des équipages, des avions véritablement rares ; l’attrait de l’inédit, s’ajoutant à une atmosphère paisible et familiale, ont fait de ce samedi après-midi un moment très agréable.

Ferté-Alais, le temps des hélices 2017

Rendez-vous annuel des passionnés d’aviation et de meetings aériens trépidants, le 45e épisode de la saga du Temps des Hélices s’est, une fois encore, distingué par quelques nouveautés importantes dans le programme, des invités de marque et des tableaux spectaculaires.

Malheureusement la météo a été aussi particulièrement capricieuse. Si, en 2016, on avait eu assez froid sur le plateau de Cerny, une averse particulièrement drue a définitivement stoppé le spectacle samedi vers 17h00 privant les spectateurs du clou du spectacle. Heureusement, ceux-ci ont quand même pu profiter de la majeure partie du show alors même que les prévisions météorologique étaient bien plus pessimistes que cela.

Dimanche, le temps était plus clément, moins humide mais les nuages étaient encore bien nombreux et un peu soudés parfois. Néanmoins, le spectacle a eu lieu dans son intégralité et, parce que la Ferté, c’est la Ferté, des modifications substantielles au programme ont été faites et les spectateurs du dimanche n’ont pas eu à le regretter.

Il y avait quelques belles nouveautés à observer, même pour les habitués du plateau. La première d’entre-elle était d’importance bien que ne faisant pas vraiment partie du meeting aérien proprement dit.

Depuis de nombreuses années, les matinées du Temps des Hélices sont l’occasion de proposer de nombreux baptêmes de l’air sur des avions anciens. En attendant le début du spectacle proprement dit, vers 13h00, ces avions occupent la piste et améliorent aussi le chiffre d’affaires de l’opération. Si le Junkers 52 suisse était fidèle au poste, l’Antonov 2 a été remplacé par un rare De Havilland Dove qui fut l’avion de la renaissance de l’aviation commerciale britannique à la fin de la seconde guerre mondiale et dont il reste, aujourd’hui, encore, une poignée d’exemplaires en état de vol.

Le Dove, un look typiquement britannique, un charme suranné, un bon choix pour un meeting à la Ferté-Alais !

L’AVA (Aero Vintage Academy) proposait, de son côté, des baptêmes à bord de son tout nouvel appareil, le T-28 N14113, récemment arrivé dans l’Essonne. Pour 650 €, il était possible d’effectuer 20 minutes de vol en place arrière de cette machine exceptionnelle. Travel Air, Stearman et T-6 n’étaient pas en reste. Ce fut un succès, ces avions ont effectué d’innombrables rotations pour le grand plaisir de leurs passagers mais aussi des spectateurs à qui ils ont servi, en quelque sorte, d’apéritif aéronautique.

Le nouveau T-28 de l’AVA au décollage pour un vol forcément à sensations. Oui, l’atmosphère était déjà bien humide samedi matin.

L’invité vedette, le Gloster Gladiator de The Fighter Collection, en a profité pour faire un court vol d’essais. Malheureusement, victime un léger soucis technique, l’avion a été mis à l’abri dans le hangar du B-17 et deux mécaniciens anglais ont passé le weekend a travailler sur cette mécanique précieuse et l’appareil n’a pas pu être présenté en vol.

Décollage du Gladiator pour son seul vol du weekend.

La suite du programme était constitué de tableaux auxquels ont est habitués mais dont on ne se lasse pas, comme celui du temps des As, occasion unique de voir évoluer l’extraordinaire et authentique SPAD XIII qui fête son centenaire cette année.

Edmond Salis décolle à bord d’un avion désormais centenaire. Le SPAD n’a malheureusement pas volé le dimanche.

De leur côté, les avions des pionniers ont assuré leurs démonstrations toujours surprenantes.

Cette réplique d’un Deperdussin de 1912 a été construite par Gilles Alexandre, disparu tragiquement depuis, ce qui explique la façon dont son nom apparaît sur le fuselage.

Quand les ancêtres se prennent pour la Patrouille de France !

Hommage à Adrienne Bolland ou simple coïncidence, mais le Caudron G3 était piloté, cette année, par une femme. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est une machine qui nécessite de grandes qualités de pilotage pour être maîtrisé.

En poursuivant l’histoire de l’aéronautique, l’aviation légère des années 30 a été évoquée par le Laird 300 qui faisait sa deuxième apparition à la Ferté, mais surtout par un biplace de tourisme Ryan SCW, immatriculé en Australie et présenté pour la première fois en France.

Le Ryan SCW, un avion au look atypique.

Bien sûr, c’est le Tora Tora Tora qui demeure l’exercice le plus spectaculaire du meeting aérien de la Ferté-Alais.

L’escadrille des T-6 arrive, l’attaque est imminente !

Évoquant l’attaque de décembre 1941 contre la flotte américaine dans le port hawaïen, ce tableau relève, cependant, plus du show cinématographique que de la reconstitution historique puisque les avions japonais sont incarnés par des North American T-6.

Cette astuce de mise en scène, largement utilisée à Hollywood car rares sont les avions japonais de cette période à avoir survécu au conflit, appuyée par une débauche d’effets pyrotechniques et par un scénario éprouvé met également en scène des Boeing Stearman et un P-40.

Une quinzaine d’avions se retrouve alors en l’air… les habitués apprécient toujours, les nouveaux venus en prennent plein les mirettes !

Les avions « japonais » sont pris à partie par l’artillerie anti-aérienne…

… Et poursuivent leurs attaques pendant que la fumée envahi l’espace aérien

A l’issue de leur vol, les avions remontent la piste et les aviateurs saluent les spectateurs.

Pendant que les T-6 se posent et remontent la piste, l’hélicoptère utilisé pour la vidéo décolle.

C’est l’occasion de reconnaître certains d’entre eux comme l’inévitable Jack Krine et son immense moustache, mais aussi de voir à quel point certains poussent la reconstitution en adaptant leur look.

Premier présentateur officiel du Rafale pour l’armée de l’Air, Rut, rendu à la vie civile il y a quelques semaines, semble désormais prêt à incarner Robert Conrad dans son rôle de Pappy Boyington à bord du Corsair des Casques de Cuir dès que ce dernier sera sorti de sa grande visite !

Du Rafale, il en a aussi été question grâce à l’armée de l’Air qui à dépêché dans l’Essonne son Solo Display.  A l’issue de leur démonstration conjointe, le Hunter Suisse et le Sea Fury sont allés rejoindre le biréacteur Dassault. Tous trois sont arrivés en patrouille serrée, permettant ainsi de montrer l’évolution de l’aviation de chasse depuis la toute fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite, « Marty » a enchaîné sa démonstration habituelle et a bien réveillé tout le monde !

Rafale, Hunter, Sea Fury, trois générations de chasse en patrouille serrée.

Ce ne fut pas la seule innovation du spectacle.

En 1917 naissait un certain Auguste Mudry, ingénieur aéronautique devenu constructeur d’avion et qui offrit aux ailes française une famille incroyable d’avions qui ont permis aux pilotes français d’apprendre la voltige moderne et, plus tard, de glaner de nombreux titres internationaux dans cette discipline. Une patrouille composée d’une douzaine de Cap de toutes versions a donc défilé en hommage.

M. Jean-Marie Saget, 88 ans, en place droite de ce Cap 10, a décollé en tête du défilé.

La formation était dirigée par le Cap 10 n°18 F-GIZL. A bord, le samedi, se trouvait Jean-Marie Saget, ancien chef pilote d’essais chez Dassault, toujours actif, et auquel un ouvrage mémorable vient d’être consacré, Du Vampire au Mirage 4000, par François Besse.

Deux Cap 20 au point d’attente avant le défilé hommage au concepteur de ces avions.

Le Cap 232 a permis aux ailes française de gagner de nombreux titres internationaux de voltige aérienne, merci qui ?

On note également la présence d’un Cap 10 de l’EIP 50S basé à Lanveoc Poulmic en Bretagne, un avion rare sur les meetings français et qui a effectué une courte démonstration de voltige.

Les Cap 10 de l’EIP 50S sont utilisés pour la sélection en vol des futurs pilotes de l’aéronautique navale.

Il était accompagné par deux MS733 dont un portait les marques de l’Escadrille 10S tandis qu’a évolué aussi le Fouga Zéphyr 26.

Le MS733 n°74 aux couleurs de la 10S.

Dans cette configuration le Fouga Zéphyr montre ce qui le distingue de son cousin Magister avec sa crosse d’appontage et sa verrière coulissante.

Un Breguet Atlantique venu de Lann Bihoué a représenté les ailes actuelles de la Marine. Le MS760 Paris et le Breguet Alizé, autres avions marins de collection, prévus au programme, ont été amenés à annuler leur participation à la suite de légers soucis techniques.

L’hommage à Auguste Mudry fut suivi par une formation uniquement constituée de Piper Cub et dérivés. A bord se trouvaient M. Jean Salis et ses enfants. Ils célébraient ainsi les 80 ans du patriarche du plateau de Cerny.

La patrouille pour les 80 ans de Jean Salis.

Mais c’est au Transall que pourrait revenir l’Oscar de la démo la plus marquante de l’édition 2017 pour le vol du samedi, alors que la météo commençait à devenir menaçante. Passages bas, virages serrés, si quelqu’un se demandait pourquoi cet avion est adoré de ses équipages, la réponse a été claire.

Le Transall de l’Escadron « Poitou », fidèle à la devise de son unité : « à l’aise partout ! »

Humidité, un peu de facteur de charge et le Transall signe le ciel d’une traînée de condensation !

Le dimanche, la démo fut, hélas, plus calme. On avait pourtant juste envie de dire « encore, encore ! » L’avion devait se poser sur la piste en herbe afin de montrer ses capacités à être « à l’aise partout », mais le sol détrempé par les orages en a décidé autrement alors que la manœuvre avait été concluante lors des répétitions, avant les averses. Rendez-vous l’année prochaine ?

C’est la météo qui fut effectivement le fait saillant du samedi. Très humide toute l’après-midi, le temps est devenu exécrable vers 17h00, obligeant l’organisation à mettre prématurément un terme à la journée de vols. Ainsi, le passage du Boeing 777,  escorté par la Patrouille de France, clou du spectacle prévu, a donc été annulé.

Néanmoins, pendant la nuit, les organisateurs ont travaillé pour réorganiser le programme du dimanche, profitant d’une amélioration très sensible des conditions climatiques.

Alors que la PAF était initialement prévue pour clore le spectacle, elle a, de façon très inédite, ouvert le meeting. L’objectif était de leur laisser le temps, ensuite, de retourner faire leurs pleins en vue de redécoller ensuite pour la grosse surprise, qui n’en était plus vraiment une, de clôture.

Ouvrir un meeting aérien avec la Patrouille de France ? Pas bête !

De retour de leur triomphale tournée aux USA, les Alpha Jet tricolores et leur dérive spécialement décorée effectuaient-là une de leurs premières sorties en France cette année.

Autre temps fort de ce deuxième jour de fête aérienne, le passage d’un Airbus A330 de la compagnie XL Airways. Après le 737 d’Europe Airpost, l’ATR d’Air Contractor et surtout, l’inoubliable passage du Boeing 747 de Corsair l’an dernier, il faut bien reconnaître que c’est un plaisir d’avoir des longs courriers venir saluer les vieux avions du plateau.

Les unes après les autres, les compagnies françaises viennent présenter leurs avions à la Ferté, une belle vitrine et un beau coup de projecteur sur leurs activités.

Si la piste n’avait pas encore été assez drainée pour recevoir un Transall, elle était suffisamment ferme pour que les « lourds » puissent l’emprunter. Ainsi le tableau sur la guerre du Vietnam a été enrichi par la présence de deux Skyraider, accompagnés de deux T-28 et, pour la première fois, d’un Cessna O-2, en fait un Skymaster 337 construit chez Reims Aviation et peint aux couleurs du Sud Vietnam. Et, souligné par, une fois de plus, des explosions foisonnantes, le show a été particulièrement impressionnant et réussi.

Les deux T-28 s’apprêtent à décoller.

Le Skyraider demeure un des avions les plus impressionnants qu’il soit !

Le O-2 aux couleurs du Sud Vietnam a montré à quoi cet avion pouvait bien servir pendant cette guerre. On peut aussi l’utiliser plus pacifiquement pour voyager rapidement !

Mais la poésie de la Ferté, c’est aussi de montrer d’autres pans de l’histoire de la conquête de l’air et une place est toujours laissée pour les planeurs. La splendide démonstration de voltige aérienne silencieuse du DFS Habicht et, surtout, son hallucinant dernier virage risque de rester longtemps dans les mémoires de ceux qui l’ont découvert cette année et que dire de ce frêle SG-38… si ça, c’est pas du vol à l’état pur ?

Difficile de trouver machine volante plus rudimentaire que ce DFS SG-38, arrivé à la fin des années 30 mais qu’on penserait plus ancien encore.

Bien sûr, les warbirds étaient encore bien représentés avec le seul Hawker Hurricane volant sous registre français qu’on a revu avec plaisir, deux ans après qu’il a été endommagé à l’atterrissage à Dijon à son retour du Temps des Hélices 2015, du Curtiss H-75 de la TFC, toujours à vendre et dont on espère qu’il pourra rester dans notre pays, du fabuleux Spitfire de Christophe Jacquard, du P-51 et du P-40 fidèles de l’évènement ou des Yak 3 et 11 mais ces machines merveilleuses se sont fait clairement voler la vedette par un avion qui est tout sauf rare, puisque rien qu’en France on en compte environ 80 et plus d’un millier dans le monde, un Boeing 777, de la compagnie Air France. Mais arrivant accompagné par les fumigène tricolores de la Patrouille de France, voici qui n’a rien de banal.

Boeing 777 et Alpha Jet, voici la Patrouille « France » selon le commentateur !

30 ans après le Concorde (ceux qui étaient sur place ce jour-là en parlent avec des trémolos dans la voix et des frissons sur les bras), 29 ans après le drame d’Habsheim, Air France revenait participer à un meeting aérien. On peut s’étonner du choix du Boeing 777 et non pas d’un Airbus A380 ou du Boeing 787 nouvellement arrivé dans la flotte et dont on a déjà beaucoup parlé, mais le « triple 7 » est une valeur sûre de la flotte et l’avion initialement prévu pour cette démonstration devait être un des appareils marqués pour épauler la candidature de Paris pour l’organisation des jeux Olympiques de 2024. Le report de 24 heures de l’opération a entraîné un changement d’avion mais nul doute que ce passage va laisser des traces dans les mémoires.

Un passage qui a l’air simple à réaliser, mais d’une difficulté incroyable à organiser !

Le meeting se terminait alors de bien belle manière. Quelques avions anciens ont donc, comme la tradition l’exige, pris l’air pendant que d’autres rentraient dans leurs pénates et que la foule d’automobilistes patientait pour sortir du parking et que les piétons rejoignaient la gare de la Ferté-Alais.

Je ne suis sans doute pas le seul à penser que le Beech 18 de l’AVA est clairement le plus bel avion du plateau, si ?

C’était pourtant le moment de rester attentif car quelques avions rares sont alors sortis du parking visiteur. Si, pendant le meeting, quelques avions légers ont effectué de nombreuses allées et venues, servant de navettes pour certains équipages dont les avions étaient basés sur d’autres plateformes, ne pouvant se poser ailleurs que sur des pistes en dur, permettant ainsi de photographier quelques Morane-Saulnier Rallye, Robin DR 360, d’autres visiteurs étaient venus avec leur Yak-52 ou leur Piper Tripacer.

Robin DR-360

Yak-52

Piper PA-22 Tripacer

C’était aussi l’occasion d’admirer un rare Nord 1203, un F-15A Picchio (rien à voir avec le F-15A Eagle, sinon que ce sont deux avions racés !) et un sublime CP320 Super Emeraude.

Nord 1203

F-15A Picchio

CP320 Super Emeraude

Si la pluie a un peu gâché la fête samedi, sur l’ensemble des deux jours, le temps des hélices 2017 a tenu son rang de très grand évènement aéronautique avec son lot de nouveautés et ses valeurs sûres. Il y en avait vraiment pour tous les goûts.

Vivement 2018 !

Retour sur le Centenaire de l’Aéronautique navale à Hyères en 2010

En janvier 1910, 7 jeunes officiers issus de l’École Navale sont envoyés suivre des cours de pilotage dans les écoles du constructeur d’avions Farman. Deux d’entre-eux suivent en parallèle des cours au sein de l’école supérieure d’Aéronautique récemment créée. Le 12 septembre suivant un biplan Farman est commandé et livré le 26 décembre.

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voici la preuve irréfutable qu’une affiche de meeting aérien pas géniale peut drainer une foule considérable et introduire un spectacle fabuleux. A tout prendre, on préfère ça à un meeting aérien où le seul truc intéressant est l’affiche !

Même si les premiers centres d’aviation navale ne sont ouverts que l’année suivante, on peut, sans mentir, faire remonter l’histoire de l’Aéronautique navale à cette fameuse année 1910 et c’est donc pour célébrer ce centenaire que les 12 et 13 juin 2010, une foule extrêmement nombreuse a été conviée sur la base d’Hyères pour célébrer cet évènement au cours d’un meeting aérien inoubliable, un des plus beaux offerts au public français depuis des années.

Comme il est de coutume désormais, la première journée était réservée aux familles, aux arrivées des avions participants et aux dernières répétitions avant le grand show du lendemain. Quelques dizaines de spotters avaient été admis dans l’enceinte moyennant une somme très modeste. Ayant été un des premiers à réserver sa place, l’auteur de ces lignes a vu sa réservation et son règlement ne pas avoir été être pris en compte ce qui lui a valu son baptême de Tracma pour rejoindre un bureau d’une flottille et un ordinateur relié à internet afin de retrouver l’email de confirmation de la bonne réception du règlement et prouver ainsi cette fameuse réservation. Une péripétie finalement sympathique.

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Document de présentation du meeting montrant les zones publiques sur la BAN et les axes de démonstration. Les appareils décollaient et atterrissaient sur la piste 05-23.

Pour célébrer l’anniversaire avec faste, plusieurs appareils avaient reçu une décoration spéciale, certaines vraiment spectaculaires.

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Livrée commémorative sur le SEM n°23.

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La magnifique décoration du Panther 522 de la Flottille 36F était la plus spectaculaire.

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La 4F avait opté pour des marques plus discrètes pour son Hawkeye.

Les visiteurs étrangers, nombreux, n’étaient pas en reste.

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Les derniers Breguet Atlantic du Marineflieger sont spécialisés dans les missions ELINT au sein du MFG 3 « Graf Zeppelin » d’où le portrait du célèbre aéronaute sur la dérive du 61+03. Cet avion a été retiré du service et démantelé en 2011.

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Après le retrait des Sea Harrier en 2006, la Royal Navy, qui a célébré le centenaire de son aviation en 2009, objet de la décoration de cet appareil, a exploité des Harrier Gr9 au sein du Naval Strike Wing composé des Squadron 800 et 801 jusqu’au retrait du type en 2011.

L’USS Harry S. Truman se trouvait au large et donc le groupe aérien embarqué US était largement et très bien représenté avec plusieurs avions porteurs des fameuses décorations « CAG » (Commander Air Group).

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Au large de Hyères, l’impressionnant USS Harry S. Truman, classe Nimitz, avec son groupe aérien complet sur le pont.

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Le E-2C 165648 de la VAW-126 porteur d’une décoration simple, mais très efficace.

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En charge des missions de transport pour le groupe embarqué, le C-2A 162143 du VRC-40 et sa jolie dérive a été un des participants US à la réussite de ce meeting.

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Difficile de ne pas comprendre que ce F/A-18E (166650) appartient à la VFA-105 !

De nombreux warbirds étaient aussi présent. Deux ont retenu particulièrement l’attention. Le premier, le F4U-5 modifié en F4U-7 au début des années 2000,  la version spécifique à l’aéronautique navale française, venait d’être vendu en Allemagne. Il faisait ici ses adieux au public français et à son pilote attitré, Ramon Josa. L’autre était le nouveau Focke Wulf 190 de la collection Jacquard, piloté par Marc « Léon » Mathis (1). Lors de la journée spotter du samedi, le Fw 190 a décollé en compagnie du Spitfire de la même écurie pour une répétition de leur démonstration en duo.

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Le Focke-Wulf F-AZZJ lors de son ultime roulage.

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Marc « Léon » Mathis, à quelques minutes d’une immense frayeur.

Alors que les deux avions évoluaient à proximité de l’aérodrome, le moteur de l’avion allemand s’arrêta brutalement. Trop bas et trop loin de la piste pour tenter de la rejoindre, « Léon » n’eut d’autre solution que de tenter l’amerrissage d’urgence. Un peu sonné par le choc du contact avec les vagues, le pilote ne parvint pas à enlever son harnais alors que l’avion commençait à s’enfoncer. Un pilote de jet ski qui s’est précipité immédiatement vers l’appareil accidenté réussit à sectionner les sangles et à extraire un « Léon » très chanceux (2).

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Photo prise au moment de l’impact du Focke Wulf dans les vagues ; l’aviateur a été sauvé par un pilote de jet ski. (Photo : DR)

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Retour du Dauphin SP dépêché sur alerte sur le site de l’accident.

La rumeur de l’accident, que personne sur la base n’a véritablement vu, a très vite circulé au sein des spectateurs. Le décollage en alerte du Dauphin SP n’est pas passé inaperçu non plus, mais très vite la nouvelle d’une issue heureuse pour le pilote est venue rassurer tout le monde.

Cependant, les causes de l’accident ne pouvant être établies dans l’instant et afin d’éliminer un problème possible de carburant contaminé, tous les appareils ayant complété leurs pleins avec de l’AvGas provenant de la même citerne que celle utilisée pour l’appareil accidenté, ont été cloués au sol le temps de l’enquête préliminaire et des analyses du carburant.  Cette décision, inévitable, a profondément modifié le programme des vols du lendemain, empêchant le Noratlas, le DC-3, le Spitfire, le P-51 Mustang, de participer à la fête autrement qu’au statique. Par chance, le F4U-7, basé à Avignon, et le TBM Avenger venu de Suisse, n’étaient pas concernés.

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Victimes indirectes de l’accident du Fw190, le Noratlas et le DC-3 ne participèrent donc qu’au statique à l’évènement.

Le lendemain avait lieu le meeting proprement dit. Entre la météo idéale, une campagne de presse intense, la foule se pressait déjà très nombreuse aux différentes entrées de la base. La nouvelle de l’accident de la veille a aussi offert une vitrine médiatique inattendue à l’évènement et a peut-être aussi drainé une foule de curieux qui sans ça auraient vaqué à d’autres occupations.

Le programme publié ne manquait pas d’être alléchant mais l’incertitude régnait sur les appareils qui allaient vraiment pouvoir voler. En attendant le début du meeting, ce sont les avions des aéro-clubs de la région et les hélicoptères d’Aviaxess qui tournaient pour d’innombrables baptêmes de l’air.

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l’évocation de cent ans d’aéronautique navale commença ensuite.

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Premier à prendre l’air, le Bleriot XI-2 type Pégoud symbolisait les premiers avions militaires français. Il fut suivi par un JU-52, un très rare et très élégant, Stinson 108-3, un Storch puis un Stampe.

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Joli représentant de l’aviation légère de l’immédiat après guerre, ce Stinson 108 immatriculé en France est porteur de la livrée d’un appareil de l’ELA 52 basé en Indochine en 1951.

Puis vint le premier grand moment d’émotion. Récupéré pendant les années 90, ce F4U-5 fut restauré au Castellet et modifié pour ressembler exactement aux F4U-7 de l’Aéronautique navale. Pendant une décennie, il fut une vraie vedette des meetings aériens en France, généralement présenté en vol par Ramon Josa, légende vivante de l’aviation embarquée française. Quelques semaines avant le meeting d’Hyères, l’avion a été vendu en Allemagne mais les nouveaux propriétaires ont laissé leur nouvel appareil participer sous ses couleurs habituelles à ce grand meeting. Tout autre décision aurait laissé un goût amer à tout le monde.

Pour son pilote, ce fut aussi, sûrement, un grand moment d’émotion puisque c’était la dernière fois qu’il présentait ce type d’appareil en vol, mettant ainsi un terme à une histoire commencée à la fin des années 50 lorsque le jeune marin eu la chance de voler sur les derniers Corsair de l’aéronautique navale française.

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Parce que c’était sa dernière démo et parce que plusieurs autres warbirds étaient cloués au sol, Josa bénéficia d’un créneau horaire assez large qu’il mit à profit pour effectuer sa démonstration habituelle, et comme il restait du temps et du carburant à la fin, d’enchaîner les passages rapides et les manœuvres simples pour occuper l’espace et en profiter une ultime fois. Il y a des moments, rares,  où on sent que le pilote, en se faisant plaisir, en donne tout autant à ses spectateurs. C’était le cas ce jour-là !

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A l’instar de Stephen Grey en Spitfire à la Ferté-Alais quelques jours plus tôt, Ramon Josa a véritablement donné des frissons de plaisir à ses spectateurs à bord de son F4U-7 et en jouant les prolongations.

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Dernier vol sur une machine totalement mythique pour un pilote d’exception.

Ramon a ensuite ramené l’avion au parking, a coupé le moteur et est descendu de son destrier avec sans doute une énorme émotion.

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Ramon Josa, légende vivante de l’aéronautique navale française.

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Basé en Suisse, le « Charlie’s Heavy » faisait, à Hyères, une de ses premières sorties. Il a été récemment repeint aux couleurs américaines.

Et puisque nous étions en plein dans la thématique « métal hurlant », ce fut au tour de l’Avenger « Charlie’s Heavy » de décoller, suivi par un très rare Nord 1101 Noralpha, un Messerschmitt 208 produit en France après guerre.

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Rarement présenté en meeting, le Noralpha n’en est pas moins un avion qui a compté dans la renaissance de l’industrie aéronautique française après la guerre.

Ce fut ensuite le tour de la Patrouille de France d’occuper le tableau. En faisant évoluer les Alpha Jet tricolores en milieu d’après-midi plutôt qu’en fin de programme, les organisateurs des meetings aériens profitent du départ des curieux venus que pour elle pour réduire un peu le grand rush de fin de meeting. Mais surtout, une fois les avions posés et parqués, les pilotes et les mécaniciens peuvent passer la fin de l’après-midi à faire des relations publiques, à signer des autographes, à multiplier les interventions sur le car podium et surtout, à être présent sur leur stand de produits de tradition dont le chiffre d’affaires peut alors exploser.

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En 2010, la PAF avait surtout l’originalité d’être dirigé par le Commandant Virginie Guyot, première femme à diriger ainsi une patrouille acrobatique.

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Le Cdt Virginie Guyot à bord de l’Alpha Jet leader. Alors qu’on la pensait promise à une belle et longue carrière, avec en ligne de mire les étoiles de Général, Virginie Guyot a quitté l’armée de l’Air en 2015.

Le programme s’est poursuivi avec une démo combinée, MS760 Paris et CM-175 Zéphyr, deux avions qui ont été en service dans la Marine, l’un pour les liaison et les vols d’entraînement, l’autre pour la formation avancée des pilotes embarqués. Ces deux appareils partagent l’insigne honneur d’être propulsés par des Turbomeca Marboré, des réacteurs qui ont la particularité d’avoir un bruit particulièrement strident ; certains disent même qu’ils représentent les systèmes les plus efficaces pour transformer du kérosène en décibels. Néanmoins, ces deux appareils, mis en œuvre par des associations de grands passionnés, demeurent deux élégants voltigeurs.

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Le « Paris » et le « Zéphyr » partagent plus que leur motorisation. Les présenter en vol de concert était une idée évidente.

Aux commandes du Zéphyr se trouvait à nouveau Ramon Josa, qui, à peine remis de ses émotions, a enchaîné avec une démonstration à bord d’une autre de ses montures historiques.

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Passage en poursuite pour deux monuments de l’histoire l’Aéronautique navale.

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Le Zéphyr se distingue de son cousin Magister par sa verrière coulissante qui permettait les opérations d’appontage et de catapultage verrière ouverte pour faciliter l’évacuation de l’appareil en cas de problème, en absence de sièges éjectables. Autre signe distinctif : le bout de la crosse d’appontage est visible à l’extrémité arrière de l’appareil.

C’est ensuite que le bruit et la fureur ont fait leur apparition.

En 2010, l’armée de l’Air avait confié le Rafale Solo Display à « Rut »… Et de mémoire de spotter, c’était une bonne idée ! Parce que le garçon s’y entendait pour « envoyer du bois » ou « poutrer sévère » ! D’autant plus qu’évoluant en atmosphère humide, bord de mer oblige, le Rafale voyait ses fumigènes complétés par de superbes traînées de condensation. Spectacle total sur fond de ciel bleu.

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Fumigènes et traînées de condensation, la totale pour souligner les trajectoires parfois violentes suivies par le Rafale en démonstration.

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Retour sur terre après une vingtaine de minutes de show et quelques centaines de kg de kéro transformés en bruit et en fureur.

Après avoir laissé les avions français du groupe aérien embarqué décoller pour la mise en place de leur démonstration combinée, un Matador de l’aviation espagnole a effectué une démonstration impressionnante.

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La marine espagnole utilise des AV-8B Harrier sous la désignation EAV-8B Matador depuis la fin des années 80. Ces appareils devraient rester en service encore une dizaine d’années.

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En stationnaire, le Harrier est terriblement bruyant, il fume aussi beaucoup. Tout pour plaire !

Les capacités hors-normes du Harrier sont faciles à mettre en avant. Après quelques manœuvres aériennes classiques, il suffit au pilote de le mettre en stationnaire pour frapper à jamais la foule. Un peu de translation latérale, une petite marche arrière et surtout, une immobilité presque parfaite et le Harrier aura montré son point fort évident. C’est ce que le pilote espagnol a bien compris.

Le public présent aura du mal à oublier cet avion comme figé au-dessus de la piste et surtout le bruit énorme qu’il émettait alors. A l’opposée totale des démonstration de virtuosité aérienne, l’immobilisme de cet avion de combat constituait, à lui seul, un spectacle total.

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Rafale et Super Étendard du groupe aérien embarqué patientent avant de décoller.

Guidé par un Hawkeye, les avions de combat de la Marine se sont ensuite présentés en formation serrée. En tête des chasseurs, le Super Etendard n°61 de la 11F était encore revêtu du camouflage gris uniforme utilisé lors du détachement de ces avions embarqués sur la base de Kandahar au cœur de l’Afghanistan quelques mois plus tôt.

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Le Groupe Aérien Embarqué composé d’un Hawkeye, de Rafale et de Super Étendard.

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Un ravitaillement en vol en plein meeting (même si on suppose qu’aucun transfert de carburant n’a été effectué à ce moment-là), seule la Marine est capable de proposer une pareille manœuvre !

Le SEM n°8 étant en configuration « nounou » avec la nacelle de ravitaillement en vol, c’est tout naturellement que le SEM 33 s’est positionné derrière lui. En général, en meeting aérien, les deux avions gardent très nettement leurs distances. Ce jour-là, pourtant, le 33 avait proprement enquillé le panier. Il n’a pas été offert souvent la possibilité de photographier un véritable ravitaillement en vol en meeting !

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Les quatre SEM se présentent au break pendant que le Rafale M n°16 roule vers son parking et que les 3 Alouette se préparent à décoller pour leur somptueuse démo.

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Quelques minutes plus tard, au même endroit, le SEM 61, porteur de la livré Afghane et porteur de traces d’une utilisation intensive à bord du CDG.

Trois Alouette effectuèrent ensemble une démonstration combinée d’une très belle coordination et d’une indéniable élégance avant de laisser la place à un Dauphin « Pédro » pour une démonstration de sauvetage.

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Récupération d’un pilote éjecté par un Dauphin « Pédro » dont c’est la mission phare.

C’est un visiteur de taille qui est venu ensuite faire un passage remarqué. Tout juste entré en service, notamment chez Air France quelques semaines plus tôt, les occasions d’en apercevoir un en dehors, bien évidemment, des différents salon du Bourget, n’avaient pas encore été très nombreuses. C’est pour cela que le passage d’un A380 au cours du meeting du centenaire n’est pas vraiment passé inaperçu !

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Pour beaucoup, le meeting du centenaire fut l’occasion de voir voler pour la première fois un A380.

Parce que la présence des avions de l’US Navy au cours d’un meeting aérien français est plutôt rare, surtout en vol, le clou du spectacle a été l’œuvre de quatre F/A-18E/F du groupe aérien du porte-avion USS Harry S. Truman.

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Les avions des VFA-32 et VFA-105 ont effectué plusieurs passages en formation très serrée.

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Successeur des F/A-18 « legacy » et surtout du mythique F-14 Tomcat, le Super Hornet est désormais le chasseur emblématique de l’US Navy.

Pendant  plusieurs minutes, ce fut un festival de passages en formation serrée à l’extrême. Plus que sa manœuvrabilité ou sa polyvalence, c’est bien la puissance brute du Super Hornet qui a été mise en avant avec l’avantage indéniable d’être une démonstration extrêmement photogénique.

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Dernier passage tout sorti du Super Hornet de la VFA-105 avant de retourner se poser sur l’USS Truman.

Un Tigre venu en voisin depuis sa base du Luc est venu ensuite occuper l’espace aérien au-dessus de la base avant qu’un Falcon 50M et un Breguet Atlantique ne viennent clore le spectacle.

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Venu en voisin, la présence du Tigre était aussi justifiée par la possibilité de mettre en oeuvre cet hélico de combat depuis un navire de la Marine Nationale comme ce fut le cas l’année suivante lors des opérations contre la Libye.

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Le Falcon M en configuration de largage d’une chaîne SAR. Notez les paupières qui protègent la trappe ventrale ouverte et la boule optronique Chlio sortie.

En dépit d’un programme chamboulé par l’interdiction de vol d’un certain nombre d’avions, le meeting du centenaire fut un succès indéniable et ce même si l’affluence record, la presse locale évoquait le lendemain 100 000 spectateurs, a quelque peu débordé l’organisation, en particulier pour les points de restauration et de confort. Sans atteindre la folie que fut, au même endroit en août 1994, la commémoration du cinquantenaire du débarquement de Provence, le meeting du centenaire de l’Aéronautique Navale fut le plus beau meeting aérien offert en France depuis de très nombreuses années et il n’a pas été égalé depuis.

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Break serré, vous avez demandé un break serré ?!

(1) Portant le numéro de constructeur 990013 le F-AZZJ a été construit en 2008 par la société Flug Werk. C’est un avion neuf construit selon les plans d’époque mais équipé d’un moteur russe produit sous licence en Chine équivalent au BMW d’origine. Le Focke Wulf a été renfloué quelques jours plus tard et a ensuite été revendu en Allemagne. L’accident était la conséquence de la rupture d’une pièce du moyeu de l’hélice.

(2) C’était le 12e accident de « Léon » au cours d’une carrière d’aviateur exceptionnelle. Sa chance l’a abandonné au 13e, le 14 novembre 2015, lors d’un vol d’essais d’ULM en Alsace.

« C’était bien les avions, hein maman ?! »

Les démonstrations en vol devant les plages du Mourillon à Toulon le 14 août 2016.

Depuis le 14 juillet dernier et l’attentat de Nice, beaucoup de manifestations publiques ont été annulées en France pour des raisons de sécurité. Le 15 août, la Patrouille de France devait se produire à Marseille, devant la plage du Prado, comme tous les ans, mais la municipalité, inquiète des dispositifs désormais rendus nécessaires et indispensables pour sécuriser la zone où un public très nombreux était attendu, a préféré annoncer, au début du mois, qu’elle renonçait à l’évènement.

PAF Faron

La veille, les avions ont effectué une reconnaissance des axes de la démonstration. Assister à un vol de la Patrouille de France depuis le Mont Faron était un moment vraiment étonnant ; La croix est située au bien nommé « Point-Sublime ».

Le 14 août, la célèbre formation de l’armée de l’Air était attendue à quelques kilomètres plus à l’Est, en face des plages du Mourillon à Toulon. Là, la municipalité a fait le choix éminemment courageux de maintenir les démonstrations en vol en ne transigeant pas sur les dispositifs de sécurité. Les rues amenant à la plage avaient été rendues piétonnes et bloquées par de lourds blocs de béton. Les forces de l’ordre étaient nombreuses et lourdement armées ; L’accès à la plage n’était possible qu’après être passé à la fouille et il faut bien noter que celle-ci était particulièrement sérieuse contrairement à ce qu’il est souvent pratiqué par ailleurs. Il ne restait ensuite qu’à bien se placer et profiter du spectacle.

Du spectacle, il y en a eu, et servi par une météo tout à fait varoise !

En attendant les avions, il était possible de passer un bon moment regarder évoluer les vedettes de la gendarmerie maritime, des affaires maritimes, des pompiers ou de la police municipale sécuriser une large bande de mer, et ce, non pas pour lutter contre le terrorisme, mais bien pour laisser la place libre pour les démonstrations ; il y était même  interdit de nager !

Affaires maritimes

La vedette des affaires maritimes contrôle un voilier navigant trop près de la zone d’exclusion.

Gendarmerie et Affaires maritimes

En attendant ceux des Alpha Jet de la Patrouille de France, un joli croisement des vedettes de la Gendarmerie Maritime et des Affaires Maritimes.

Toute l’après-midi, les deux animateurs du car podium de l’armée de l’Air ont fait « le métier » en posant de très nombreuses questions, dont certaines particulièrement difficiles, même pour ceux qui étaient connectés avec leurs téléphones, comme « qui était le premier chef d’état major de l’armée de l’Air » (1) oui « qui était l’as qui a formé Guynemer au pilotage » (2) ou « quel fut le premier jet équipant la Patrouille de France » (3). Autant dire que les BD, T-Shirt, casquettes à gagner étaient largement méritées. Les nombreuses questions posées, pas toujours aussi difficiles que celles-ci étaient à la fois pertinentes, variées et souvent intéressantes et, il faut le noter, jamais hors sujet dans le cadre d’un meeting aérien.

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Transfert du brancard entre le Panther et la vedette de la SNSM.

A 17h30 précise, la première démonstration a mis en scène un Panther de la Marine Nationale et la vedette de la SNSM normalement basée à Saint-Mandrier pour une manœuvre combinée représentative des missions de sauvetage effectuées par ces deux acteurs majeurs de la sécurité en mer.

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Récupération du plongeur qui avait été déposé sur la vedette pour assurer la sécurité des manœuvres de transfert depuis le navire.

Ensuite, le Falcon 50M de la Flottille 24F en détachement sur la BAN d’Hyères est venu effectuer quelques passages pour nous montrer ses lignes inégalées et illustrer ses missions de surveillance maritime et de secours en mer.

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Le Falcon 50M dans son nouvel élément, au raz des flots.

Falcon 50M 34

Avions d’affaires d’une redoutable élégance – et un pur bonheur à piloter – le Falcon 50 est devenu sur le tard un avion de surveillance maritime bien équipé et performant.

La suite fut plus sportive.

Honneur aux dames puisque toute auréolée d’un titre de Championne du Monde de voltige aérienne obtenu en août 2015, Aude Lemordant a gratifié la foule nombreuse d’une exhibition en libre intégral rythmée et efficace à bord de son Extra 330SC.

Aude Lemordant Breitling

Jeune championne du monde de voltige, Aude Lemordant a fait l’étalage de son talent d’aviatrice devant une foule conquise.

Désormais en charge du Rafale Solo Display « Marty » a ensuite embrayé avec une présentation désormais classique mais puissante.

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Attitude classique du Rafale en pleine démo, le nez planté dans le ciel, la PC à fond !

Alors que lors des saisons précédentes, le Rafale Solo Display a pu bénéficier d’avions porteurs de décorations spéciales et souvent spectaculaires même si certaines ont longtemps fait débat comme le Green Tiger de 2015, l’avion monoplace utilisé désormais est plus anonyme.

La gestion du parc des escadrons de Saint-Dizier doit en être simplifié puisque les unités de l’armée de l’Air participent à de nombreuses et lointaines missions opérationnelles, bien plus prioritaires que le RSD évidemment, mais le spectacle en est forcément un petit peu diminué.

Pour sa première apparition au-dessus des plages toulonnaise, « Marty » et son avion ont impressionné la foule par leurs manœuvres habiles

Rafale RSD Paquebot

Le Rafale de « Marty » effectue un large virage, rapide et à très haut facteur de charge, tandis qu’un paquebot quitte la rade de Toulon en direction du sud-est.

Bien évidemment, pour clore cette heure et demie d’exhibitions aérienne, rien de mieux que la Patrouille de France. Depuis quelques saisons, la démonstration a bien évoluée avec deux parties distinctes. Un « ruban » où elle évolue à 8 avions avec de jolis et discrets changements de formation, une évolution calme, précise et élégante, très technique et très exigeante en termes de pilotage.

PAF fort

La PAF débute sa démonstration en survolant la ville et le fort Saint-Louis

Et une seconde partie, la « synchro » où les appareils évoluent par groupe de 2 ou 4 et qui se croisent ou font des passages devant le public à un rythme vraiment soutenu ce qui ne laisse que peu de répit aux spectateurs. Cette façon de faire a véritablement donné un nouveau souffle aux démonstrations de la Patrouille.

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Alpha Jet en vol dos, une attitude normale pour un solo en fait !

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Les croisements se font désormais en groupe de deux ou de quatre, et ils sont de plus en plus spectaculaires.

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Poursuite en très basse altitude au-dessus de la Rade.

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Le double « Apache Roll » prend un relief tout à fait extraordinaire au-dessus de la rade.

PAF Paquebot

A l’issue de l’éclatement final, les Alpha Jet s’éloignent pour ensuite rejoindre la base d’Hyères et survolent les nombreux bateaux tenus à bonne distances par plusieurs vedettes des différents organismes en charge du domaine maritime.

Même si les démonstrations sont essentiellement à contre-jour, il était possible de bien profiter du spectacle et à l’heure où la menace se fait pressante, il est bon de pouvoir encore assister à ce genre d’exhibition incroyable et libre d’accès. Les mesures de protection du site n’étaient pas qu’une simple agitation sécuritaire même si toutes les menaces ne pouvaient être véritablement contrées, mais tout s’est bien passé, tout comme le feu d’artifice offert le lendemain soir, et c’est bien là l’essentiel.

Et quoi de mieux, en cet été 2016, que quitter une plage en entendant un gamin d’environ 6 ans déclarer, des étoiles plein les yeux : « c’était bien les avions, hein maman ?! »

(1) Je n’ai pas entendu la réponse mais l’armée de l’Air étant née le 2 juillet 1934, c’est le Général de division aérienne Joseph Barès qui tenait alors ce poste.

(2) Jules Védrines. « Julot » n’était sans doute pas un « as » au sens original du mot et des 5 victoires aériennes requises pour le porter. Paul Tarascon aurait été une meilleure, et plus juste, réponse.

(3) F-84G. C’est cet avion que la patrouille de démonstration de la 3e Escadre de Reims utilisait le 17 mai 1953 au meeting d’Alger, le jour où le commentateur, Jacques Noetinger la baptisa de « Patrouille de France » au micro.

Retour sur les 50 ans de la BASC en 2013

Le 1er et le 2 juin 2013, cinquante ans et quelques jours après que le premier Catalina bombardier d’eau français a posé ses roues sur la piste de l’aérodrome de Marignane, la Base d’Avions de la Sécurité Civile française célébrait son cinquantenaire au cours d’un weekend mémorable.

La localisation de la BASC sur l’aéroport international de Marseille, avec un plan vigipirate actif, fait qu’il est impossible d’accueillir du public en zone aéroportuaire et donc sur l’emprise de la Sécurité Civile, pour des question autant règlementaires que sécuritaires. Cependant, à l’occasion de cet anniversaire, la base a été autorisée à recevoir ses très nombreux invités sur son terrain, là où les attendait une exposition statique alléchante. Munis de la précieuse invitation nominative, ce sont à bord de navettes que les officiels, les VIP, les anciens de la base, les familles et quelques heureux veinards ont abordé le parking aux « Pélicans. »

A l’intérieur d’une zone, délimitée précisément par des barrières, il était possible d’arpenter librement pour visiter les installations de la base, les ateliers de maintenance ou de rencontrer tout le personnel de la base, affairé à la bonne organisation de l’évènement mais néanmoins disponible.

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Un Catalina, un CL-215 et le Pélican 32 permettaient d’embrasser en un coup d’œil, 50 ans de bombardiers d’eau en France.

Il faut imaginer quelques instants la complexité de l’organisation de cet évènement semi-public sur un parking avions à l’accès très règlementé car situé sur un des aéroports les plus sensibles du pays. Arriver à faire admettre l’accès de quelques centaines d’invités relève alors de l’exploit. Pour faire bonne mesure, l’exposition statique présentée permettait de découvrir les avions aujourd’hui en service, deux légendes immortelles et un candidat à intégrer la flotte. Tous les appareils présentés étaient visitables. Certains ont découvert avec une grande surprise, la technique et la souplesse requise pour accéder au Cockpit du Firecat. Un avion dont l’accès se mérite en effet. D’autres ont découvert l’évolution technique qu’il existe entre le Catalina conçu avant la seconde guerre mondiale et le Q400 de la toute fin des années 90.

Tracker Be200 et Q400

Devant le bâtiment principal, alignés au cordeau, un Q400MR, un Beech 200 King Air et un S2FT Turbo Firecat.

Beech 350

Acheminé par le représentant français de son constructeur, ce Beechcraft 350 King Air postule à pouvoir un jour succéder aux vénérables King Air 200.

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Le CL-415 Pélican 323, premier avion de ce type livré à la France en 1995, faisait sa première apparition publique revêtu de la livrée commémorative du cinquantenaire.

Ce samedi était donc réservé pour la cérémonie officielle qui a débuté par un passage en revue des troupes par les autorités présentes. Il y eut ensuite quelques discours mais nombreux sont ceux qui ont préféré continuer à tourner autour des avions.

Les autorités passent en revue des équipes des Unités de la Sécurité Civile

Les avions de la Sécurité Civile, en formation, s’apprêtent à survoler leur base.

7 des avions de la BASC en formation, un spectacle rare.

C’est ensuite dans le ciel que le spectacle s’est déroulé lorsqu’une partie des avions de la flotte a survolé l’aéroport en formation serrée. En tête se trouvait donc un Q400MR, suivi de près par trois CL-415, constituant le premier box. Le deuxième était dirigé par un Beech 200 accompagné par deux Tracker. Non visible sur la photo, mais un EC-145 « Dragon » était également en vol non loin, afin de permettre à un photographe d’immortaliser l’évènement dans de très bonnes conditions. En dépit d’une météorologie un peu couverte, cette journée n’était qu’un préambule au grand évènement du lendemain.

Le dimanche 2 juin, jour anniversaire, c’est sur l’aérodrome d’Aix-les-Milles, à quelques km au nord de Marseille que le public était invité pour assister au meeting aérien organisé pour commémorer l’évènement. La météorologie ayant décidé de participer au mieux de sa forme, c’est sous un ciel bleu et un soleil éclatant que le public est venu contempler des démonstrations en vol de haute tenue.

La conjonction de « l’anniversaire des Canadair » et celui d’un dimanche ensoleillé a fait que la foule est venu effectivement très nombreuse garnir le bord de la piste d’envol.

La foule se presse le long des barrières, les vedettes du show sont déjà là.

Les plus connaisseurs, les plus habitués et les plus blasés des spotters, ceux qui écument les meeting aériens depuis 30 ans et plus ont tout de suite remarqué que le plateau n’était pas très garni. La preuve en était apporté par le programme des vols où certains avions étaient prévus pour assurer deux présentations au cours de l’après-midi. Cependant, il faut bien dire que ces appareils, dont quelques warbirds, ne manquaient pas d’intérêt.

Sky Fouga

Patrouille combinée Skyraider et Zéphyr. En dépit de leur mode de propulsion fondamentalement différent, les performances pures de ces deux appareils sont bien moins éloignés qu’on pourrait le penser. Et l’un d’eux dispose, en plus, d’une charge utile phénoménale très clairement visible ici.

Bronco Smoke

Le OV-10 Bronco venu de Montélimar fait la démonstration de son système fumigène. Aujourd’hui, des avions du même type continuent d’œuvrer sur feux en Californie, un lien qu’aurait peut-être oublié le speaker si un mauvais esprit ne le lui avait signalé au moment idoine.

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Le Pioneer 300STD, avec son air d’avion de voyage biplace, s’est montré plutôt remuant… pour un ULM !

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Le SNJ-5 F-AZRB se prépare à un passage « tout sorti » !

Mais la thématique voulait qu’un place importante soit laissée à l’évocation des bombardiers d’eau et aux autres aéronefs de la Sécurité Civile, ce qui était assez logique. Déjà présent sur le tarmac de Marignane la veille, le Catalina G-PBYA s’est imposé comme une des grandes vedettes du show. Il faut dire que cet avion, qui fut bombardier d’eau au Canada dans les années 60, effectua deux saisons en Provence, en 1966 et 1967, immatriculé F-ZBBD et connu en tant que « Pélican Bleu ». Aujourd’hui avion de collection et dernier des 9 Catalina à avoir volé au sein de la Protection Civile à demeurer en état de vol, sa venue était simplement indispensable.

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Invité de marque, même VIP, le Catalina du Plane Sailing Air Display venu d’Angleterre revenait voler là où il fut connu un temps comme « Pélican Bleu ».

Le deuxième invité vedette était le CL-215 1038 EC-HEU de la société espagnole Inaer. Bien que l’histoire des CL-215 français se soit terminée un peu tristement, l’avion est clairement celui grâce auquel la légende des pompiers du ciel français s’est construite. Les organisateurs ont eu la chance de bénéficier de la présence du mythique « Canadair » original, alors toujours en service et opérationnel.

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Opéré par une compagnie privée espagnole, ce CL-215 a beaucoup volé au Portugal. Il était alors revêtu d’une très jolie livrée bleue et blanche.

Et, grande idée de l’organisation, un vol du souvenir a été programmé, mettant en scène les deux légendes d’hier et la grande vedette d’aujourd’hui. Pour certains anciens, ce tableau aérien a été une grande émotion,  compréhensible.

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Les trois légendes de la Sécurité Civile. Il manque peut-être un Tracker à moteurs à pistons et certainement un DC-6 !

Le clou du spectacle est arrivé ensuite, pour clore la journée d’une manière assez intense et inédite. Pour la toute première fois, les aéronefs de la Sécurité Civile se sont livrés à une démonstration de leurs capacités et de leurs rôles respectifs. L’ensemble de la démonstration a duré 45 minutes, impliquant 7 avions, un hélicoptères et quelques pompiers et leurs véhicules spécialisés en feux de forêts. Cette véritable débauche de moyens était au service d’un scénario aussi simple que réaliste : comment, dans quel contexte et avec quelles tactiques les avions viennent-ils à l’aide des sapeurs-pompiers ?

Dans un premier temps, c’est le Beech 200 qui est intervenu. Ce bimoteur, utilisé pour les vols de liaison, est aussi régulièrement employé pour des missions d’investigation. Dans le scénario, un feu était repéré, l’avion venait donc vérifier que l’engagement des moyens aériens était nécessaire.

Tracker Firecat

En service en France depuis 1982, les Tracker sont désormais au crépuscule de leur carrière.

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Avec une capacité d’emport d’environ 3000 litres, le Firecat n’est sans doute pas le plus impressionnant des bombardiers d’eau, mais bien utilisé, il est une arme efficace, et ça fait plus de 30 ans qu’il en fait la démonstration.

Ce sont donc les Tracker qui sont intervenus les premiers. Avec la tactique du Guet Aérien ARmé, ces avions vont patrouiller au-dessus des zones à risque pour intervenir à la détection de la moindre fumerolle. Ce sont les feux naissants qui vont être traités en priorité, ce sont effectivement les Tracker qui vont assurer  cette attaque initiale. Et celle-ci est très souvent décisive, les bilans chiffrés des surfaces brûlées dans notre pays en sont le témoignage années après années.

Avec environ 3000 litres de retardant par avion, les patrouilles de GAAR peuvent parfois ne pas être suffisantes. C’est là que les Q400MR peuvent entrer en scène. Avec un emport de 10 tonnes de retardant (soit environ 9000 litres) et une vitesse de croisière plus élevée, les Dash 8 apportent une capacité d’action rapide ou à longue distance très appréciable. Plus difficile à démontrer sur un meeting aérien, leurs usages en transport de passagers ou de fret en font des avions réellement polyvalents, mais là, leur configuration ne les distingue en rien des autres Q400 des compagnies commerciales.

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Entré en service en 2005, le Q400MR Fireguard apporte une capacité longue distance à la Sécurité Civile, mise à profit depuis pour des missions aussi variées que lointaines, à Haïti, en Russie ou à la Réunion.

Q400 largue

Largage à l’eau pour les besoin de la démonstration, le coût du retardant faisant qu’il est préférable de le garder pour les interventions réelles.

En 2013, la question de la succession des Tracker était sur toutes les lèvres. Aujourd’hui on sait que ce sont des Q400 qui vont prendre la relève des vénérables Grumman, une belle reconnaissance quand on se souvient des polémiques soulevées à l’entrée en service de cette machine étonnante.

Mais ceux que le public attendait avec le plus d’impatience, c’était bien sûr les célèbres Bombardier 415 qu’on continue à appeler Canadair. Trois appareils ont fait la démonstration des largages en noria, utiles pour assommer un feu. Puis avec la participation d’une colonne de pompiers et de leurs véhicules, un dernier passage a permis de simuler un largage dit « de sécurité » destiné à sauver des personnels directement menacés par les flammes.

Dragon et Pélicans

Deux « Pélicans » approchent en patrouille serrée, sous la surveillance d’un « Dragon » en stationnaire chargé de leur montrer l’emplacement idéal pour leur largage.

Canadair GIFF

Une colonne de véhicules feux de forêts s’avance tandis qu’un Canadair approche.

Canadair drop

6 tonnes d’eau s’échappent par les quatre portes de la soute du « Pélican » 45.

Toute la démonstration s’est faite devant un EC-145 de la Sécurité Civile qui tenait ainsi le rôle qu’il tient souvent sur feux, en servant de repère pour les largages des avions. Son pilote a ainsi tenu un stationnaire de plusieurs dizaines de minutes alors que le vent était relativement sensible et la chaleur écrasante. Pour le grand public, ce n’était sans doute pas là l’aspect le plus impressionnant de la démonstration et pourtant, il y avait là du beau pilotage.

A la conclusion de l’exercice, les avions se sont rassemblés et ont défilé une nouvelle fois en formation serrée, ajoutant ainsi une occasion d’immortaliser la flotte de la Sécurité Civile et ses différentes composantes d’un seul coup d’oeil. Une vision rare et définitivement inoubliable.

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La fête était finie. Les derniers visiteurs ont continué à faire un peu la queue au pied du Pélican 32 pour le visiter. Il n’a d’ailleurs pas désempli de la journée.

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Conseil aux organisateurs de meeting : l’avion décoré, mettez-le en l’air, c’est plus sa place qu’entouré de la foule et de barrières. Pour les visites, n’importe quel autre avion de la flotte fera l’affaire de toute façon !

Et sous une magnifique lumière de fin d’après-midi du sud de la France, les participants ont redécollé pour gagner Marignane, laissant les derniers photographes se régaler !

Depuis le cinquantenaire, la Sécurité Civile semble avoir repris goût au démonstrations publiques. Bien sûr, ses avions étaient présents aux journées porte-ouvertes à Brignoles ou de temps en temps à Nogent le Rotrou, mais ces dernières années, les Canadair, Tracker, Dash et autres Beech ont participé au meeting de la Ferté-Alais, au Salon du Bourget, aux meetings nationaux de l’Air et même au défilé du 14 juillet à Paris. Personne ne se plaindra donc de cette volonté retrouvée de revenir devant le public.

L’année prochaine, la BASC déménagera donc à Nîmes où elle pourra bénéficier d’une emprise propre. Débarrassé des contraintes liées aux opérations de sûreté d’un aéroport international, est-ce que des journées porte-ouvertes pourront être organisées ? Le succès du meeting de 2013 tendrait à démontrer qu’elles seraient, à n’en pas douter, de fabuleux succès publics !

Ferté-Alais, le temps des hélices 2016

On a rarement eu si froid sur le plateau de Cerny à la Pentecôte, de mémoire de spectateur. Nous n’avons pas, de surcroît, échappé à un tout petit épisode humide le dimanche midi, mais quand on sait quelles conditions ont régné en région parisienne vendredi, tout le monde s’est accordé pour dire que finalement, on s’en est très bien sorti.

affiche-meeting-2016-2-a586fCependant, ce temps capricieux a eu une influence sur le plateau. Plusieurs appareils ont été bloqués sur leurs bases respectives et n’ont pu rejoindre l’Essonne en raison de la présence de cellules orageuses sur leur parcours. D’autres, comme le Messerschmitt 109 annoncé en grande vedette de ce meeting, ont été empêchés par un pépin technique. Mais à bien regarder les avions évoluer devant nous au long des deux jours de cette grande fête aérienne, il aurait bien été de mauvaise foi d’émettre le moindre sentiment de déception. Car de jolies choses à voir et à photographier, nous n’en avons vraiment pas manqué.

En dehors des tableaux habituels sur la Grande Guerre, les années folles, la seconde guerre mondiale et l’inévitable – et toujours aussi spectaculaire – Tora-Tora-Tora, le programme comportait son lot de surprises et de nouveautés.

Cette année, malheureusement, le meeting a été ouvert par une patrouille de Zlin en hommage à Léon Mathis, pilote disparu en novembre dernier au cours d’un vol d’essais d’ULM, et qui était un des acteurs importants des fêtes aériennes de la Ferté-Alais.

Hmmage a leon

Ensuite, le meeting a suivi son cours avec la première apparition publique du nouveau pilote du Rafale Solo Display « Marty » qui a donc pris le relais de « Tao ». Cette fois-ci, son Rafale était un avion « stock » sans décoration spéciale. Pour son premier meeting, « Marty » a assuré le spectacle mais il ne fait aucun doute que sa démo va s’améliorer de meeting en meeting et on va vite se régaler autant qu’avec ses prédécesseurs.

Côté chasse moderne, il faut bien constater que la Marine nationale a encore fait très fort. Trois Rafale M samedi, quatre dimanche ont effectué une démonstration tactique d’une très belle tenue mais l’arrivée groupée avec un Atlantique et les trois warbirds français à cocardes à hameçon, Zéphyr, Paris et Alizé, a été un très grand moment.

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Quatre Rafale, un Atlantique, un MS Paris, un Fouga Zéphyr et un Alizé, pour évoquer l’Aéronavale française, difficile de faire mieux… sinon une paire de SEM en plus !

Seul regret, à quelques semaines du retrait de service du Super Etendard, il aurait été formidable de pouvoir contempler une dernière fois les lignes de cet avion qu’on aura du mal à oublier.

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Ni le plus beau, ni le plus rare, ni le plus performant, mais un gros potentiel pour se faire plaisir en vol !

La Marine était aussi présente par ce MS733 qui a évolué en patrouille avec un autre de ses congénères. Finalement, on apprécie de revoir régulièrement cet avion très classique. Mais chromé comme ça, c’est vraiment joli !

Pour en revenir à l’armée de l’Air, en dehors de la présence de la Patrouille de France, présente le samedi uniquement, on a pu compter sur un authentique avion de guerre puisqu’un Transall du « Poitou » est venu se montrer histoire de rappeler que depuis plus de 40 ans, il a été de tous les combats. Au crépuscule de sa carrière, le vieux soldat exhibe sa peinture fatiguée comme les cicatrices et les médailles d’un vieux baroudeur revenu de tout.

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A quelques légers détails on sent bien que cet avion a baroudé… beaucoup baroudé !

Mais ce qui fait venir les spectateurs à un spectacle appelé « le temps des hélices », c’est bien sûr le métal hurlant de la seconde guerre mondiale. Un Spitfire Mk.V, un P-51D Mustang, deux Yak-3, un Yak-11, un P-40 et un Curtiss Hawk 75 ont assuré la présence de la cavalerie tandis qu’une piste trop détrempée et donc trop meuble, nous a privé du plaisir de voir évoluer le Sea Fury et les Skyraider et surtout du roulage du B-17 dont la grande révision va encore prendre de longues années. C’est un peu frustrant, mais il y a des éléments avec lesquels on ne discute pas.

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Cette merveille est à vendre et son propriétaire, Stephen Grey, ne verrait aucun inconvénient à ce qu’elle reste en France. Des volontaires (aisés) dans la salle ?

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Le Spitfire Mk.V défile devant la foule pendant que derrière lui, le P-51D Mustang effectue un large virage. La démonstration combinée des deux chasseurs alliés les plus connus de la 2e guerre mondiale est aussi un hommage à leur fabuleux moteur, le Rolls Royce Merlin.

Mais finalement, c’est sur la période de l’âge d’or de l’aéronautique, l’entre deux guerres, que le plateau de cette Ferté a été le plus riche et le plus enthousiasmant ; Bien sûr, ces avions ne sont pas forcément des combattants encore que côté hauts-faits d’armes, le Catalina de France Warbirds peut en remontrer à plus d’un ! Avant d’être une vedette de la télévision et du cinéma, cet avion est vraiment allé au feu ! Contre les U-Boot pendant la guerre ou ceux des forêts canadiennes juste après.

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Le PBY Catalina. Le poids de l’histoire, l’élégance des lignes. Un mélange qui ne peut laisser indifférent.

Mais, si il ne portèrent pas forcément l’uniforme, certains de ces avions sont autant des morceaux d’histoire que d’indéniables témoignages du talent et du sens esthétique des ingénieurs de leurs époques.

Resté au statique il y a deux ans le DH84 Dragon a été cette année présenté en vol. Un avion très rare et élégant comme nombre de créations du britannique De Havilland.

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Restauré avec l’aide de la compagnie irlandaise Air Lingus, le DH84 Dragon nous rappelle que la Ferté fut longtemps un nid de Dragon Rapide

L’élégance du Junkers 52 est sans doute plus discutable, surtout au sol. En vol, dans son élément, sa lenteur et ses trajectoires larges lui confèrent une certaine grâce. Deux exemplaires étaient présents, donc celui de Ju Air qui, comme chaque année a procédé à de nombreux baptêmes de l’air pour d’heureux passagers qui ont ainsi découvert comment on voyageait dans les années 30.

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Un meeting à la Ferté-Alais ne serait pas vraiment le même sans les baptêmes en Junkers !

Mais c’est du côté des USA qu’il faut se tourner pour trouver quelques merveilles issues des années folles. Arrivé la semaine dernière directement des USA, par un trépidant convoyage aérien transatlantique, le splendide Beech 18 est la toute nouvelle acquisition d’Aero Vintage Airways qui proposera bientôt des voyages privés atypiques à son bord.

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Il était accompagné du Lockheed Electra, tout aussi rutilant que lui. Ces deux avions sont sans doute ce qu’on a fait de plus luxueux à l’époque, même si, ensuite, le Beech 18 a été parfois transformé en brouette. Mais on ne peut utiliser une brouette que si elle est fiable et solide, ce qui en dit long sur ses qualités. Le Lockheed est sans doute plus délicat mais il appartient à une lignée qui, jusqu’au Lodestar, a été innombrable et mise aussi à toutes les sauces.

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L’an prochain, si tout va bien, un deuxième Electra volera en France, on a déjà hâte de les voir évoluer ensemble dans le ciel de l’Essonne.

Autre bonne surprise, ce Laird LC-RW 300 Speedwing qui a été récemment restauré. Encore un pilote qui s’est fait un grand plaisir et qui nous le fait partager !

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Dimanche, le vent plus léger a permis l’envol de trois machines précieuses, le Caudron G3, le Bleriot XI et le Spad XIII. Peut-on se lasser du miracle permanent de l’envol des faucheurs de marguerites ?

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L’année prochaine, cet avion sera centenaire !

La participation du Sea King Mk48 de l’aviation militaire belge n’est pas, non plus, passée inaperçue et ce fut sans doute une des dernières occasions de le voir évoluer car son remplacement par le NH90, après 40 ans de service, a déjà débuté.

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Un Seaking belge au crépuscule, au propre comme au figuré.

Le programme comportait aussi les trois avions de la patrouille Reva, les Wingwalkers de Breitling, des Stampe, des Bucker, le Bronco de Montélimar accompagné par un T-28, de la voltige en planeur, un Extra de l’équipe de voltige de l’Armée de l’Air et celui d’Aude Lemordant, championne du monde de voltige, un Pitts, des Stearman, un Bébé Jodel, les quatre Fouga de la Patrouille Tranchant, des Chipmunk, un Storch, plein de T-6, de quoi occuper les spectateurs pendant toute la durée de l’après-midi sans temps mort !

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Le Bronco de Montélimar et le T-28 ont évoqué la guerre du Vietnam.

Le clou du spectacle a été assuré, comme l’an dernier, par les appareils de la Sécurité Civile qui ont eu un peu plus de temps pour poser leur démo. Le Dragon a effectué un treuillage puis a servi d’appareil pointeur pour les deux bombardiers d’eau, le Tracker qui a effectué l’attaque initiale et le CL-415 qui a effectué le largage massif et décisif.

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Exercice d’hélitreuillage avec un EC-145 de la Sécurité Civile.

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Après leurs largages respectifs, les deux bombardiers d’eau de la Sécurité Civile ont salué le public avec un passage en formation serrée exécuté de main de maître.

Mais l’appareil qui a vraiment fait tourner toutes les têtes, c’est bien le Boeing 747-400 de la compagnie Corsair. Après le retrait de ceux d’Air France, les 3 Jumbo de Corsair sont donc les derniers représentants du « Roi du Ciel » immatriculés dans notre pays. Ceci valait bien un bel hommage !

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L’an passé, Europe Airpost avait frappé les esprits avec son 737 et sa déclaration d’amour à la Ferté. Ce n’est sans doute pas passé inaperçu dans les autres compagnies aériennes françaises. Mais pour faire plus spectaculaire qu’un Boeing 747, ça va être compliqué maintenant !

Comme l’an passé, cette édition du Temps des Hélices a été marquée par un plateau tout à fait conforme à la tradition. Le principal bémol, en dehors de l’éternelle présence des haut-parleurs en face du public, a donc été la météo. Il en faudra donc plus pour empêcher les passionnés de se dire : vivement l’an prochain !